PATRICK SÜSKIND

NATASCHA RUDOLF
 
8 > 28 MARS 2010
du lundi au samedi à 20h30, dimanche à 15h30, relâche les mercredis et jeudis
Salle Christian Bourgois
Texte de Patrick Süskind
Traduction Bernard Lortholary, Editions Fayard

Mise en scène Natascha Rudolf

Musique et jeu Hubertus Biermann

Scénographie, Lumières Luc Jenny
Son Stéphhane Seddoh


Coproduction Ligne 9 théâtre, Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines/scène nationale

Avec le soutien de la MC93 Bobigny et de l'EPCC Château de La Roche-Guyon

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Informations utiles
Durée du spectacle 1h40
Pour réserver ce spectacle :
Réservation en ligne MC93
Billetterie en ligne de la Fnac
Par téléphone : 01 41 60 72 72
du lundi au samedi de 11h à 19h
Pour les relais : 01 41 60 72 78
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La fiche spectacle
Le dossier de presse
Le plan d'accès
Pour en savoir plus : contacts
MC93 Bogigny
1, bd Lénine
93000 Bobigny
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© Dan Aucante
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Autour du spectacle
A lire ou relire
tiret Parick Süskind
La Contrebasse, traduction de Bernard Lortholary, Editions Fayard ou Livre de Poche
Le Pigeon
Le parfum
RENCONTRE / LECTURE
tiret avec l’équipe artistique de La Contrebasse, Natascha Rudolf et Hubertus Biermann.
Samedi 13 mars 2010
de 11 h à 13 h
Bibliothèque François Mitterrand, 46 avenue Jean Jaurès, Le Pré-Saint-Gervais
Entrée libre sur réservation
01 48 44 69 96
   
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Elle occupe presque toute la scène cette contrebasse comme elle occupe toute la vie du musicien qui partage sa vie avec elle. Musicien permanent de l’orchestre d’État, quasifonctionnaire au fond de la fosse, installé à vie au troisième pupitre, qui voue à son instrument et à la musique en général une passion faite d’autant d’amour que de haine.
Maniant l’auto-ironie et la dérision, creusant son désespoir au-delà de toute raison, il nous entraîne dans les dédales de ses obsessions, de son ambition frustrée, de sa solitude, de son impuissance à séduire. S’alcoolisant lentement au fur et à mesure de sa logorrhée, il se révèle et nous trouble, laissant apparaître tout ce qui peut faire de lui notre frère en souffrance. Le comédien Hubertus Biermann, contrebassiste de formation, livre avec une grande intensité ce parcours exubérant qui nous fait voyager sans cesse du rire à l’émotion, tout à la fois séducteur à la voix douce et humaine vociférant son désespoir, chantant et jouant de cet instrument dans des improvisations qui nous mènent au coeur de la musique, de cette musique qui le libère et nous fait rêver. Ce petit homme dans un petit espace qui aimerait tant devenir un grand homme dans l’univers de la musique, ce contrebassiste lucide et désespéré pourrait être un personnage shakespearien, un de ces « fous » géniaux qui nous font comprendre le fonctionnement du monde et de ses hiérarchies sociales en nous amusant désespérément.
Jean-François Perrier
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NOTES DE LECTURE
La Contrebasse, un phénomène théâtral
Ce texte a plus de 25 ans. À l’origine, c’était une pièce radiophonique, et Patrick Süskind était encore un auteur complètement inconnu. Le texte a été traduit dans une vingtaine de langues.
Un public énorme, d’innombrables lecteurs ont fait de ce texte un véritable phénomène, attirant des interprètes très divers, des acteurs vedettes et des anonymes, des scènes d’Etat et des scènes privées, des institutions comme des jeunes compagnies.
Un théâtre populaire
Ce mono-drame a comme héros un homme moyen, un contrebassiste anonyme, une sorte « d’ouvrier spécialisé » de l’orchestre classique. Seul dans sa chambre, avec son instrument, ses rêves brisés, son désespoir, sa mauvaise foi, son petit alcoolisme, ce « quelqu'un » - comme dit l’auteur - parle, en attendant qu’il soit l’heure d’aller au travail. Il s’empêtre dans ses pensées, se dévoile, se met à nu, s’effondre, cherche à se relever.
La Contrebasse est un exemple magnifique - et rarissime - de théâtre contemporain devenu populaire : un texte noir, douloureux, à l’humour grinçant et qui reste pourtant accessible au plus grand nombre. Car il y est question à la fois de l’intime et du collectif, d’un être humain, dans ses grandeurs et ses petitesses, aux prises avec la machinerie sociale - ici représentée par l’orchestre classique, corps hiérarchisé par excellence.
Au travers de toute une réflexion sur l’histoire de la musique classique, sur le fonctionnement cloisonné de l’orchestre, au travers de son amour pour une chanteuse d’opéra qu’il n’atteindra
jamais, il y a du tragique et de la lutte des classes qui s’expriment dans ce texte.
Ce n’est donc sans doute pas seulement le ton, certes souvent drôle, du texte qui en a fait le succès, mais bien cette reconnaissance profondément intime qu’éprouve le public à l’écoute de ce monologue, car c’est une expérience existentielle inhérente à l’humain qui, ici, prend corps.
Natascha Rudolf
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LES OPTIONS DE MISE EN SCENE
Ce qui nous intéresse ici, c’est le dit - il est amplement présent dans ce texte complexe et tortueux - mais surtout le non-dit abyssal, le « dit autrement » par des vecteurs tels que, la musique, le corps, les relations à l’instrument, à l’espace étriqué de la chambre, au monde extérieur.
La question de l’adresse
La Contrebasse est un texte clairement adressé. À qui parle cet homme ?
La première réponse, évidente, est qu’il parle au public, tel un artiste de cabaret, dans une sorte de conférence sur l’histoire de la contrebasse, conférence qui déraperait très vite. Ou encore, qu’il est fou, parlant aux murs, à un « vous » imaginaire…
Nous pensons plutôt à l’animal de zoo, à l’image du gorille en cage… Le gorille nous voit l’observer. C’est nous qui sommes venus le voir, mais c’est lui qui est chez lui. Il est dans son temps, dans son espace. Il nous tolère, il nous regarde parfois, mais le plus souvent, il nous ignore et fait ce qu’il a à faire, nous rendant ainsi voyeurs parfois, de choses très intimes. À d’autres moments pourtant, il intègre notre présence, réagissant à un bruit, s’arrêtant net pour nous observer et parfois même, il va jusqu’à faire quelque chose « pour » nous. Quelque chose de touchant, de troublant ou de provocant, quelque chose qui est déclenché par notre présence dans son espace. Il fait ce qu'il lui est nécessaire de faire, librement, en suivant sa logique organique.
Un texte « redoutable » à dire
Ce texte propose un univers mental : l’action, c’est la pensée tortueuse d’un homme confiné dans sa chambre et dans sa tête. On y entend le malheur, les défenses, la mauvaise foi, les constructions mentales névrotiques du discours… Malgré tout, il nous entraîne inexorablement vers ce qui est tu, et cette accumulation de mots raconte paradoxalement la difficulté de dire. Nous souhaitons faire entendre cette difficulté du dire.
Le phrasé du texte
À certains endroits, nous laissons flotter ce texte pour contrer un peu sa redoutable mécanique en l’émaillant de silences et d’ellipses. À d’autres moments, au contraire, il est nécessaire de faire entendre la pensée nécrosée qui ressasse et tourne en rond. Ailleurs nous abordons des pensées qui coupent le souffle, ouvrent des gouffres, font naître un cri ou un silence béant.
La relation entre la musique et les mots
Nous voulons explorer par les mots, les silences et les sons, la teneur de la relation du personnage à son instrument, cette relation, faite d’amour, de haine et de musique.
Les « mots » et la « musique », peuvent se contredirent parfois totalement. Le personnage peut fustiger sa basse et en jouer aussitôt avec passion, rage ou grande douceur, dans un moment de total abandon. Il peut, lui qui prétend haïr son instrument - mais nous pensons qu’il l’aime aussi - toucher cette utopie qu’est le son libéré de toute référence, de toute contrainte et que cet instrument « archaïque » s’envole, et lui avec.
Et puis il y a la présence du chant : deux Lieder de Schubert, une rengaine d’amour de jeunesse, des sons modulés... La musique est notre partenaire de jeu. Elle permet d’exprimer l’indicible, de faire des diversions, de se ressaisir, de se réfugier, de se perdre encore plus…
Natascha Rudolf
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Natascha Rudolf
Franco-allemande de la Sarre, elle fait des études d’allemand et de théâtre : formation de comédienne à l’Ecole Florent, licence d’Allemand et licence d’Etudes Théâtrales à l’Université Paris III.
Comédienne pendant huit ans, elle travaille avec de jeunes compagnies, en France et en Allemagne.
Après une expérience hors les murs avec des enfants en difficulté, elle décide de pratiquer le théâtre autrement et d’en faire un outil de partage et de rencontre pour aller vers des personnes qui ne pousseront jamais la porte d’un théâtre. Elle devient art-thérapeute diplômée de la faculté de Médecine - Paris V.
Depuis, elle travaille à la fois comme metteur en scène et comme art-thérapeute.
En 2001, elle crée la Compagnie Ligne 9 Théâtre, à Montreuil-sous-Bois.
En 2009/2010, elle est artiste associée à la MC93 et intervient à ce titre au Lycée Louise Michel de Bobigny.
Elle met en scène des textes d’auteurs : Pâques d'August Strindberg, Kroum, l’ectoplasme d’Hanokh Levin, mais souvent ses spectacles sont des créations originales à partir de matériaux divers. Ainsi elle a monté De l’eau ! d’après des textes de Tchekhov; Lambeaux – Lumpen, d’après des textes de Brecht et des témoignages de clochards; À l’Ouest, une création sur la folie d’après Albert Londres, Charcot et des observations personnelles, notées lors d’un stage de six mois en hôpital psychiatrique ; La vie est facile, d’après des nouvelles de Rosa Liksom.
Natascha Rudolf travaille également avec des publics, des institutions et des associations diverses.
Elle a créé deux spectacles avec un groupe de femmes françaises et migrantes du Secours Populaire de Morsang-sur-Orge (91):
La maison de Bernarda Alba de Federico Garcia Lorca. Ce spectacle créé en 2007-2008 et s'inscrivant dans la lutte contre l'illettrisme, a été joué une dizaine de fois. Cette expérience a été relaté lors de la table ronde "Spectacle vivant, éducation populaire et société" du Festival In d'Avignon 2008 et est le sujet du documentaire de Laurent Cibien, La vie plus douce, qui est sorti en DVD en 2009.
Le premier spectacle, Mes pieds sur la montagne, qu’est-ce que c’est froid, a été créé en 2000-2001.
Elle dirige aussi des ateliers thérapeutiques autour de la mémoire du geste et des mémoires sensorielles, avec des personnes âgées souffrant de la maladie d’Alzheimer, dans une maison de retraite.
Dans le passé, elle a travaillé avec des enfants et adolescents en grandes difficultés scolaire et comportementale, dans le cadre des classes spécialisées de l’Education Nationale et aussi avec des adultes percevant le RMI, dans le cadre d’une formation financée par le Conseil Général de la Seine Saint-Denis.
Elle a également mené des ateliers en direction d’adultes handicapés mentaux, dans un CAT, et des adultes psychotiques, dans un hôpital psychiatrique.
En tant que formatrice, Natascha Rudolf intervient auprès d'acteurs amateurs, semi-professionnels et professionnels.
Pendant quatre années, elle a également dirigé des journées de formation questionnant le corps émotif dans le geste pictural aux Beaux Arts de Beauvais (60).
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Patrick Süskind est né à Ambach, près de Munich. Après des études d’Histoire et de Littérature à Munich et Aix-en-Provence, il devient scénariste pour la télévision.
C’est à partir du milieu des années 80, avec La Contrebasse, et surtout avec Le Parfum, ses deux premiers textes publiés, qu’il devient un auteur mondialement connu.
Patrick Süskind publie ensuite Le Pigeon, ainsi que des nouvelles L’Histoire de Monsieur Sommer, Un combat et autres récits. Son dernier ouvrage Sur l’amour et la mort est publié en 2006, après dix ans de silence.
Patrick Süskind n’est donc pas un auteur prolixe, en tout et pour tout six livres, tous traduits en français. En 1986, il refusa le prix du Meilleur Premier roman décerné par le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Volontairement absent de la sphère médiatique, Patrick Süskind se refuse à tout commentaire sur son œuvre et à toute interview. Solitaire et misanthrope comme ses personnages ? Peut-être tout simplement modeste et timide…
HUBERTUS BIERMANN
Il vit depuis 30 ans à Paris. Allemand de la Ruhr, famille d’ouvriers sans histoires. Il évite l’usine. Jusqu’au bac, il joue dans des groupes de rock et dans l’harmonie municipale que dirige son père. Il découvre la contrebasse à 18 ans, puis entreprend des études de philosophie. Première rencontre avec les musiques improvisées, avant de faire des études de musique (contrebasse, composition).
Contrebassiste dans diverses formations de jazz, de musique contemporaine ou improvisée, compositeur pour le film, la radio. Longtemps pas intéressé par le théâtre. Pourtant, à Francfort, il se compose pour lui et sa contrebasse un solo de gestes sans un son musical.
Il découvre le théâtre en France au début des années 80 comme compositeur et musicien.
Avant d’aborder, en tant qu’acteur, des pièces du répertoire, il a travaillé à la marge du théâtre, là où il rencontre d’autres arts - la poésie, la littérature, la danse, surtout avec Xavier Marchand avec lequel il a travaillé sur les univers de Gertrude Stein, Kurt Schwitters, Sergueï Paradjanov ou Dylan Thomas.
Au théâtre, il a travaillé notamment sous la direction de Bernard Bloch, Jean-Paul Wenzel, Jean-Marie Patte, Christophe Huysman, André Engel, Daniel Jeanneteau, Alain Ollivier, Stéphane Olry, Patrick Sommier, Noël Casale.
En danse avec Fabienne Compet, Olivia Grandville, Alain Michard, Loïc Touzé, à la radio avec René Farabet (à L’ACR), Michel Sidoroff, Kate Mortley.
Récemment, il a joué dans Un voyage d’hiver de Stéphane Olry et Corine Miret et dans Candide de Yves Laplace, mise en scène par Hervé Loichemol.
 
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Le 2 avril 2010 : Le Parvis, scène Nationale de Tarbes

Du 9 au 16 avril 2010
Théâtre Les Bambous, Saint Benoît de la Réunion

Le 4 mai 2010
Théâtre musical de Besançon
Les 17 et 18 mai 2010
Festival Musique action de Vandœuvre-les-Nancy
 
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