JACQUES NICHET
GIACOMO LEOPARDI
 
27 MARS > 16 AVR 2008
du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 15h30
relâche le lundi

Slle Oleg Efremov

D'après Les Operette Morali

De Giacomo Leopardi
Texte Français Michel Orcel

Mise en scène Jacques Nichet

Scénographie Philippe Marioge
Collaboration Artistique Gérard Lieber, Jean-Michel Vives, Caroline Chausson, Dominique Terramorsi

Création Musicale Hervé Suhubiette
Son Aline Loustalot
Lumière Michel Leborgne
Costumes Nathalie Trouvé

avec Quentin Baillot, Sabrina Kouroughli, Jacques Nichet

et Amélie Denarié, Anaïs Durin, Nina Kayser, Julie Kerbage, Sarah Laulan, Julie Menut, Magali Moreau, Delphine Ory

Production TNT-Théâtre National de Toulouse Midi-Pyrénées

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Informations utiles
Durée 1h15
Pour réserver ce spectacle :
Réservation en ligne MC93
Réservation en ligne FNAC
Par téléphone : 01 41 60 72 72
du lundi au samedi de 11h à 19h
Pour les relais : 01 41 60 72 78
 
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Le dossier de presse
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Pour en savoir plus : contacts
MC93 Bogigny
1, bd Lénine
93000 Bobigny
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extrait videoVoir un extrait video de Copernic
© Marc Ginot
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le metteur en scène

Convoquer sur la scène du théâtre la philosophie lorsqu'elle se vêt de ses plus beaux atours, lorsqu'elle flirte avec la poésie et qu'elle s'amuse d'elle-même...
C'est à cela que s'est employé Giacomo Leopardi, l'un des plus grands écrivains italiens du XIXe siècle, poète, romancier, philosophe illustre en Italie. Un théâtre entre ciel et terre qui met l'homme au centre de ses préoccupations, l'homme en tant qu'être de passage qui se nourrit d'illusions. Extrêmement lucide sur la condition de cet homme prétentieux qui veut asservir la nature mais est asservie par elle, qui ne cesse de gémir dans une recherche du plaisir et du bonheur toujours insatisfaite. L'univers est convoqué, le Soleil ne veut plus se fatiguer à tourner autour de la Terre et convoque Copernic pour changer les choses, un elfe et un gnome dissertent sur la disparition du genre humain, avant que des momies ne se mettent à chanter et ne se soumettent aux questions de l'homme qui veut savoir ce qu'est le passage de vie à mort… Il n'est pas dupe de ses propres dialogues philosophiques le poète Leopardi, car il est lucide, extrêmement lucide, sur la nature humaine, et son pessimisme est cependant réjouissant puisqu'il le met en jeu dans le monde de l'illusion qu'est la scène de théâtre. Jacques Nichet accompagne l'écriture du poète en devenant une sorte de magicien qui saute à cloche-pied entre humour et mélancolie, comme un enfant plein d'imagination, qui se perd entre passé et présent. Fidèle en somme à l'auteur des Dialogues philosophiques lorsqu'il écrit : « Pour secouer ma pauvre patrie et mon siècle j'emploierai les armes du sentiment, de l'enthousiasme, de l'éloquence, de l'imagination et de la poésie ». Ne serait-ce point aussi les armes du théâtre ?

Dix petites pièces philosophiques de Giacomo Leopardi est édité par Le temps qu'il fait

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Dans la presse
puce Le «Bonheur» à la source. A Bobigny, Jacques Nichet signe une mise en scène touchante des «Operette» du philosophe italien Leopardi. René Solis, mardi 8 avril 2008, Libération.
puce Un merveilleux spectacle. "Le commencement du bonheur" de Giacomo Léopardi. Courez, courez en famille à Bobigny où en une heure et quart, Jacques Nichet interroge le monde en donnant une ampleur spectaculaire enjouée aux Operette Morali de l'écrivain Giacomo Leopardi.... Armelle Héliot, Le Figaro, 6 avril 2008.
puce C'est quand le bonheur. Bobnjour Bobigny, 3 avril 2008.
puce Le commencement du bonheur. Critique d'Estelle Grapp. 7 avril 2008. Les trois coups. Éblouissante, la scénographie déploie des trésors d’inventivité. ...
Rencontre
Samedi 5 avril 2008 à 17 h
puce

Quel répertoire pour demain ? Quand est apparue la notion de répertoire, c'est-à-dire quand a-t-il été considéré comme important de montrer à côté des oeuvres du moment, les oeuvres du passé.
A quoi cela correspondait-il ?
Aujourd'hui, la notion de répertoire est liée à celle de transmission, de sauvegarde, de "chef d’'oeuvre en péril".
Quel sera le répertoire de demain, quel est le répertoire d'aujourd'hui ?
Quel sera le destin des grandes oeuvres de Tchekhov, Shakespeare, Racine ou Pirandello ?
avec
Jean-Loup Rivière, auteur dramatique
Il a été conseiller littéraire et artistique à la Comédie-Française, Professeur à l'Ecole normale supérieure Lettres et Sciences Humaines de Lyon ;

Jacques Nichet, metteur en scène ;

Jean-Pierre Vincent, metteur en scène ;

Béatrice Picon-Vallin, directrice du Laboratoire de recherches sur les Arts du Spectacle au C.N.R.S. Professeur d'histoire du théâtre au Conservatoire National Supérieur d'Art
Dramatique.

et Barbara Engelhardt, Patrick Sommier.

* initialement prévue le 16 février –- dans le cadre du Festival Le Standard idéal

A lire ou relire
Giacomo Léopardi
Dix petites pièces philosophiques «operette morali» dans la traduction de Michel Orcel, Editions Le temps qu’il fait
Giacomo Léopardi
Huit petites oeuvres morales inédites, traduction Joël Gayraud, Editions Allia
Giacomo Léopardi
Zibaldone, traduction Bertrand Schefer, Editions Allia
Revue Europe,
Giacomo Léopardi
Jacques Nichet
Je veux jouer toujours,
Théâtre en chantier, Editions Milan

 

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Photos Commencement du Bonheur, DR : Marc Ginot
 
Prologue et épilogue
Avant de boucler mes valises et de reprendre la route, j’entrerai sur la grande scène vraiment pour la première fois. Pour jouer.
Pour tenter de devenir acteur enfin.
Oui, un vieil acteur débutant ayant peu à transmettre et tout à apprendre
Encore et encore. Heureusement je ne serai pas seul.
Neuf jeunes comédiennes et un jeune acteur, en m’épaulant, me feront découvrir leur mystérieux métier.
Et au salut final de ce quatorzième spectacle, je m’avancerai vers vous pour vous remercier de votre soutien et de votre indulgence et vous dire en tremblant le dernier vers des comédies espagnoles : « excusez les fautes du directeur ».
Jacques Nichet
 
© Marc Ginot
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Operette morali…

Connaissez-vous les dialogues de Léopardi, ces pièces philosophiques écrites en 1824, operette morali ? Dans la morne inquiétude d’aujourd’hui qui s’étend partout comme du chiendent, voilà une œuvre salutaire ! Brève, incisive, subversive, elle se moque des illusions, gesticulations et prétentions du genre humain, qui se croit Maître et souverain de la nature.
Dans une prose savoureuse et séditieuse, avec un enjouement rieur et terrifiant, Léopardi écrit les livrets d’un petit théâtre philosophique, sur lequel se déploient le monde et le temps. Sur son castelet apparaissent des figures enfantines : un elfe et un gnome commentent la disparition du genre humain. Des momies se mettent à chanter, à dire le plaisir de mourir. Malembrun, autre Faust, supplie le diable de lui donner un instant de bonheur. Le soleil, fatigué de tourner comme un baudet autour de la terre, décide d’arrêter et de mettre en branle la paresseuse qui se prélasse en se croyant l’impératrice de l’univers. Et voilà Copernic pour envisager cette révolution décisive. Ces figures jouent comme les marionnettes d’une pensée. Leurs mots rayonnent de nihilisme. Le néant, se moquant de nos monnaies de singe, semble la seule certitude solide. D’un dialogue à l’autre, la pensée de Léopardi saute à cloche-pied, fait des entrechats, retombe, rebondit. Et nous laisse éblouis par le soleil noir de sa mélancolie, barbare, joyeuse. Nous jouerons à déployer l’espace comme un accordéon et à faire vivre le vide. On sautera comme par surprise d’un dialogue à un autre pour tomber sur un poème plus récent, comme si l’espace et le temps lui-même disjonctaient. On se perdra dans des déserts cosmiques ou une chambre d’enfant, philosophie et jouets mêlés.
Jacques Nichet

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Operette morali, dialogue d’un elfe et d’un gnome.
Le gnome : les moustiques et les puces étaient donc aussi faits pour servir les hommes ?
L’elfe : oui, pour mettre leur patience à l’épreuve, selon leurs propres mots.
Le gnome : comme s’ils avaient besoin des puces pour cela !
L’elfe : ce qui est encore plus drôle, c’est que d’innombrables espèces d’animaux ne furent jamais connues des hommes leurs maîtres… soit parce qu’elles vivent dans des endroits où les hommes ne mirent jamais les pieds, soit parce qu’elles sont si minuscules qu’ils ne parvenaient jamais à les voir. D’ailleurs, ils n’en découvrirent beaucoup que dans les derniers temps. De même, ces messieurs apercevaient de temps en temps au télescope une nouvelle étoile, une planète, dont jusqu’alors, durant des milliers et des milliers d’années, ils avaient ignoré l’existence ; et aussitôt ils l’inscrivaient à l’inventaire de leurs meubles. Ils s’imaginaient en effet que les étoiles et les planètes étaient, en quelque sorte, des lanternes plantées là-haut pour servir d’éclairage à leurs seigneuries, dans l’effervescence de leurs activités nocturnes.
Le gnome : Et l’été, quand ils voyaient tomber ces petites flammes qui la nuit traversent parfois les airs, ils devaient se dire qu’un esprit venait de moucher pour eux les chandelles.
L’elfe : mais maintenant qu’ils ont tous disparu, la terre ne ressent aucun manque, les fleuves ne sont pas lassés de courir et la mer, qui ne sert plus à la navigation ni au commerce, ne donne pas l’impression de s’assécher.
Le gnome : Et les planètes et les étoiles ne cessent de paraître et de se coucher ; elles n’ont pas pris le deuil.
 
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Léopardi et les operette morali : le sens de l’humour

La vie de Léopardi est polarisée par deux grandes saisons poétiques :
- 1818-1822 époque des chansons et des premières idylles où prévalent les thèmes de la valeur antique et
De l’ennui ;
- 1827-1829 époque dite pisano-recanatese, celle des grandes idylles ancrées sur la mémoire et sur la condition universelle.
Avant la première époque, ce sont les écrits juvéniles, après la seconde viennent le cycle d’Aspasia, les chants sépulcraux, la ginestra. Et entre les deux périodes, au milieu du silence poétique, naissent en 1824 les Operette morali. Elles apparaissent donc au centre de la production Léopardienne et ce n’est probablement pas un hasard si c’est en 1827, année de leur publication, que commencent à naître les grandes idylles. […]
Oeuvre complexe que ces operette morali. Leur fragmentarisme, leur éclectisme formel en font le lieu d’une « lisibilité plurielle », selon le mot d’antonio prete 1. Elles marient la fantaisie à la logique, dans un style associant « littérarité » et familiarité, qui met en scène des ombres de personnages dans des espaces irréels. Le dialogue y prévaut, qui, entre la satire ménippée et le dialogue platonicien, fait des operette morali un théâtre philosophique. […]
Pas de geste, pas de décor dans les operette morali. La théâtralité se réduit à une dialectique. Dialectique au demeurant doublement fonctionnelle : il faut être deux pour rire de même qu’il faut être deux pour « raisonner », au sens dix-huitièmiste du terme. […]

Perle abbrugiati - in. Italiques 10
1. Antonio prete, introduction à l’édition des Operette morali, Milan, Feltrinelli, 1976

Giacomo Léopardi (1798 – 1837)
Nietzsche saluait en Léopardi le plus grand prosateur du xixe siècle. Il ne cessait de le relire, se sentant des affinités profondes avec une œuvre qui annonçait sa propre critique de la métaphysique. Les italiens, tout en faisant de Léopardi un classique au même titre que Dante, le reconnaissent comme le poète phare de la modernité, comme un Hölderlin du sud dont la vision tragique annonce l’inquiétude ironique et amère des modernes. Je suis né d’une famille noble dans une ville ignoble d’Italie, fait dire Léopardi au narrateur d’un roman autobiographique resté inachevé. En effet, comme son personnage, le jeune Comte Giacomo Léopardi a passé son enfance et une partie de sa jeunesse à recanati, une bourgade des marches, dans les très réactionnaires états de l’église. Il y vécut une enfance désastreuse, entre un père lettré, mais de caractère faible, et une mère despotique et bigote qui souhaitait la mort de ses propres enfants pour qu’ils montent plus vite au ciel. Giacomo se réfugie dans la lecture et les études. Il apprend, sans maîtres, le grec et l’hébreu puis le français, l’espagnol et l’anglais. Après deux tragédies, il écrit à quinze ans une Histoire de l’astronomie puis se lance dans des travaux philologiques, salués dès leur publication par les plus grands savants européens. Grand dévoreur de livres, il découvre la littérature française, et notamment la philosophie des Lumières grâce à une édition de L’Encyclopédie. Enfin, à vingt ans, en pleine période de restauration monarchique, Léopardi abandonne la foi et adopte une conception matérialiste de l’univers. Un tel abandon est chez lui radical : loin de changer la foi en Dieu contre la croyance au progrès et à la diffusion irréversible des Lumières, il conçoit combien une telle croyance est elle aussi trompeuse, et il s’engage dans un pessimisme sans retour. Lorsqu’il parvient enfin à quitter Recanati, il commence une vie errante à travers l’italie : il séjourne à Rome, à Florence et à Naples où il mourra âgé d’à peine trente-neuf ans, en 1837. Dans ce court laps de temps, bien que souffrant de troubles oculaires qui l’empêchent parfois de lire et d’écrire, il produit une œuvre considérable dont une faible partie seulement est publiée de son vivant.

Joël Gayraud.
Postface à L’éloge des oiseaux de Léopardi,
Editions mille et une nuits
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Le commencement du bonheur
Un projet en perpétuelle (r)évolution

La création du commencement du bonheur a connu plusieurs étapes, voire même changements de cap, à l’image de la richesse et de la complexité de la pensée de Giacomo Léopardi. A la toute première esquisse du projet, qui montrait une chambre d’enfant visitée par les différentes figures de l’illusion Léopardienne une nuit de 31 décembre, a succédé un projet de lecture, à deux voix (celle de
Jacques Nichet et de sabrina kouroughli), sur le plateau nu de la grande salle du TNT, le public partageant cet espace, assis sur des gradins, tout près. Puis la nécessité d’incarner, de théâtraliser cette illusion, cette pensée, s’est imposée, peu à peu. Oui, mais incarner à deux le chœur des morts du dialogue de Frédéric Ruysch avec ses momies relevait tout à coup de la gageure ; la troupe de l’atelier volant s’est donc tout naturellement retrouvée mêlée à l’aventure pour cette scène. Les répétitions pouvaient dès lors commencer, s’appuyant sur un principe dramaturgique simple : le dialogue du philosophe, poète, rêveur, insomniaque avec les figures de ses illusions, de ses rêves, voire de ses cauchemars (le soleil, copernic, malembrun, farfadet, l’elfe, le gnome...). L’alternance des rythmes, l’enchaînement des séquences, l’équilibre et la dynamique du spectacle ont amené à introduire un protagoniste supplémentaire, figure masculine de l’illusion. Quentin Baillot rejoignit alors l’équipe et la distribution se trouvait ainsi au complet.

Après plusieurs essais, tâtonnements, ratures, recommencements, nous avons finalement opté pour le montage suivant, regroupant sept dialogues et deux poèmes du vingtième siècle.
Le cantique du coq sauvage
… allons, mortels, réveillez-vous. Le jour renaît, la Vérité revient sur terre, les vaines images se dissipent. Levez-vous ; reprenez le fardeau de la vie ; repassez du monde fictif au monde véritable…
Copernic
La première heure, le soleil Le soleil : … parce que veux-tu que je te dise ? Je suis las de cette perpétuelle course en cercle pour éclairer Quatre pauvres animalcules vivant sur une poignée de boue si minuscule que moi-même, qui ai bonne vue, je n’arrive pas à la voir. Et cette nuit, j’ai résolu de ne pas accepter plus longtemps cette corvée…
Copernic Copernic : voilà une chose bien extraordinaire. Ou toutes les horloges se mettent à divaguer, ou le soleil devrait être déjà levé, et depuis plus d’une heure…
Copernic, la dernière heure
Copernic : elle est bien bonne ! Comme s’il était de mon ressort de faire le jour !
Copernic, le soleil
Copernic : pour commencer, quelle que soit la puissance de la philosophie, je ne suis pas certain qu’elle soit assez grande pour persuader la terre de se mettre à courir au lieu de demeurer confortablement assise et de s’éreinter au lieu de ne rien faire…
Le soleil : si ne tu ne peux la convaincre, tu emploieras la force…
Insomnie – Alvaro de Campos (Fernando Pessoa) – in. Après les grandes odes – Poésie Gallimard
Dialogue de Malembrun et Farfadet
Malembrun : rends-moi heureux un seul instant.
Farfadet : impossible.
Dialogue de la nature et d’un islandais
La nature : manifestement, tu ne comprends pas : La vie de cet univers est un perpétuel circuit de production et de destruction. Toutes sont liées pour que chacune servant continûment à l’autre conserve ainsi le monde ; car si l’une ou l’autre cessait, le monde se sésintègrerait. C’est pourquoi l’existence d’une seule chose qui ne souffre pas lui porterait atteinte…
Dialogue de Frédéric Ruysch et de ses momies
Ruysch : Diable ! Qui donc a enseigné la musique à ces morts pour qu’ils chantent à minuit comme des coqs ? […] Comme le délai est court et ne me laisse pas le temps de choisir, dites-moi, en deux mots, ce que vous avez ressenti dans votre âme et dans votre corps au moment de mourir.
Un mort : Pour ma part, ce moment-là, je ne m’en suis pas aperçu.
Les autres morts : Nous non plus.
Ruysch : comment vous ne vous en êtes pas aperçus ?
Un mort : mais pas plus que tu ne t’aperçois du moment où tu t’endors, quelque attention que tu y mettes !
Ruysch : mais s’endormir est naturel !
Un mort : et la mort ne te paraît pas naturelle ? Trouvemoi
Un homme, un animal, une plante qui ne meure pas !
Dialogue d’un elfe et d’un gnome
L’elfe : « vous les attendez vainement, ils sont tous morts », disaient le dernier vers d’une tragédie dans laquelle mouraient tous les personnages.
Le gnome : mais que veux-tu dire ?
L’elfe : mais que tous les hommes sont morts, que leur race a disparu…
Le 16 mai 1973 – Wislawa Szymborska – in. De la mort sans exagérer – Poésie Fayard
Dialogue du vendeur d’almanachs et d’un passant
Le passant : ne te rappelles-tu en particulier aucune année qui t’ait paru heureuse ?
Le vendeur : en vérité, excellence, non.
Le passant : et pourtant, la vie est une belle chose, n’est-ce pas?
Le vendeur : et comment !...
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Jacques Nichet
En 1964, alors qu’il est encore étudiant à l’Ecole Normale Supérieure, Jacques Nichet fonde une troupe universitaire : le théâtre de l’Aquarium. Six ans plus tard, l’aventure professionnelle commence. En 1972, un collectif d’une quinzaine d’artistes (parmi lesquels Jean-Louis Benoit et Didier Bezace) s’installe à La Cartoucherie de Vincennes sur l’invitation d’Ariane Mnouchkine. Ensemble, ils tentent d’y inventer un théâtre politique à la fois joyeux et expérimental, toujours à la recherche d’un nouveau langage. Au cours de cette période, et jusqu’en 1980, Jacques Nichet participe à douze réalisations, dont Marchands de ville (1972), ah q, de Jean Jourdheuil et Bernard Chartreux, d’après Lu Xun (1975), La jeune lune tient la vieille lune toute une nuit dans ses bras (1976), Correspondance (1980). Il réalise également deux films : un court-métrage – le collectionneur (1981) – et un long-métrage, la guerre des demoiselles (1983).
En 1986, le théâtre de l’aquarium continue sa route sans Jacques Nichet, qui est appelé à diriger le Centre Dramatique National Languedoc-Roussillon Montpellier. Ses spectacles continueront à être présentés à Paris, notamment grâce au concours du théâtre de la ville qui participe à de nombreuses coproductions, et aussi du Théâtre National de la Colline et du Théâtre des Gémeaux, à sceaux. Le retour dans sa région d’origine le conduit à partir en voyage de reconnaissance poétique à travers l’espace méditerranéen. Il met alors en scène des auteurs comme Federico García lorca la savetière prodigieuse (1986), Javier Tomeo monstre aimé (1988), calderon Le Magicien prodigieux (1990), Eduardo de Filippo Sik-Sik - le haut-de-forme (1990), Giovanni Macchia le silence de Molière (1992), Serge Valletti Domaine ventre (1993), Euripide Alceste (1993), ou Hanoch Levin Marchands de caoutchouc (1994). Cela ne l’empêche pas d’aller voir « ailleurs » : le rêve de d’Alembert d’après Diderot (1987) ; le Triomphe de l’Amour de Marivaux (1988) ; le Baladin du monde occidental de John Millington Synge (1989), l’Epouse injustement soupçonnée de Jean Cocteau, Sur une musique de Valérie Stéfan (inauguration du Théâtre des Abbesses à Paris, 1995) ; retour au désert de Bernard-marie koltès (création au Théâtre de La Ville, 1995) ; La tragédie du Roi Christophe d’Aimé Césaire (Festival d’Avignon, 1996). En octobre 1998, Jacques Nichet prend la direction du Théâtre National de Toulouse Midi-Pyrénées. Il y poursuit son exploration des auteurs de notre siècle, montant successivement le jour se lève, Léopold ! De serge Valletti (1998), Casimir et Caroline d’Odön von Horváth (1999), Silence complice de Daniel Keene (1999), Combat de nègre et de chiens de Bernard-Marie Koltès (Paris - Théâtre de la Ville, 2001). C’est aussi à Toulouse que Jacques Nichet crée ses premiers spectacles pour enfants : La chanson venue de la mer de Mike Kenny (1998) ; Le pont de pierres et la peau d’images de Daniel Danis (2000). Il souhaite ouvrir le théâtre aux poètes de notre temps, qu’il rassemble autour d’amateurs qui veulent apprendre par cœur leurs textes. En mai 2000, il crée la prochaine fois que je viendrai au monde, « quelques poèmes pour traverser un siècle » (Avignon 2000 et Théâtre de la Ville - Les abbesses, mai 2002). En novembre 2001, il monte pour la première fois une pièce de Shakespeare : Mesure pour Mesure, créée à Sceaux au Théâtre des Gémeaux.
Créations depuis 2003 :
Janvier 2003 - les cercueils de zinc, de Svetlana Alexievitch
Avril 2004 - Antigone de Sophocle dans une nouvelle Traduction d’Irène Bonnaud et Malika Hammou.
Janvier 2005 - l’Augmentation de Georges Perec, avec les comédiens de l’Atelier volant, création musicale d’Hervé Suhubiette.
Mai 2005 - Faut pas payer ! De Dario Fo au Théâtre National de Toulouse
Mai 2006 - le suicidé de Nicolaï Erdman Philippe Marioge, scénographe
Après un diplôme d’architecte aux beaux-arts de Paris et quatre ans de créations collectives au Théâtre de L’aquarium à la cartoucherie (1973-1976), il a réalisé 157 scénographies pour 55 créateurs dont : Gérard Maro, Didier Bezace, Jacques Nichet, François Joxe, Augusto Boal, Jean-Marie Patte, Jean Gaudin, Jacques Seiler, Louis Castel, Valère Novarina, Christine Dormoy, Bruno Abraham Kremer, Declan Donnellan, Charles Tordjman, Eric Lacascade, Jacques Falguières, Pippo Delbono…
A Toulouse, Philippe Marioge a collaboré à la création de la prochaine fois que je viendrai au monde mis en scène par Jacques Nichet en mai 2000. Il a signé les scénographies de plusieurs spectacles présentés au TNT : Le cid de Corneille mis en scène par Declan Donnellan, Platonov de Tchekhov et Les Barbares de Gorki mis en scène par Eric Lacascade, L’Amérique de Serge Kribus mis en scène par Bruno Abraham Kremer.
Pour le Festival d’Avignon 2007, Philippe Marioge a réalisé la scénographie de l’acte Inconnu de Valère Novarina.

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Sabrina Kouroughli

Après une formation au Conservatoire National d’Art Dramatique de paris, Sabrina Kouroughli travaille notamment avec Joël Jouanneau, Gérard Desarthe, Daniel Mesguich, Eric Ruf et Brigitte Jaques-Wajeman.
Elle joue ensuite sous la direction de Joël Jouanneau : J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce (nominée aux molières 2005 révélation théâtrale) et Atteintes à sa vie de Martin Crimp ; Philippe Adrien Meurtres de la princesse juive d’Armando Llamas ; Gloria Paris Filumena marturano d’Edouardo de Fillippo ; Gilberte Tsaï l egai savoir 2 ; Pauline Bureau Un songe, une Nuit d’été, d’après Shakespeare. A partir d’octobre 2007, elle joue le rôle de Margherita dans Faut pas payer ! De Dario Fo, reprise à Toulouse et en tournée du spectacle mis en scène par Jacques Nichet.

Quentin Baillot

Après une formation au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (promotion 1997), puis à l’Ecole de La Rue Blanche (ensatt), il travaille notamment avec Geneviève Rosset Cabeza de vaca de Bruno Castan au Festival d’Avignon 1994 ; Claude Yersin Mesure pour Mesure de Shakespeare ; Gilles Bouillon au Buffet de la Gare d’Angoulême de François Bon, La surprise de l’amour de Marivaux, le songe d’une nuit d’été de Shakespeare et Léonce Et Léna de Georg Büchner. Il joue le Duc de Guise dans Massacre A Paris de Christopher Marlowe mis en scène par Guillaume Delaveau au théâtre national de Toulouse (création mars 2007, tournée). Au cinéma, il tourne notamment avec Francis Palluau Bienvenue chez les rozes ; Claude Zidi la boîte ; Nicole Garcia Le fils préféré.

Amélie Denarié, Anaïs Durin, Nina Kayser, Julie Kerbage, Sarah Laulan, Julie Menut, Magali Moreau Et Delphine Ory Comédiennes

Elles ont rejoint la promotion 2006 de l’Atelier volant du TNT. Dans ce cadre, elles ont joué Un ange passe, fantaisie théâtrale et musicale de Marie-Christine Orry & Anne Fischer, et oh oui oh la la !, un concert spectacle conçu et mis en scène par Richard Dubelski. L’atelier volant est un dispositif de formation original, conçu sur le mode de l’insertion professionnelle, associant un programme de formation intensif et une intégration aux processus de production artistique du Théâtre National de Toulouse. Cette formation se veut ouverte. Plus que dans la transmission d’un savoir constitué, elle s’inscrit dans une démarche de recherche et de création.

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lien internet
Jacques Nichet et le TNT.
site
Giacomo Leopardi.
Site en italien consacré à l'oeuvre et les publications.
L'association Maman à Paris permet aux Parents et aux enfants de la région parisienne de dialoguer et de se rencontrer.
site
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