| Der Tartuffe / Molière / Gotscheff |
| Platform / Houellebecq / Simons |
| El fervor de la perseverança / Santos |
| Liebe 1968 / Charim |
| Harmonie Desastres / Meret |
| Espia a una mujer que se mata / Tchekhov / Veronese |
| Je meurs comme un pays / lecture / Dimitris Dimitriadis |
| Taverne hellénique |
| Le jour des grecs / Clôture du festival |
|
8 > 24 FEV 2008 |
|
|
| 14>17 FEV
2008 jeudi et vendredi à 20h30, samedi à 19h, dimanche à 15h30. Salle Christian Bourgois |
![]() |
|
Catalogne avec Coproduction Companyia Carles Santos, M.O.M., El Vivero, Marta Oliveres Teatre Lliure, Festival d'Òpera de Butxaca et Temporada Alta, Les Nuits de Fourvière 2007, Festival Internacional de las Artes de Castilla y León 2007, Ajuntament de Sabadell. |
|
Companyia Carles Santos est subventionnée par ICIC-Generalitat de Catalunya, INAEM- Ministerio de Cultura, ICUB-Ajuntament de Barcelona |
| Spectacle en catalan et en allemand surtitré |
| Traduction française Mariaelena
Roqué, Michel Bataillon Régie surtitrage Claudio Nervi |
| Durée 1 heure | |
| Pour réserver ce spectacle : | |
| Réservation en ligne MC93 | |
| Billetterie en ligne de la FNAC | |
| Par téléphone : 01
41 60 72 72 du lundi au samedi de 11h à 19h |
|
| Pour les relais : 01 41 60 72 78 | |
| Télécharger (format PDF) : | |
| La fiche du festival | |
| La fiche spectacle | |
| Le dossier de presse | |
| Le plan d'accès | |
| Pour en savoir plus : contacts | |
| MC93 Bogigny 1, bd Lénine 93000 Bobigny |
|
![]() |
|
© DR |
|
| Entretien avec Carles Santos. Nuits de Fourvière 2007. Dailymotion. |
| Le pire qui puisse arriver à
un mot, c'est d'avoir une faute d'orthographe.
Un mot avec une faute d'orthographe veut toujours dire la même chose, mais de manière fautive. Il ne peut pas vouloir dire autre chose que ce qu'il veut dire, pas même par erreur. Par exemple, on pourrait condamner le titre de cette pièce en l'affublant de deux fautes d'orthographe : l'une, en changeant le mot ferveur en fairveur, et l'autre au mot persévérance, changé en pairsévérance. La fairveur de la pairsévérance équivaudrait bien à la ferveur de la persévérance en termes de compréhension, mais de manière fautive. A quoi bon l'orthographe, somme toute ? Ça ne sert pas à grand-chose et ça peut prêter à confusion. La fairveur de la pairsévérance ou ce qui revient au même la ferveur de la persévérance est un titre qu'on ne saurait utiliser trop jeune, car il faut du temps à la pairsévérance, ou persévérance, pour que l'habitude prenne. L'habitude de la pairsévérance, ou de la persévérance. En faute ou sans faute d'orthographe, sous ce titre se cache un spectacle plein de fautes et d'erreurs pairsévérées, ou persévérées, auxquelles il a fallu du temps pour faire comprendre que, sous des dehors immuables, les choses n'ont pas toujours été ce qu'elles sont. Moi, par exemple. Moi et tout ce qui découle d'un parcours systolique et personnel à travers la sympathique autant que romantique avant-garde actuelle s'étendant du Moyen Age au concept crucial du « plus faux sera le mieux ». C'est le plaisir de ne pas être ce que l'on devait être, de devenir soi-même la faute d'orthographe d'une langue qui offense les orthodoxies. Il s'agit d'un spectacle dans le faux et en soi plein de bien-fondé, qui fait la différence entre le temps utile et le temps vécu. La perception de la faute pairsévérante, ou persévérante, est toujours inutile et sert en même temps à donner la primauté à l'irresponsabilité du geste sur sa propre logique. Cette soirée sera sûrement une soirée d'erreurs. Ce spectacle fonctionnerait également sous un autre titre. |
| Carles Santos |
![]() |
| Carles et Marielena, portait | |
|
De fin juin à fin novembre 2006, la Catalogne des arts et de la culture a rendu hommage à Carles Santos de Vinaròs et Mariaelena Roqué de Tarragona, enfants terribles de l'art moderne faits à l'image du pays catalan. Deux catalogues, Carles Santos, Visca el piano et Mariaelena Roqué desveisteix Carles Santos, conservent la mémoire des expositions rétrospectives consacrées à l'un et à l'autre, dont les titres affichent la nature paradoxale de la démarche artistique. En soixante années de vie conjugale avec le piano, Carles Santos a procédé parfois au meurtre du piano, à sa destruction, par immersion, par dissection, ou simplement à grands coups de merlin, mais toujours afin de prouver et d'affermir sa relation amoureuse, afin que Vive le piano. Quant à Mariaelena, quand elle habille Carles Santos, en réalité c'est bien pour despullar un sant-dévêtir un saint. Faits d'images ces deux ouvrages ont pour effet d'introduire imperceptiblement mais sûrement un peu d'ordre dans le désordre foisonnant des impressions que m'ont laissé les actes spectaculaires de Santos. Un soir à Groningue, en Frise néerlandaise, j'ai découvert ce pianiste aux prises avec son instrument et ses fantasmes pénétrants dans La grenya de Pasqual Picanya. A la première de L'esplèndida vergonya del fet mal fet, la corrida entre un pianola motorisé et James Thierrée, violon volant, au Mercat de les Flors à Barcelone, puis au TNP-Villeurbanne ; le maître agenouillé, crucifié entre deux Bösendorfer, une main sur chaque clavier pour interpréter le Prélude n° 2 en do mineur de Bach dans La pantera imperial avec l'acoustique exceptionnelle des lambris en noyer du Hebbel Theater à Berlin, puis sur le grand plateau du TNP qui organise aussi une reprise de Tramuntana tremens, magnifique acte choral et scénique et la venue de Ricardo i Elena' Car il faut le dire, Santos est doué d'ubiquité, il a joué partout en Europe et en quinze années, on le trouve dans trente théâtres de France. Et toujours cette interrogation absurde : pourquoi n'ai-je pas été attentif à son premier spectacle théâtral à l'Akademie der Künste à Berlin en 1987 ? |
| Carles et Marielena, portait |
| Tout commence à Vinaròs,
un port de pêche entre Barcelone et Valence. Né en 1940,
Santos commence le piano à l'âge de quatre ans. À
treize ans, prix spécial du Conservatoire du Liceu de Barcelone,
il donne son premier récital à la Société
de concert de Vinaròs. Un chanoine musicologue le dirige vers
les oeuvres de l'Ecole de Vienne. Boursier du gouvernement français,
il est à Paris l'élève de Marguerite Long et Robert
Casadesus et en Suisse il étudie avec Harry Datyner. Au début
des années soixante, il entame une carrière internationale
de pianiste de concert, spécialiste aussi bien de Bach que de
Schönberg, Webern, Berg ou Stockhausen. Mais au cours de cette
décennie, quelques rencontres vont infléchir sa vie et
élargir à l'infini son champ d'action. |
| Carles et Marielena, portait | |
| Après New York, après
Paris, c'est à Berlin que se joue un nouvel acte décisif
pour l'existence de Carles Santos et l'orientation de son art. Nele
Hertling et René Block l'invitent dans le cadre du Berliner Künstlerprogramm
du DAAD, mettent à sa disposition les moyens et les locaux de
l'Akademie der Künste et l'aident à produire en février
1987 Arganchulla, Arganchulla Gallac, la première création
née de sa relation avec Mariaelena Roqué. Catalane du
Venezuela, fille d'une famille profondément républicaine
et laïque, Mariaelena a profité de la vie artistique chatoyante
de Caracas dont le célèbre festival accueille tous les
maîtres contemporains, Kantor et Bausch, Cage et Cuningham, Bergmann
et Stein... Son esprit et ses sens sont ouverts, sensibles tout autant
à l'univers de l'avant-garde new-yorkaise qu'aux fantasmes du
Parc Güell de Gaudi et la faune tropicale des Philippines qui sont
aussi l'une de ses attaches familiales. Elle débute comme danseuse,
elle pose comme modèle, elle prend l'aiguille et le fil et se
lance dans des créations vestimentaires excentriques, elle exécute
des performances d'une liberté et d'une grâce corporelle
saisissante, Gli angeli del terzo cielo-Les anges du troisième
ciel, par exemple. Dès l'enfance l'iguane est son fétiche
: en cadeau à Carles Santos, elle se transforme en iguane figure
de proue son cher bateau, La Sargantenata. Elle lui offre une sensualité
et un foisonnement d'images corporelles exotiques. Souveraine en toutes
matières textiles. En habillant, elle dévêt chaque
membre et sculpte le fantasme. Santos et Roqué, leurs imaginaires,
leurs libertés, leurs audaces se fécondent. De ce mariage
naissent en vingt années, 1987/2006, quatorze spectacles : une
oeuvre à quatre mains, une oeuvre d'art totale, quelque chose
comme un Gesamtkunstwerk surréaliste dont les parrains seraient
Bataille et Buñuel, Dali, Gaudi, Man Ray. |
| Le site de Carles Santos Site |
|
| Entretien avec Carles Santos. Nuits de Fourvière 2007. Dailymotion. | |
| Entretien avec Carles Santos en espagnol. Youtube. | |
