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FEV 2008 - attention la représentation de mardi 12
février est annulée. lundi et mardi à 20h30 Salle Christian Bourgois |
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Berlin,
Allemagne Mise en scène
Alexander Charim Avec Marina Dessau, Matthias Hungerbühler, Eva Meckbach, Stéphanie Julia Möller/Monika Vivell, Friedrich Mücke, Rafael Stachowiak. Production Bat
Studiotheater Der Hochschule Für Schauspielkunst "Ernst
Busch", Berlin |
| Spectacle en allemand surtitré |
| Traduction française Barbara Engelhardt Régie surtitrage Pascal Paul-Harang |
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© Charlotte Burchard
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| Durée 1h20 | |
| Pour réserver ce spectacle : | |
| Réservation en ligne MC93 | |
| Billetterie en ligne de la FNAC | |
| Par téléphone : 01
41 60 72 72 du lundi au samedi de 11h à 19h |
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| Pour les relais : 01 41 60 72 78 | |
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| La fiche du festival | |
| La fiche spectacle | |
| Le dossier de presse | |
| Le plan d'accès | |
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Paris, Mai 1968. Un groupe de jeunes gens venant tous dhorizons
différents vivent un moment de révolte, un bref triomphe
de lanarchie, un moment enivrant de liberté et dexcès.
Ils nont
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© Charlotte Burchard
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| Né en 1981, Alexander
Charim étudie l'histoire et la littérature à vienne,
où il fait ses premiers assistanats à l'opéra et
au théâtre, notamment avec Peter Zadek et Luc Bondy. De
2003 à 2007, il se forme à la mise en scène à
l'école de théâtre Ernst Busch à Berlin.
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| Où sont nos excès ? | |
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Barbara Engelhardt : 1968 est redevenu aujourd'hui une date fortement politique : en Allemagne à travers la remise en cause de la contestation de gauche et les parallèles simplistes avec la Fraction Armée Rouge, en France avec une manière toute aussi simpliste, du côté des libéraux, de vouloir en finir avec 68, dans le contexte de l'évolution politique et économique. Vous faites partie d'une génération qui n'a tout au plus vécu concrètement 68 qu'à travers une éducation antiautoritaire : d'où vient votre intérêt pour ce sujet ? |
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Alexander
Charim : Mai 68, c'est la génération de nos pères,
qui avaient à l'époque le même âge que nous.
Beaucoup des choses contre lesquelles ils ont alors protesté
perdurent ou réapparaissent plus ou moins aujourd'hui : une
société de consommation rigide, une guerre injuste,
un ennui généralisé. Ceux qui avaient 20 ans
à l'époque ne voulaient en aucun cas ressembler à
leurs parents, par contre, aujourd'hui ressembler à ses parents
ne pose plus de problème. La contestation n'existe quasiment
plus. Mais ne pas contester cette société, cela signifie
ne pas avoir d'imagination. Ne pas être en mesure de s'imaginer
comment les choses pourraient être autrement. La plupart des
jeunes parlent de famille et de carrière à 20 ans, les
parcours sont prédéterminés. Pourquoi ces parcours,
dans ma génération, sont-ils si emprunts de conformisme,
et ceci jusque dans mon entourage, celui des jeunes professionnels
du théâtre. Et pourtant, la question se pose à
nous avec d'autant plus d'acuité : comment peut-on encore dire
le monde aujourd'hui ? Qu'est ce que la conscience politique de nos
jours ? Où sont nos excès ? Comment nous positionnons-nous
face à la réalité ? Ou bien : Comment notre positionnement
peut-il être autre chose que celui de la contestation, du changement
? La vieille question, que tous ont un peu honte de poser : Peut-on
amener le changement par le biais du théâtre ? |
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| Un point de vue politique vis-à-vis de ces événements vous importe-t-il ? Un positionnement de votre génération face à la posture de la génération de vos parents ? | |
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Il ne s'agit pas pour moi d'un point de vue sur les événements de l'époque, mais sur ceux d'aujourd'hui, et peut-être d'une contre-position face à un discours largement répandu, dans lequel la jeunesse est dépeinte comme désorientée et désintéressée. Je voulais parler de ma génération d'une autre manière, d'une nostalgie d'une autre expression politique fondée sur la prise en considération des sentiments, ce dont nous rêvons peut-être lorsque nous pensons à 68. De ma génération, j'ai voulu dire autre chose que l'absence d'issue et d'orientation qui en sont souvent les attributs, et qu'elle se donne elle-même du reste. Bien sûr, on peut toujours parler de l'impossibilité du changement, du désespoir et de la brutalité de l'Homme, ce qui est très en vogue au théâtre. On peut aussi parler du reste, de l'espoir que cela change, des aspirations et des rêves qu'ont aussi les hommes, de ce monde autre. Je trouve la construction de cette argumentation beaucoup plus difficile et donc plus intéressante pour le théâtre. L'autre, je la vois tous les jours sur CNN. |
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| Vous ne misez pas en premier lieu sur l'actualisation, vous ne cherchez pas à tirer trop manifestement les personnages dans le 21ème siècle : comment votre confrontation avec l'Histoire permet-elle un discours sur le présent ? | |
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Dans la mesure où nous le faisons aujourd'hui, avec toute notre présence. Cela peut sembler simpliste, mais cela ne signifie pas que la seule présence de jeunes comédiens rend la démarche actuelle. Ce qui m'importe, c'est de faire apparaître de quelle manière des jeunes d'aujourd'hui jouent des jeunes de l'époque. Développent une attitude et un rapport érotique vis-à-vis d'eux. C'est pour moi ce qu'il y a de plus intéressant au théâtre : le fait que nous, dans notre présent, jetions un regard sur ce qui est passé et nous est étranger, tout en racontant quelque chose de nous. Superposer deux temporalités, cela n'est possible qu'au théâtre. La question est de savoir comment rendre visible cette simultanéité, en faire un événement. La mise en scène des Perses par Dimiter Gotscheff me vient à l'esprit, il est parvenu de manière brillante à mon sens à rendre cette simultanéité. |
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| Les registres de langage et les sources littéraires de diverses formes et de diverses époques se mêlent aussi dans votre collage de textes. Le théâtre est-il précisément un vecteur qui puise son énergie d'une telle hétérogénéité pour évoquer l'Ici et Maintenant ? | |
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Pour le texte, je me suis inspiré de l'esthétique littéraire et filmique de l'époque. Les films sont excessifs, chaotiques, presque essayistiques. On perçoit toujours le processus et les conditions de la pensée filmique à l'oeuvre, et c'est aussi ce que je voulais pour la mise en scène. En outre, ce travail sur le matériau textuel permet de rendre les situations et les personnages plus ouverts à l'imagination des comédiens. On peut retirer ou rajouter quelque chose, on peut être discret dans son rapport au personnage et ouvert ; mais face à ce rapport les comédiens doivent se positionner. |
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| Vous vous référez à Godard, Garrel, Eustache : quelle est l'influence concrète du cinéma ou de certaines esthétiques cinématographiques sur votre travail ? | |
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Je suis toujours impressionné
par l'amour du matériau que l'on ressent dans des films exceptionnels.
Au théâtre, je rencontre souvent aujourd'hui une sorte
de mépris pour son propre matériau, on a parfois honte
des moyens du théâtre, on essaie de les dissimuler, de
les « filmiser ». Je ne me reconnais pas dans cette attitude.
C'est pourquoi l'influence du cinéma chez moi est indirecte.
Ce que l'image est au cinéma correspond pour moi à ce
que le comédien est au théâtre. Et tout comme
un bon film a aussi toujours pour objet la façon dont on peut
appréhender le monde par le biais des images, le théâtre
doit se poser la question de savoir comment on peut y parvenir par
le jeu. |
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| Plus largement, où puisez-vous vos images et vos inspirations pour la scène ? Comment celles-ci déterminent-elles votre façon de travailler avec les comédiens, les corps et les espaces ? | |
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La première fois, mes parents m'ont emmené voir Lulu dans une mise en scène de Peter Zadek. J'avais 10 ans, et je n'ai donc pas compris grand-chose. Mais je me rappelle très clairement la scène dans laquelle Ulrich Wildgruber interprétant le Dr. Schön tombe la tête la première dans un énorme escalier. Il était allongé en bas et je me suis dit qu'il devait être mort. Je comprenais bien qu'il n'était pas mort, que c'était du théâtre, mais ces deux pensées coexistaient. Puis j'ai vu Ivanov, plus tard La Cerisaie et Rosmersholm, et les travaux de George Tabori - je crois que ce genre de travail n'existe plus aujourd'hui au théâtre. Plus tard, j'ai été assistant chez Zadek. La façon dont il travaille m'a fortement marquée, sa patience, sa mémoire, son approche impitoyable, mais aussi chaleureuse des acteurs, son intelligence politique et la radicalité avec laquelle il se pose toutes les questions. Et puis il y a aussi les choses que je regarde régulièrement, et dont je ne cesse d'apprendre : les opéras de Mozart en particulier et les films de Jean Renoir, d'Antonioni, de Lubitsch et de Robert Bresson. |
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| Liebe 1968 constitue l'une de vos premières mises en scène et se caractérise malgré tout par une esthétique et une vision très précises. Celles-ci cependant sont également portées par les comédiens très jeunes et très impliqués, avec lesquels vous travaillez : comment le projet est-il né ? Dans quelle mesure a-t-il pris forme collectivement ? | |
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Les comédiens et moi-même avons fait des études ensemble pendant 4 ans, nous nous connaissions bien et j'avais déjà plusieurs fois travaillé avec chacun d'entre eux. Il y avait donc une sorte de confiance mutuelle, c'est pourquoi je pouvais aborder les répétitions avec une relative incertitude, avec un texte certes, mais seulement des idées vagues quant à la façon dont on peut représenter la révolution sur la scène, ou le suicide. Dès le départ s'est instauré une réflexion commune sur ce dont nous voulions parler. Ce fut, d'un certain côté, un travail « facile », car ce que les personnages vivaient là, le premier amour, l'ivresse, la politique, faisait partie de notre propre horizon ; et d'un autre côté, les comédiens avaient régulièrement du mal à concilier notre époque avec 68. |
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| Vous êtes au début de votre carrière de metteur en scène : quelle est la situation actuelle des jeunes metteurs en scènes dans le théâtre de langue allemande ? Les portes du Stadttheater s'ouvrent ou se ferment-elles ? Que souhaiteriez-vous : travailler de manière indépendante ou au sein d'une troupe permanente ? | |
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Je voudrais pour l'instant expérimenter autant de choses que possible, c'est pourquoi je ferai les deux l'année prochaine : une production indépendante à Weimar et à Berlin et des travaux au sein du Stadttheater, avec un ensemble. Il n'est pas facile de s'affirmer sur ce marché. Je pense pour ma part qu'un théâtre de qualité ne peut émerger que d'une troupe permanente, de gens qui se connaissent et travaillent ensemble sur le long terme. Cette possibilité n'existe pour des metteurs en scène de mon âge que de manière exceptionnelle. Les formes intermédiaires m'intéressent en ce moment. Mon prochain projet portera sur Moderato Cantabile de Duras, avec des comédiens, des chanteurs, des danseurs et des musiciens. |
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| Entretien avec le metteur en scène Alexander Charim par Barbara Engelhardt (Traduit de l'allemand par Emmanuel Béhague) | |
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Créé
le 23 février 2007 |
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| Entretien avec le metteur en scène
Alexander Charim par Barbara Engelhard, Goethe-Institut Théâtrallemand
N°11 - nov 2007. Site |
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| Philippe Garrel Philippe Garrel ou le cadet de la Nouvelle Vague - Cahier du Cinéma Site |
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| Entretien avec Jean-Luc
Godard Novembre 2007 ARTE.tv et le site internet des Cahiers du cinéma vous proposent de découvrir cet entretien exclusif réalisé par Olivier Bombarda et Julien Welter, images : Thomas Schwoerer Site |
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| Jean-Luc Godard Les dossiers pédagogiques du Centre Georges-Pompidou Site |
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| Jean Eustache Liste des films et courts-métrages réalisés par Jean Eustache. Fiche technique du .mov Site |
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| Photos de Charlotte
Burchard Site |
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