| PATRICK SOMMIER |
| SHI NAI-AN |
| spectacle en français et en chinois |
8 > 24 JAN 2010 du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 15h30 relâche lundi et mardi 12. Représentations exceptionnelles mercredi 20 à 14h30 et samedi 23 à 15h30 au lieu de 20h30. Salle Oleg Efremov |
| Hommage au roman chinois de Shi Nai-an Traduit par Jacques Dars |
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Mise en scène Patrick
Sommier Coproduction MC93 Bobigny, Beijing Xiqu Yishu Zhiye Xueyuan, Les Nuits de Fourvière Département du Rhône, Festival de la Comunidad de Madrid, Piccolo Teatro di Milano-Théâtre de l'Europe. |
| Durée 2h sans entracte | |
| Pour réserver ce spectacle : | |
| Réservation en ligne MC93 | |
| Réservation en ligne FNAC | |
| Par téléphone : 01 41 60 72 72 du lundi au samedi de 11h à 19h |
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| Pour les relais : 01 41 60 72 78 | |
| Télécharger (format PDF) : | |
| La fiche spectacle | |
| Le dossier de presse | |
| Le plan d'accès | |
| Pour en savoir plus : contacts | |
| MC93 Bogigny 1, bd Lénine 93000 Bobigny |
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© ChenHaiping
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Sept ans C’est grâce au grand acteur japonais Tamasaburô que la barque de l’École d’Opéra de Pékin a accosté le quai de la MC93 en 2002. Deux années de grippe plus tard, en 2004, eut lieu la première rencontre à Pékin avec les professeurs et les élèves de la vénérable institution. Deux idées guidaient de façon intuitive une démarche, celle de changer le regard sur ce théâtre légendaire, perçu avant tout comme un musée exotique. Comment se forme un acteur chinois, comment révéler cet acteur et ce théâtre à un public qui ignore tout des codes de l’opéra chinois ? La première idée était liée au souvenir – étrange ici – de Tadeusz Kantor sur scène avec ses comédiens. L’idée que dans le regard que s’échange le maître et (ici) l’apprenti acteur, tout un monde surgit. Et que cela impliquait la présence sur scène de l’un et de l’autre. La seconde idée a germé en observant l’enseignement quotidien dans l’école : montrer le corps et le visage de l’acteur – avant qu’il ne soit dissimulé par les costumes et maquillages de l’opéra de Pékin – comme on peut les voir quand les élèves inlassablement travaillent les extraits du répertoire dans leur salle de classe. Le premier spectacle que nous avons présenté était conçu de la manière suivante : une première partie constituée d’exercices et d’extraits à visage découvert et sans costume et une deuxième partie de pièces et d’extraits en condition de représentation comme il y en a chaque dimanche dans le théâtre de l’école pour le public pékinois venant principalement des rues avoisinantes et des écoles. Voilà maintenant sept ans que nous travaillons avec l’École d’Opéra de Pékin. C’est une école : cela veut dire que des élèves s’en vont dans les grandes troupes de Chine quand ils ont de la chance, que des professeurs partent à la retraite et qu’il faut souvent repartir à zéro dans ce travail de « connaissance réciproque ». Mais une amitié fidèle subsiste et nous lie à d’anciens professeurs et d’anciens élèves qui sont présents dans ce spectacle. L’idée d’Au bord de l’eau est née tout simplement parce qu’il était impossible de ne pas continuer. Et parce qu’il faut tenter absolument d’aller plus loin. L’aventure de ce livre à travers les siècles a apporté au projet quelque chose de nouveau et d’essentiel. La Chine est le pays de l’écrit. Patrick Sommier |
Le roman Au bord de l'eau, le plus célèbre en Chine avec la Pérégrination vers l'Ouest (le roi des singes) et Les Trois Royaumes est l'histoire d'une révolte à la fin de l'Empire des Song du Nord, au XIIème siècle. Basées sur les récits de la tradition orale, plusieurs versions courant sur trois ou quatre siècles sont parvenues jusqu'à nous. Le titre Au bord de l'eau est trompeur. Se cacher parmi les rivières et les lacs, ou « dans les herbes » signifiait « prendre le maquis », en référence à la région marécageuse du Shandong d'où partirent de nombreuses révoltes. La traduction française de Jacques Dars est disponible en Folio ou en Pléiade. C'est, toute langue confondue, la plus extraordinaire traduction en langue française existante. C'est l'histoire de 108
brigands d'honneur combattant la corruption de l'état,
symbolisée par le grand
maréchal Gao, une petite
frappe de basse extraction qui dû son irrésistible
ascension à ce qu'il était bon footballeur. Le
futur empereur Huizong, grand amateur d'art et de foot (à l'époque
d'éteuf) s'enticha du triste sire. On ne peut évidemment pas mettre en scène ni adapter un roman de 2200 pages mais on peut en donner le goût à travers sept personnages clé et le répertoire d'opéra de Pékin existant. Et cette merveilleuse histoire de bandits d'honneur, pratiquant au plus haut niveau le culte de l'amitié et du désintéressement, de noblesse et d'aventure évoque une autre histoire, au présent cette fois, celle de ces élèves de l'école d'opéra de Pékin apprenant passionnément un métier sublime qui risque de disparaître dans sa forme la plus noble. Si bien que ce que nous verrons sur scène, ce sera l'histoire d'une école unique au monde, dans le quotidien du Pékin d'aujourd'hui et six fois au cours du spectacle, nous plongerons dans le plus grand roman chinois, dans la Chine du XXème siècle, dans l'art brodé d'or de l'opéra de Pékin. L'image ici sera reine avec un travail de recherche très approfondi sur le costume, la peinture, l'objet ou les documents d'archives, travaillés avec beaucoup de soin et d'attention pour les mettre au service de l'art de l'acteur. La Chine est le pays de l'écrit, de la lettre, de la calligraphie. L'acteur d'opéra de Pékin en est le symbole vivant. |
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Photos de répétition © DR |
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Ce
spectacle comporte dix-huit scènes plus un prologue (le roman débute lui-même
par un prologue de deux poèmes et le contexte historique comme
c’était
jadis l’usage) et il se termine par la préface que Shi
Nai-an rédigea au XIXe siècle. Le spectacle se termine
par la préface
parce que ce livre Au bord de l’eau est l’un des
deux héros
de cette histoire. L’autre, c’est une école, l’École
d’Opéra de Pékin. Parce qu’on doit être
reconnaissant à cette école
d’exister et à ces élèves d’apprendre
avec opiniâtreté cet
art difficile et sublime. Si bien que tout au long des dix-huit scènes
de ce spectacle, nous passerons du livre à l’école,
de la Chine du passé au Pékin d’aujourd’hui,
des salles de classes à la scène du théâtre.
Les textes proviennent de trois sources : d’extraits de la
version de Jin Shengtan traduite par Jacques Dars, de livrets du répertoire d’opéra de Pékin traduits par Pascale Wei-Guinot, de récits des acteurs et des professeurs de l’école que nous avons collectés entre 2007 et 2009. |
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| Prologue | |
| 1/ Voix des démons ou vocalises au temple du Ciel ? | |
| 2/ Histoire de Yan Poxi dont le
fantôme vient prier son amant de la rejoindre en enfer. |
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| 3/ Histoire de Gao-la-Balle devenu
Gao-le-Bel, footballeur devenu premier ministre. Fantômes encore autour de lui ? Ou premiers exercices matinaux dans la salle de classe. |
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| 4/ Histoire de l’instructeur
Lu Da devenu le « bonze tatoué » Lu Zhi Shen (Sagesse Profonde) au moment où il déracine un saule. |
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| 5, 6, 7/ Dans l’école. | |
| 8/ Histoire du faux Li Kui, le Tourbillon noir. | |
| 9/ Dans l’école : histoires d’acteurs, de tournées, d’écoles. | |
| 10/ Histoire du terrible Wu Song,
le Pèlerin, au moment de son combat avec Xi-men Qing au cabaret du Pont-du-Lion. |
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| 11/ Histoire de Song Jiang, le chef des 108 et du poème de révolte qu’il calligraphia au pavillon Xun-yang sur le fleuve. | |
| 12/ Où en sommes-nous dans ce livre et dans cette école ? | |
| 13/ Dans Pékin, une gestuelle de théâtre chinois. | |
| 14/ L’histoire de Lei-Heng
le Tigre Volant allant au théâtre, le jour de la fête des lanternes. |
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| 15/ Suite de l’histoire de Lei-Heng et de sa conclusion tragique. | |
| 16/ Histoire de Lin Chong, Tête
de Léopard, affrontant les sbires de Gao-le-Bel dans la neige et l’incendie. |
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| 17/ L’attaque de la citadelle de Daming. Les 108 en formation. | |
| 18/ Préface de Shi Nai-An de la Capitale Orientale. | |
| PARCOURS PÉDAGOGIQUES | |
IMAGES D'ARCHIVES - 2005 |
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LES PARCOURS PEDAGOGIQUES - |
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| Images d'archives des premiers parcours pédagogiques en janvier 2005 | |
| A voir | ||
Les voix de Pékin 15/01/10 L'école de l'opéra de Pékin est une institution. On y forme les meilleurs spécialistes du théâtre traditionnel chinois avec une exigence et une discipline de fer. Pour la deuxième fois, un spectacle, "Au bord de l'eau", est présenté en collaboration avec le théâtre MC93 Bobigny. Diffusion au journal de 13 h du 11 au 15 JAN 2010. Le Feuilleton du 13 h sur France 2 |
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Reportage sur AU BORD DE L'EAU une séance de répétiton début janvier 2010 filmée par France 3 Ile de France. Diffusion 17 JAN 2010. France 3 Ile de France |
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| A lire ou relire | ||
| Au bord de l'eau de Shi Nai-an dans la traduction de Jacques Dars est édité chez Gallimard - Folio. | ||
| Nocturnes Lecture d'extraits de Stèles de Victor Segalen et L’un vers l’autre de François Cheng 16 janvier 2010 à 18 h à la MC93 |
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| RENCONTRE | ||
| Présentation de ce spectacle
par Patrick Sommier et Pascale Wei-Guinot. 12 janvier à 18 h à la Librairie Le Phénix 72 bd Sébastopol Paris 3ème |
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| 1er > 6 juin 2010
Festival de la Comunidad, Madrid |
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| 15 > 20 juin 2010
Piccolo Teatro, Milan |
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| Juin 2010 Les Nuits de Fourvière, Lyon |
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© Michel
Gantner (2005)
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L'Ecole a été fondée
par de grands maîtres de l'opéra de Pékin
: WangYaoqing, Hao Shouchen et Mei
Lanfang. Depuis sa création en 1952, 53
ans ont passé et des artistes célèbres tel que
Hao Shouchen, Ma Lianliang, Xu Lanyuan en ont assumé la direction
et y enseignaient. L'école est aujourd'hui dirigée par
Sun Yumin, une grande artiste originaire de Shanghai disciple du grand
maître Xun Huisheng. Cette école porte la marque d'un
de ses fondateurs : Mei Langfang (1894-1961), le plus célèbre
acteur d'opéra de Pékin, spécialisé dans
les rôles féminins, qui a conquis le public tant chinois
qu’occidental. Dans les Années Trente Mei Lanfang a été invité en
tournée en Russie, au Japon et aux USA. Stanislavski,
Eisenstein, Brecht, Piscator ou encore Chaplin ont dit leur admiration pour cet
immense acteur. C’est à la suite de sa rencontre avec Mei Lanfang que Brecht travailla à son étude sur la "distanciation de l'acteur dans le théâtre chinois". Certaines de ces rencontres sont immortalisées par des photographies accrochées dans le musée de l'école. |
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Récemment,
c'est Tamasaburô,
le grand acteur japonais de Kabuki qui a visité puis invité l'école à Tokyo.
Depuis une cinquantaine d'années, plus de trois mille étudiants
ont obtenu leur diplôme dans différentes disciplines :
opéra de Pékin, opéra de Kun, opéra Ping,
opérade Hebei, marionnettes, acrobatie, musique, danse, beaux-arts,
costume, éclairage, son... Chaque année, 200 élèves,
venant de toute la Chine, sont sélectionnés. Ils sont
admis dès l'âge de six ans sur concours. "Lorsque
je repère des candidats de belle allure, de taille moyenne,
ni gros ni minces, intelligents et habiles à l'oreille aiguisée, à la
voix large et forte, en un mot talentueux, je les prends avec enthousiasme" précise
Madame Sun Yumin, présidente. L'école accueille au total
850 élèves. Ils apprennent leur spécialité tout
en suivant des cours de culture générale, d'anglais et
d'informatique. Après leur formation, ils intègrent des
troupes et instituts artistiques dans toute la Chine. L'école
est connue dans tout le pays, y compris à Taiwan, Hong-Kong
et Macao. Elle s’est rendue en Corée, au Japon et en Russie
e. C'est la première fois que leur travail est présenté sur
une scène français |
| AU BORD DE L’EAU de Shi Nai-an |
Le
roman Au bord de l’eau, le plus célèbre en Chine avec La Pérégrination
vers l’Ouest (le roi des singes) et le roman historique Les Trois
Royaumes s’inspire d’une révolte contre le pouvoir
central à la fin de la Dynastie des Song du Nord, au xiie siècle.
Basées sur les récits des conteurs populaires, plusieurs
versions courant sur trois ou quatre siècles sont parvenues
jusqu’à nous. Le titre Au bord de l’eau est trompeur.
Se cacher parmi les rivières et les lacs, ou « dans les
herbes » signifiait devenir hors la loi. L’origine de cette
expression vient de la région marécageuse du Shandong
d’où partirent de nombreuses révoltes. La traduction
française de Jacques Dars est disponible en Folio ou en Pléiade.
C’est, toute langue confondue, une des plus extraordinaires traductions
en langue française. C’est l’histoire de 108 brigands
d’honneur combattant la corruption de l’état, symbolisée
par le grand maréchal Gao, une petite frappe de basse extraction
qui dût son irrésistible ascension au fait qu’il était
bon footballeur et que le futur empereur Hui-zong qui adorait le foot
(à l’époque des parties d’éteuf )
s’enticha du triste sire. Le génie de ce livre, c’est
de nous montrer la Chine au xiie et xiiie siècles avec une précision
infinie. La route, la montagne, les frontières, la ville, le
quartier, la maison, les « maisons », les auberges, les
prisons, les fêtes, ce qu’on mange (que de festins !),
ce qu’on boit (que de beuveries !), le peuple, les fonctionnaires,
les truands, les bons et les méchants, les hommes et les femmes
de toute condition, les relations sociales, familiales, la corruption,
la morale, l’amour, l’amitié, les codes. C’est
une immersion dans la dynastie des Song, une des plus brillantes de
l’histoire de la Chine. On ne peut évidemment pas mettre
en scène ni adapter un roman de 2200 pages mais on peut en donner
le goût à travers sept personnages clé et le répertoire
d’opéra de Pékin existant. Cette merveilleuse histoire
de bandits d’honneur, pratiquant au plus haut niveau le culte
de l’amitié et du désintéressement, en évoque
une autre, au présent cette fois, celle de ces élèves
de l’école d’opéra de Pékin apprenant
passionnément un métier que la globalisation fragilise.
Si bien que ce que nous verrons sur scène ce sera l’histoire
d’une école unique au monde, dans le quotidien du Pékin
d’aujourd’hui et six fois au cours du spectacle, nous plongerons
dans le plus grand roman chinois, dans la Chine du xiie siècle,
dans l’art brodé d’or de l’opéra de
Pékin. Patrick Sommier |
Ce roman-fleuve,
cher à tous
les Chinois et le premier à entrer chez nous dans la Pléiade,
conte avec une verve et un entrain inégalés les aventures
d’une bande de brigands au grand coeur, frères jurés
redresseurs de torts, dans la Chine des Song, au xiie siècle. Écrit
au début des Ming, souvent repris, modifié, amplifié,
il apparaît aussi depuis des siècles comme un des plus
grands succès d’édition, et continue de nos jours
une carrière inégalée sous forme d’opéras,
de films, de bandes dessinées… S’il est incontestablement
le plus beau et le plus magistral roman d’aventures d’une
littérature qui en compte beaucoup, il reste aussi profondément
marqué par ses origines populaires. En effet, sur la base de
minces faits historiques (une insurrection populaire dans la presqu’île
du Shandong, vers 1120), on vit rapidement naître et se propager
une épopée toujours plus vaste et étoffée
: des bandits justiciers se réunissent, au hasard des rencontres,
et s’affrètent petit à petit pour former une bande
toujours plus nombreuse, plus variée, plus entreprenante et
batailleuse, plus truculente et joyeuse aussi, car des types, hauts
en couleurs, en forment le noyau ; on voit entrer en scène et
prendre de l’importance trente-six grands capitaines, bien individualités
psychologiquement, unis pour le meilleur et pour le pire (mais il y
a beaucoup de meilleur, notamment de fréquentes batailles, retrouvailles
et ripailles), qui deviennent les héros des conteurs publics
; et naîtront en plusieurs régions de Chine, sous les
Song et les Yuan, de vraies sagas les mettant en scène, avant
que la fusion par un écrivain de génie de toutes ces
traditions orales, la rédaction dans un style qui n’a
pris une ride de toutes ces aventures, ne produisent, quelque trois
cents ans après les événements originels, un chef-d’œuvre
littéraire hautement élaboré, subtil, drôle,
riche en personnages variés, entraînant, délectable
comme nul autre. Jin Shengtan, auteur au xviie siècle de la version moderne en 71 chapitres (traduite par Jacques Dars en 1997 – Folio) a rédigé une préface et des « méthodes de lecture » de l’oeuvre. En voici quelques extraits : Ce que raconte le Shuihu, ce sont les aventures de cent huit hommes, et chacun a son caractère, son tempérament, son allure, son ton. Or quand une seule main peint plusieurs visages, ceux-ci tendent à se ressembler comme des frères ; quand une seule bouche émet plusieurs sons, ceux-ci ne peuvent éviter les assonances. Shi Nai-an, lui, réussit le prodige de rendre chacun des cent huit personnages. Au bord de l’eau ne parle pas de dieux, démons et autres fantasmagories, et c’est en quoi il est d’une force hors du commun. Dans la Pérégrination vers l’Ouest, (le roi des singes) chaque fois que la situation devient inextricable, on appelle au secours (la déesse) Guanyin des Mers du Sud ! Au bord de l’eau ne comporte nul jargon creux et pédantesque ; chaque personnage se voit restituer sa façon de parler particulière, ce qui est d’un talent sublime ; Dans Au bord de l’eau, quand un personnage apparaît, c’est, à l’évidence une vraie biographie. Au bord de l’eau peint cent huit tempéraments, et ils sont véritablement différents. Les autres livres peuvent bien décrire un millier de personnages, ces derniers restent quand même tous identiques ; et quand ils n’en décrivent que deux, même ces deux sont identiques ! * Au bord de l’eau n’est en définitive qu’un roman, que tous les fils de famille brûlent de lire ; mais quand ils l’auront lu, ils auront acquis, en quelque sorte à partir de rien, nombre de techniques littéraires. Et une fois acquises ces techniques littéraires, ils se mettront au Discours et aux Mémoires sans plus vouloir les lâcher : tels sont les mérites d’Au bord de l’eau pour la jeunesse ! * * Jacques Dars. Extraits de Comment lire un roman chinois Éditions Picquier |
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| Les
astres célestes Il s'agit des personnages clés de
l'histoire. Certains ont un passé particulièrement mouvementé,
ce qui alimente certains des passages les plus croustillants du roman
(Lu Zhishen, Wu Song, Lin Chong, Yang Zhi...). D'autres, se révéleront importants auprès de Song Jiang que ce soit comme conseiller (Wu Yong), magicien (Gongsun Sheng) ou même porte parole voire espion (Chai Jin et Yan Qing). Enfin, il ne faut pas oublier dans cette liste les brillants guerriers emmenés par Guan Sheng (un descendant du célèbre Guan Yu, personnage important du "Roman des Trois Royaumes"), Lin Chong, Qin Ming, Huyan Zhuo ou encore Hua Rong, le célèbre archer du groupe. 1 - Song Jiang, le Héraut de Justice 2 - Lu Junyi, la Licorne de Jade. 3 - Wu Yong, L'Astre de Sapience 4 - Gongsun Sheng, Le Dragon-entre-les-nuages. 5 - Guan Sheng, le Grand Cimeterre. 6 - Lin Chong, Tête de Léopard. 7 - Qin Ming, la Foudre. 8 - Huyan Zhuo, Double Fouet. 9 - Hua Rong, le Petit Li Guang. 10 - Chai Jin, le Petit Ouragan. 11 - Li Ying, L'Aigle-fouette-ciel. 12 - Zhu Tong, Belle Barbe. 13 - Lu Zhishen, Le Bonze-Tatoué. (visage peint) 14 - Wu Song, le Pèlerin. 15 - Dong Ping, Double Lance. 16 - Zhang Qing, Flèche sans penne. 17 - Yang Zhi, le Fauve-à-face-bleue. 18 - Xu Ning, le Lancier d'or. 19 - Suo Chao, le Téméraire. 20 - Dai Zong, le Messager Magique. 21 - Liu Tang, le Diable-à-poils-roux. 22 - Li Kui, le Tourbillon Noir. (visage peint) 23 - Shi Jin, le Dragon Bleu. 24 - Mu Hong, l'Indomptable. 25 - Lei Heng, le Tigre Volant. 26 - Li Jun, le Dragon-brasse-fleuve. 27 - Ruan le deuxième, Trépas Instantané. 28 - Zhang Heng, le Nautonier. 29 - Ruan le cinquième, Mort Prématurée. 30 - Zhang Shun, l'Anguille Blanche. 31 - Ruan le septième, le Yama Vivant. 32 - Yang Xiong, le Guan Suo Malade. 33 - Shi xiu, Brave-la-mort. 34 - Xie Zhen, le Serpent-à-deux-têtes. 35 - Xie Bao, le Scorpion-à-deux-queues. 36 - Yan Qing, le Prodige. Les 72 astres terrestres Ils sont inférieurs en terme de capacité au combat ou ont une personnalité moins prononcées, mais malgré tout ont un rôle important. Certains se démarquent plus que d'autres comme le tacticien Zhu Wu, le spécialiste en artillerie Ling Zhen, Song Qing, le jeune frère de Song Jiang ou encore Shi Qian, le voleur et acrobate inégalable pour atteindre les lieux inaccessibles. 1 - Zhu Wu, le Génial Tacticien 2 - Huang Xin, le Maître des Trois Monts. 3 - Sun Li, le Yu-chi Malade. 4 - Xuan Zan, le Hideux 5 - Hao Siwen, le Gémeau. 6 - Han Tao, l'Invincible. 7 - Peng Qi, l'Oeil Céleste. 8 - Shan Tinggi, le Mage de l'Eau. 9 - Wei Dingguo, le Mage du Feu. 10 - Xiao Rang, le Calligraphe à Main Surnaturelle 11 - Pei Xuan, le Masque de Fer. 12 - Ou Peng, Ailes d'Or dans les Nuages. 13 - Deng Fei, le Lion aux Yeux de Feu. 14 - Yan Shun, le Tigre de Moire. 15 - Yang Lin, le Léopard de Brocart. 16 - Ling Zhen, le Tonnerre-fracassant. 17 - Jiang Jing, le Dieu du calcul. 18 - Lü Fang, le Petit Duc Wen. 19 - Guo Sheng, le Rival de Ren-gui. 20 - An Daoquan, le Mire-Surnaturel. 21 - Huang-fu Duan, Moustache pourpre. 22 - Wang Ying, le Tigre nain. 23 - Hu la Troisième, Vipère d'une Toise 24 - Bao Xu, le Dieu des funérailles. 25 - Pan Rui, le Roi-démon bouleverseur de mondes. 26 - Kong Ming, la Comète. 27 - Kong Liang, le Météore. 28 - Xiang Chong, le Na-Tuo à huit bras. 29 - Li Gun, le Grand Saint volant. 30 - Jin Da-jian, l'Artisan aux bras de jade. 31 - Ma Lin, l'Immortel à la flûte de fer. 32 - Tong Wei, le Crocodile hors du Trou. 33 - Tong Meng, le Serpent de Mer. 34 - Meng Kang, Hampe de Jade. 35 - Hou Jian, le Gibbon. 36 - Chen Da, le Tigre sauteur de ravin. 37 - Yang Chun, Le Serpent à taches blanches. 38 - Zheng Tianshou, le Sieur à face blanche. 39 - Tao Zong Wang, Tortue-à-neuf-queues. 40 - Song Qing, Eventail-de-fer. 41 - Yue He, Sifflet-de-fer. 42 - Gong Wang, le Tigre Bleu. 43 - Ding De-sun, Le Tigre à Raillonnade. 44 - Mu Chun, le Redoutable. 45 - Cao Zheng, le Démon du Couperet. 46 - Song Wan, le Vajra dans les nuages. 47 - Du Qian, Touche le Ciel. 48 - Xue Yong, Le Tigre malade. 49 - Shi En, le Léopard aux yeux d'or. 50 - Li Zhong, le Tueur de Tigres. 51 - Zhou Tong, le Petit potentat. 52 - Tang Long, le Léopard à taches d'or. 53 - Du Xing, Face de Démon. 54 - Zou Yuan, le Dragon hors des bois. 55 - Zou Run, le Dragon unicorne. 56 - Zhu Gui, le Caïman sur le sec. 57 - Zhu Fu, le Tigre Hilare. 58 - Cai Fu, Bras de Fer. 59 - Cai Qing, la Fleur. 60 - Li Li, l'Abrégeur de jours. 61 - Li Yun, le Tigre-aux-yeux-verts. 62 - Jiao Ting, Connaît-personne. 63 - Shi Yong, le Général-de-pierre. 64 - Sun Xin, le Petit Yu-chi. 65 - Grande soeur Gu, la Tigresse. 66 - Zhang Qing, le Jardinier. 67 - Sun-la-cadette, l'Ogresse. 68 - Wang Ding le Sixième, L'Eclair. 69 - Yu Baosi, le Dieu des coupes-gorges. 70 - Bai Sheng, le Rat en plein jour. 71 - Shi Qian, la Puce sur le tambour. 72 - Duan Jingzhu, le Chien à poil d'or. Les principaux alliés des 108 héros de Liangshan Cette liste n'est pas exhaustive, mais présente les principaux personnages qui au fil de l'histoire vont prêter main forte aux rebelles du Mont Liang. Squire Song (le père de Song Jiang) Wang Jin (le maître d'armes de Shi Jin) Wu l'aîné (frère de Wu Song) Luo le Sage (le maître de Gongsun Sheng) Li Shishi (prostituée favorite de l'empereur) Les principaux ennemis L'empereur Hui Zong appartient à la fois à cette liste comme à celle des alliés des héros de Liangshan. Ennemi, il l'est à l'origine quand les 108 bandits sont dans une situation de rébellion. Allié, il le devient quand il leur accorde une amnistie. Mais dans les faits, la situation sera quelque peu complexe, l'empereur étant largement influencé par les cadres corrompus de son gouvernement. Ces derniers haïssent les braves de Liangshan, et feront donc tout pour les détruire. Les officiels corrompus du gouvernement : Maréchal Gao Qiu Le jeune maître Gao (fils de Gao Qiu, convoite l'épouse de Lin Chong) Cai Jing (Premier ministre à la cour de l'empereur, ses cadeaux d'anniversaire sont volés par Chao Gai) Prefet Gao Lian (préfet de Gaotang et cousin de Gao Qiu) Tong Guan (chancelier des affaires militaires)Huang Wenbing Les personnages qui vont trahir l'un des héros du récit : Yan Poxi (la femme adultère de Song Jiang) Zhang Wenyuan (assistant de Song Jiang, amant de l'épouse de ce dernier) Pan Jinlian ou «Lotus d'or» (femme adultère de Wu l'aîné) Maîtresse Wang (la femme qui aide Pan Jinlian à tromper son mari) Ximen Qing (l'amant de Pan Jinlian) Li Gu (chef intendant de Lu Junyi) Lu Jia (femme adultère de Lu Junyi) Les bandes rivales et autres adversaires des 108 héros : Wang Lun (chef originel de Liangshan) Seigneur Zhu et ses trois fils Luan Tingyu (professeur d'arts martiaux dans la famille Zhu) Seigneur Zeng Nong et la famille Zeng (ses fils les 5 tigres) Shi Wengong (maître d'armes de la famille Zeng) Ren Yuan (champion de lutte célèbre) Le Royaume Liao des Tartars Le roi Yelü Hui des Liao Le Prince Yelü Dezhong des Liao (frère du roi des Tartars) Le maréchal Chu Jian De nombreux généraux de grande valeur sont cités dans le récit. Le Royaume rebelle de Fang LaFang La (chef de la révolte) Fang Mao, le 3e grand prince (frère de Fang La) Fang Tianding (fils aîné de Fang La) Chen Guan Pu Wenying l'eunuque (astrologue à la cour de Fang La) Deng Yuanjie (conseiller national de Fang La) Shi Bao (grand général de Fang La) Li Tianrun Bao Daoyi (astrologue royal) Zheng Biao (assistant de Bao Daoyi) Pang Wanchun (grand archer de Fang La) Fang Jie |
| ALAIN ENJARY |
Comédien et /ou
adaptateur, assistant à la mise en
scène,
metteur en scène pour Allais, Antelme, Arrabal, Beckett, Brecht,
Cami, Chrétien de Troyes, Eluard, Hasek, Hikmet, Hugo, Ionesco,
La Bible, Maïakovski, Mérimée, Molière, Musset,
Pirandello, Prévert, Rabelais, Racine, Rouabhi, Ruzante, Shakespeare,
Tchekhov... il a travaillé notamment avec José Valverde,
Denis Llorca, Mehmet Ulusoy, Claire Lasne, Patrick Pineau (il
joue Tcheboutykine dans Les Trois sœurs de Tchekhov, mis en scène à la
MC93 en 2008 ) et aussi Jean-Marie Binoche, Aristide Demonico, Nicolas
Fleury, René Gouzenne, Edmond Tamiz, Anne Torrès... Parallèlement,
il écrit et il crée plusieurs spectacles en solitaire,
pratique le spectacle de rues, d'intervention, d'appartement, et d'ateliers
avec des enfants ou des adultes, en particulier au cours de plusieurs
missions plus ou moins longues en Afrique. Deux de ses textes sont
publiés à L'Avant-Scène. Depuis des années
il collabore avec Arlette Bonnard. Ensemble, ils
créent la compagnie
Ambre (conventionnée par la DRAC Ile-de-France). À leur
actif une vingtaine de spectacles dont il est l'auteur, l'adaptateur
ou l'acteur et elle, signe les mises en scène : Ulysse d'après
Homère, Tristan et Iseult d'après les poèmes du
XIIe siècle, Huit heures à la fontaine, Les Marches ténébreuses,
Lila, Nord-Est, Le Château dans les entrepôts, Or, Les
Clefs, «7»(Sept), Le Vaste Monde d'après Andersen,
Le Gardien d'Octobre, Le Recueil des petites heures, Animaux suivis
d'Autres Animaux, Esprits, Les Piliers... |
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© Michel Gantner |
| Dans la presse |
| Article
d'Odile Quirot - janvier 05 L'Ecole d'Opéra de Pékin à Bobigny LA CLASSE ! Les élèves et les professeurs de ce conservatoire des arts du spectacle qui allie chant, danse et arts martiaux se produisent pour la première fois en France. Un spectacle éblouissant, qu'Odile Quirot a pu observer sur place >>>la suite |
L'Ecole d'Opéra de Pékin |
| Roman "Au bord de l'eau" : les personnages : liste des 108 brigands. site Ici la Chine |
| Les représentations des
108 héros Geocities |
| Jacques Dars, biographie Site Etonnants voyageurs |
| Présentation de l'Ecole
en 2005. lien >>>vers le Dossier pédagogique |