mc93

LA MC93 MENACEE

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  Claude-Olivier Stern
(directeur de la préfiguration de la maison de la Culture de la Seine Saint-Denis de 1973 à 1980, directeur de la MC93 de 1980 à 1985)
L'ouverture de la MC93, en mars 1980, était l'aboutissement de deux décennies de travail artistique et de combats menés par tous ceux qui ont participé à cette longue préfiguration avec le soutien des élus des collectivités locales du département. Et, les bâtiments étant enfin sortis de terre et inaugurés, il fallut immédiatement reprendre la lutte pour obtenir les moyens nécessaires à leur fonctionnement. Certains se souviennent sans doute que nous sommes restés portes closes un certain temps, un panneau sur la façade précisant que le ministère de la Culture refusant de tenir ses engagements, il n'était pas possible d'ouvrir au public... Certes, nous avons fini par obtenir gain de cause ; mais, au fil des années et des directions successives, il n'a jamais été possible de baisser la garde. Ce qui n'a pas empêché la MC93 de s'affirmer comme une des scènes les plus importantes du paysage artistique européen.

En cela, l'histoire de la MC93 n'est pas différente de celle de toutes les structures culturelles, grandes ou petites. Depuis toujours, dès lors que le travail de création et l'invention de formes nouvelles, l'action artistique, la volonté de favoriser toujours plus la rencontre entre les œuvres et le public le plus large, dérangent, interrogent, contestent, raillent voire dénoncent le monde tel qu'il est, ceux qui refusent le mouvement de la vie et nient l'importance de l'utopie créatrice, légifèrent ou inventent des artifices pour dresser des barrières devant les lieux où s'invente l'art de notre temps.

Ce n'est pas seulement une OPA, mais un véritable hold-up dont la ministre de la Culture a confié la mise en œuvre à ses sbires (à partir d'une proposition de l'administratrice de la Comédie-Française, Muriel Mayette, que cette initiative n'honore pas !). Les directeurs de théâtres nationaux n'ont, récemment, que très faiblement protesté contre la stagnation de leurs subventions, mais aucun n'a eu l'idée saugrenue de résoudre ses problèmes en organisant un raid pour coloniser une salle réputée de la banlieue. Il est vrai que la Comédie Française n'en est pas à son coup d'essai puisqu'elle a déjà tenté une décentralisation lamentable à Gennevilliers.

Il me semble que l'heure n'est pas à la négociation mais à l'affirmation d'un refus catégorique de ce type de "solution" et, surtout, de la méthode qui montre le mépris dans lequel ce système tient les artistes et les professionnels. Certes, le temps n'est plus où un écart de langage d'un ministre (nous reprochant de brandir alternativement "la sébile et le cocktail Molotov") mettait, deux jours après, toute la profession dans la rue, ce qui obligeait Maurice Druon à la démission. Cependant, il est temps que chacun prenne conscience de l'inanité du repli sur soi et de l'individualisme, dans le domaine de la défense d'une profession menacée.

Il faut, aujourd'hui que chaque fois que ce ministère mène une attaque contre un lieu de création, une équipe artistique, une structure culturelle, quelle que soit la taille de cette entreprise, le directeur et ses collaborateurs trouvent à leurs côtés -- engagés dans le refus et la résistance -- l'ensemble des artistes de toutes disciplines ainsi que les professionnels des corps de métiers intervenants dans la réalisation et la diffusion des œuvres. Sans cette mobilisation (dont chacun sait qu'elle est extrêmement difficile, ce qui n'empêche pas de commencer à l'organiser), les mauvais coups continueront et il n'y aura bientôt plus rien à défendre.

C'est pour cette raison (et aussi, bien sûr, parce que sept années de préfiguration et cinq années de direction de la MC 93 ont été une des périodes les plus passionnantes de ma vie professionnelle), que j'ai pensé utile de rompre le silence tranquille et la réserve de la retraite en assurant Patrick Sommier et son équipe de tout mon soutien.
Le 6 octobre 2008
   
 

SYNDEAC : COMMUNIQUÉ : AFFAIRE BOBIGNY
Madame Muriel Mayette, administratrice de la Comédie Française, souhaite depuis quelque temps résoudre deux problèmes pour son projet artistique et culturel : d'une part l'intervention de sa troupe dans la banlieue, et d'autre part l'utilisation d'une grande salle bien équipée pour prolonger ses spectacles, voire inviter des troupes internationales.
Après plusieurs essais infructueux et pour répondre à cette demande récurrente, le ministère de la Culture a organisé le jeudi 25 septembre, à Bobigny, une réunion à laquelle participaient : le directeur
de la DMDTS, des représentants de la ville de Bobigny, du Conseil Général de Seine Saint-Denis et Madame Mayette.
Objet de la rencontre : valider si le projet de l'administratrice, soutenu par le Ministère, trouvait l'assentiment des tutelles locales, puisqu'après réflexion le bâtiment choisi était celui de la Maison de
la Culture de Bobigny, dite MC93. Mais, problème déontologique majeur, le directeur de celle-ci, Patrick Sommier, porteur lui aussi d'un projet artistique et culturel de premier plan depuis novembre
2000 n'avait pas été invité à cette réunion, et avait été totalement mis à l'écart des discussions préalables.
Le conseil national du SYNDEAC s'insurge contre cette pratique nouvelle et brutale :
- L'Etat et les Collectivités territoriales ne peuvent refuser d'associer les artistes et/ou les responsables artistiques à la réflexion sur le devenir des établissements et de leurs missions ;
- Les concentrations d'établissements ne peuvent pas se décréter sur fond de libéralisme, de populisme et de conservatisme au détriment des projets les plus novateurs et des productions des compagnies indépendantes ;
- Les tutelles ne peuvent pas rayer d'un trait de plume une histoire, un sens, le travail considérable d'une équipe et des artistes.
Aussi le conseil national du SYNDEAC demande aux représentants de l'Etat et des Collectivités locales :
- D'annuler toute annonce qui entérinerait le nouveau processus enclenché ;
- De conforter la MC93 et le projet artistique, culturel de son directeur et de son équipe ;
- De respecter l'autonomie des directeurs de structures quelle que soit leur taille;
- De prendre en compte que tout projet entre la MC93 et la Comédie Française doit s'accomplir dans le respect de l'identité et de l'indépendance de la maison de la Culture.
Le ministère de la Culture appelle régulièrement les organisations professionnelles au dialogue.
La réforme qu’il présente aujourd’hui à Bobigny est effectuée de façon brutale et unilatérale. Comment sur la foi de cet événement, les organisations professionnelles peuvent elles encore accorder du crédit aux Entretiens de Valois?
Le conseil national du SYNDEAC
Le 6 octobre 2008

   
  Bernard Piffaretti, artiste peintre, enseignant à l’ENSBA de Paris
Françoise Parraud, graphiste
Il paraît que la MC93 devient la Comédie-Française. Bien. Il paraît que c’est pour le bonheur des masses laborieuses de la ville de Bobigny qui n’ont pas la chance, les pauvres, d’habiter dans Paris et de pouvoir ainsi aller au Français tous les soirs. C’est louable. J’en remercie la ministre, Mme Mayette, Mme la maire et tous les acteurs de cette si amicale combine. Nous trouvons la méthode un peu surprenante tout de même : pourquoi avoir caché depuis certainement des mois cette transaction (il s’agit tout de même de supprimer un théâtre pour l’offrir à un autre qui a déjà 3 lieux dans Paris – ah j’oubliais c’est pour le bien des classes laborieuses), comment est-il seulement envisageable pour un ministre de la culture de considérer qu’un théâtre n’est qu’une enveloppe « technique », un « lieu » où l’équipe, les relais, les partenaires, les abonnés, les spectateurs n’ont aucune espèce d’importance ; comme si « aller au théâtre » se résumait à « acheter une place de théâtre, n’importe laquelle » et non se sentir faire partie d’un groupe de gens passionnés et attentifs, partageant des émotions et avides de découvertes, assumant de s’ennuyer un jour pour jubiler le lendemain. Nous pensons à Christian Bourgois, disparu depuis si peu de temps et pourtant déjà si loin, un rempart disparu de plus contre la bêtise et les petites vues politiciennes ; je pense aux beaux discours officiels larmoyants lors de son enterrement et j’en ai honte. Je pense à Bernard Birsinger, l’ancien maire de Bobigny – aurait-il si facilement cédé ? J’en doute. La sensibilité artistique n’est pas donnée à tous… Nous ne sommes pas dupes : la MC93 est un beau jouet dans le vivier du ministère de la culture qui en dispose comme il l’entend, au mépris de la démocratie (sinon pourquoi tant d’opacité) en utilisant le mensonge, les lieux communs de la bien-pensance actuelle avec la « banlieue » en étendard (apportons la vraie culture aux malheureux) pour faire passer de misérables manœuvres politiciennes et budgétaires.
Il paraît que la marque « Comédie-Française » à Bobigny sera l’équivalent culturel du Stade de France à Saint-Denis. En dehors de la stupidité de la comparaison, c’est assez clairvoyant : quoi de plus « banlieue » que le fétichisme de la marque. Après Nike, les faux Chanel, Gucci et toute la cohorte des labels blingbling voici « la Comédie-Française ».   
 A Patrick, Valérie, et toute l’équipe de la MC93 qui travaillent à notre « bonheur », avec notre total soutien
Le 6 octobre 2008
   
  Yvon Tranchant
Ahurissant… Les mots ne sont pas assez forts pour évoquer ce hold-up. La Scène Nationale soutient bien évidemment Patrick Sommier et son équipe dans le maintien et la reconnaissance du travail exceptionnel engagé à Bobigny. Et si nous pouvons faire quelque chose en Région Languedoc Roussillon, nous sommes parti prenante.
Solidairement vôtre.
Le 6 octobre 2008
   
 

HERVE BRAMYancien Président du CG93, Conseiller Général de Seine-Saint-Denis
En tant qu’ancien président du CG93 et élu local du département, je veux dire ma grande  inquiétude devant les manœuvres en cours dirigées contre la MC93, et mon opposition résolue à toute mise en cause du projet artistique dont elle est porteuse.
La MC93, c’est trente ans de luttes de ce département pour unir  - « par le haut », sans démagogie et à l’encontre de tout mépris « populiste » - dans une même visée le travail, la vie et l’épanouissement culturel  de chacun ; c’est un bilan artistique exceptionnel qui place l’établissement à l’égal de ce qui se fait de mieux en Europe et en France ; c’est une saison en cours qui s’annonce passionnante ; c’est à coté de spectacles de haute tenue un méticuleux travail de terrain pour associer au travail accompli la population locale, les chômeurs,  les scolaires ; c’est  le vivant symbole du « 9-3 » département innovant, ingénieux, créatif, dynamique, jeune  qui m’est cher et dont je suis fier. Cela ne peut être interrompu, cela doit être encouragé, et je veux dire mon soutien  total en ce sens à Patrick Sommier, directeur de la MC93.
La MC93, c’est aussi une bataille constante contre l’asphyxie financière : l’Etat ne faisant pas ce qu’il faut, quand le CG93 , en dépit de difficultés budgétaires notoires, a tenu bon jusqu’alors – et je souhaite que cela continue – dans un soutien indéfectible, courageux et déterminé.
Aujourd’hui, on annonce une venue possible de la Comédie Française à Bobigny. S’il s’agit d’une coopération à construire venant « à coté » et de surcroît, j’y suis favorable, dès lors qu’on s’en remet pour la concevoir aux artistes ( mais le directeur de la MC93 est tenu à l’écart !) et aux tutelles – et notamment à l’Etat – pour décider des excédents budgétaires qui lui correspondent.
Je m’y oppose catégoriquement si c’est au détriment du théâtre qui existe déjà dans la ville et du projet artistique ambitieux qu’il y fait vivre et qui rayonne dans tout le département et au-delà.
J’ajoute qu’il faut en finir avec le mépris hautain à l’encontre de la Seine Saint Denis et ses habitants, qui vise à faire croire qu’il faudrait en quelque sorte lui trouver « un sauveur suprême » venu de l’extérieur, et notamment de Paris ! Et puisque l’on imagine, avec la Comédie Française, de faire venir à Bobigny des compagnies européennes – ce qui s’y produit déjà avec succès aujourd’hui -, je ne vois pas pourquoi on ne se pose pas le problème dans l’autre sens : à quand des spectacles de prestige  programmés aujourd’hui  à  Bobigny donnés également dans la salle Richelieu du « Français » ?

   
  Richard Coconnier
Ce qui se trame là est, bien sûr, tout à fait inacceptable. Il faut donc le dire et le répéter : on ne dispose pas ainsi, dans le secret des cabinets, d’un théâtre, de son équipe, de son public ou de son histoire. La manœuvre est humiliante dans la forme, et procède d’une logique pseudo-rationnalisatrice que l’on avait vu à l’œuvre dans d’autres secteurs, mais pas encore dans le théâtre.
Ce que nous avons vu, au fil des années, ce que nous voyons à la MC 93 transforme notre regard et notre rapport au monde et ce n’est jamais sans émotion que l’on se prépare au rituel du voyage à Bobigny ; cela vaut, je l’ai constaté à de nombreuses reprises, pour toutes les générations. Il n’est pas si fréquent qu’un théâtre interpelle aussi puissamment ses spectateurs. Nous le devons à l’inlassable travail de Patrick Sommier et de son équipe ; dans toute l’Europe, dans le monde, des dizaines d’artistes savent ce qu’ils leur doivent, tout comme nous savons ce que nous leur devons. Ce lieu exprime, mieux qu’aucun autre, les tensions de notre monde, il ne doit pas disparaître.
Le 6 octobre 2008
 
  Mariano Gilardon, abonne
Nous perdrons beaucoup sans la MC93 telle qu'elle est aujourd'hui, le seul endroit où nous pouvons nous connecter à Paris avec le théâtre du monde. Vous êtes une référence de modernité, d’innovation, de diversité, de courage. J'ai appris et je continue à apprendre énormément sur la vie à la MC93 - tout mon soutien inconditionnel.
Amicalement,
Le 6 octobre 2008
   
  Lazare Boghossian
Une douleur peut en cacher une autre.
Ce n’est pas mon invention mais une description tristement lumineuse de Primo Levi qui inspire cet intitulé.
Il évoque une douleur, peut être l’infection d’une ampoule à l’orteil, qui cache celle provoquée par le froid au fond de la poitrine ou quelque trouble gastrique.
On pense à fermer la MC 93 de Bobigny.
Quelle idée !
Mais ça ne va donc pas très bien quelque part dans les hautes sphères du pouvoir.
Cela ne toucherait que quelques artistes et un public minoritaire, pense-t-on ?
“ Les autres“, population majoritaire, s’en moquent-ils ?
-Foutaises !
 C’est un organe arraché à un corps social tout entier.
Non pas seulement le public exigent de la MC 93 mais le tissu social dans son entité est touché et les dommages finiront par faire surface.
Une douleur générale surgira derrière celle des premiers concernés : les amateurs de ce théâtre de haute voltige, et touchera aussi, par voie de conséquences, ceux qui ne sont, à priori pas concernés par cette perte.
C’est une autre analyse d’un pédopsychiatre qui démontrait qu’en défendant les sans papiers, l’on se défendait sois même en tant que partie du même corps social agressé.
L’idée est très subtile et s’applique à la lettre à la situation de la MC 93.
S’insurger contre cette décision irresponsable n’est pas seulement défendre notre profession.
C’est beaucoup plus.
Le 6 octobre 2008
   
 

Marc Lacreuse
Je soutiens la MC93 menacée .
Ce qui se tente depuis des années dans cette Maison de la Culture entremêle avec obstination et courage créations internationales contemporaines , ré-interrogations du patrimoine théatral mondial , ouvertures et droit de cité accordé aux métissages artistiques les plus divers ...
J'y vois un de ces rares espaces de liberté où s'invente cette " poétique de la Relation " chère à Edouard Glissant, alors que les marchandises culturelles stéréotypées déploient leurs invasions programmées ...
Un tel projet artistique et culturel est suffisamment rare et précieux pour rendre la tentative actuelle non seulement très inquiétante, mais également inqualifiable, si elle s'avérait fondée, en terme de responsabilité publique nationale ...
La procédure mise en oeuvre relève d'une véritable caporalisation de l'espace public .
Comment imaginer qu'un pouvoir républicain puisse envisager de maltraiter ainsi une relation pionnière - construite bien souvent contre vents et marées - avec ce territoire dont une certaine "histoire" ne voulait lui accorder que la marge et la mise au ban ?
J'y verrais un bien triste présage pour l'avenir de toute politique culturelle.
Et cela nous concerne toutes et tous.
Le 6 octobre 2008

   
  Francis Marmande
MAIS
Ce projet n’aura pas de suite. Pourquoi ? Pour une raison simple qui tient en trois points :

1/ Il est extrêmement facile à mettre en œuvre (contrairement au pouvoir d’achat, à la croissance entre les dents et autres missions impossibles).

2/ Il va faire l’unanimité de la droite de droite et de la droite de gauche, ce qui fait beaucoup, si l’on y réfléchit bien; quant au “symbole”, c’est tout vu.

3/ Mais, mais il y a un mais : il peut très promptement apparaître pour ce qu’il est, une nouvelle affaire Langlois.

Donc, ce n’est qu’un combat, continuons le début !
Le 6 octobre 2008
   
  Buquet Philippe Directeur de l’Espace des arts-scène nationale de Chalon-sur-Saône
Soutien la MC 93 dans ses missions historiques et non comme une annexe de quelque  autre institution.
Le 6 octobre 2008
   
 

Henri Vart.
J'ai été alerté de votre combat en lisant le "Monde. Je tiens en tant
qu'humble spectateur et président de l'association "La maison Samuel Beckett" à Roussillon en Vaucluse a vous apporter mon soutien. Que veulent ces institutions autocratiques? Que Pagnol soit jouer dans des lieux d'exigence tel que le votre! Comme le dit si bien Jean-Luc Lagarce: "Préservons les lieux de la création, les lieux du luxe de la pensée,les lieux de l'invention de ce qui n'existe pas encore, les lieux de l'interrogation d'hier, les lieux du questionnement. Ils sont notre belle propriété, nos maisons, à tous et à chacun. Les impressionnants bätiments de la certitude définitives, nous n'en manquons pas, cessons d'en construire."
Le 6 octobre 2008

   
  Pascale Wei-Guinot
Hier, dimanche après-midi, salle comble et enthousiasmée par la mise en
scène de David Bösch de WOYZECK (en allemand surtitrée).
Qui accueille ce spectacle de grande qualité ? La MC 93.
La Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis n’est pas un vieux bâtiment
en friche attendant d’être réhabilité par une quelconque institution.. si
prestigieuse soit-elle.
La MC 93 est vivante et bien vivante !
C’est de soutien sans cesse renouvelé dont la Maison de la Culture a besoin !
On ne va tout de même pas rentrer dans une logique de destruction de ce qui est beau et fait du bien à l’âme !
… Vers quel système est-on en train de s’acheminer dans ce pays ?
Je n’ose employer aucun des mots qui me viennent à l’esprit pour le qualifier tellement ils me semblent tout droit sortis d’un très mauvais rêve.
Tenons bon. Il ne faut pas laisser la brèche s’ouvrir !
Tout mon soutien et toutes mes amitiés à Patrick Sommier ainsi qu’à l’ensemble
de son équipe.
Lundi 6 octobre
 
  Anne Laurent Direction scientifique, Programme Cherche-Midi
FONDATION  MAISON DES SCIENCES DE L'HOMME

Cher Patrick Sommier, et toute l'équipe,
Il y a bien longtemps que je ne suis plus venue à Bobigny, j'ai changé de vie. 
Mais la MC93 a été un des plus jolis lieux de soirées que j'aie vécus pendant 25 ans.
On est estomaqué, on se dit, "Tiens voilà autre chose", car chaque jour il y en a une nouvelle.
Hélas, je ne crois pas du tout, comme Ariane, que ce soit une mauvaise blague, ou un malentendu : ce sont les égouts qui surgissent de dessous la ville, le retour du refoulé, la pourriture qui fermentait qui gicle. 
C'est la "crise" qui travaille notre monde entier, par tous les bouts, et dont je ne crois pas, cette fois, qu'elle fonctionne comme une contradiction fertile, en tous cas avant longtemps.
Ce n'est pas une raison pour ne pas lutter, évidemment. Mais que faire, quand il n'y a pas de vent, et pas de courant ? Pagayer dans sa pirogue ?
En tous cas, sûrement, ne jamais désespérer et rester groupé.
Lundi 6 octobre
 

 

  Bernard Fleury, directeur du théâtre Le-Maillon (Strasbourg).
Cher Patrick,
 Il y a trente ans (serait-ce un anniversaire ?), la Comédie Française tentait une OPA sur le Théâtre de l’Odéon. A l’initiative de Jack Lang, la mobilisation d’artistes et de gens de théâtre (Antoine Vitez, Robert Abirached, Robert Hossein même, je crois…) contre cette incroyable initiative bloquait le projet. Et la Comédie Française hérita, en compensation, du théâtre du Vieux Colombier. En serions-nous revenus mentalement à cette époque, pour que se renouvelle une telle absurdité ? Car c’est bien d’une absurdité dont il est ici question :
 -        même si la Comédie Française « récupérait » la MC 93, quel en serait le coût ? Si la MC 93 rencontre des difficultés financières depuis quelques années (comme bien d’autres théâtres qui osent réellement dans leur programmation), c’est bien en raison des restrictions budgétaires imposées, des retraits successifs, de l’isolement social et médiatique dans lequel le théâtre contemporain est de plus en plus enfermé. Alors on donnerait plus volontiers à l’un ce qu’on refuse à l’autre, au nom de la renommée acquise par la Maison de Molière (là au moins, c’est du sûr), quitte à doubler ou tripler la mise. Mais une fois dans les murs, croit-on que la Comédie française, dans le particularisme de son fonctionnement interne, coûterait moins cher que la MC 93, dans son statut actuel de Scène Nationale ?
-        Scène Nationale justement, le mot est avancé. André Malraux risque de se retourner dans sa tombe à cette incroyable nouvelle, lui qui fonda les maisons de la Culture et initia en France la Décentralisation artistique. Ce retour à la « tradition » (dans ce terme figure une des nobles fonctions de la Comédie Française), se conjugue aussi à celui d’un retour à la centralisation (quand la France a peur, en effet, elle centralise…). Or ces deux notions sont parfaitement antinomiques du projet initié par André Malraux. Et ce projet de Décentralisation artistique et culturelle, fondateur du Ministère de la Culture lui-même, les différents ministres, de droite comme de gauche, l’ont toujours défendu. Ils défendaient, ce faisant, le pilier principal de leur Ministère. C’est donc une faute majeure que d’y déroger.
-        Troisièmement, qu’en serait-il de la présence du théâtre étranger en région parisienne ? A l’Odéon, un peu ; Au Festival d’Automne beaucoup, mais sur quatre mois au plus ; au théâtre de la Bastille ou à la ferme du Buisson aussi, mais ce sont surtout des petites formes. Quant à Chaillot, n’en parlons plus : Ariel Goldenberg, ton prédécesseur à la direction de la MC 93, a été remercié. Mais qu’ont-ils donc contre les directeurs de théâtre qui programment des spectacles étrangers, alors que ces derniers donnent justement, à l’Ile de France et à Paris, une stature internationale qui lui manque grandement (si l’on compare Paris et l’Ile de France, par exemple, à Berlin ou Bruxelles) ?
-        Cette autre forme de repli sur une espèce de « pré carré » théâtral franco-français, va de pair avec une vision des villes périphérique de Paris quelque peu condescendante. Mais qu’est-ce que la Comédie Française se propose de faire (et au-delà, peut réaliser, dans son inexpérience de la question), dans la situation sociale difficile où se trouvent, majoritairement, toutes les villes (sauf Vincennes et Neuilly) de la périphérie parisienne ?
-        Et que dire, en dernier, de la façon dont ce type d’opération s’engage : tu ne fus ni consulté, ni informé officiellement, ce qui est inadmissible, tant d’un point de vue humain que professionnel : est-ce ainsi que le Service Public doit traiter maintenant ses agents ; est-ce ainsi que l’on respecte un contrat sur un projet artistique préalablement débattu, puis accepté par les collectivité publique elles-mêmes ?
Je pense, pour ces raisons, que tu va trouver autour de toi, cher Patrick, un fort soutien de la profession, mais aussi des artistes et du public aujourd’hui convaincus qu’il vaut mieux affronter dignement un avenir inconnu, que de se replier frileusement sur d’inopérantes certitudes.
Amicalement,
Lundi 6 octobre
 

 

Daniel Orantin
Chère Valérie,
Comme je te l'ai dit par téléphone, je trouve tout ça immonde. A l'égard de
Patrick et de son équipe... Parler d'une telle - je n'ose pas dire idée - dans
votre dos ! Mais surtout, excuse moi, à l'égard du projet artistique que porte
le MC au delà de vos personnes, et finalement de de l'idée même de projet
artistique et de tout projet culturel.
Sans doute, dans la seringue des budgets qu'on reduit encore et encore, ceux qui
se convainquent de n'y pouvoir rien (au fait, le milliards des plans de
sauvetage des subprime-isés !) échaffaudent des plans où la Raison et l'Art
n'ont plus beaucoup de place. Et puis la Comédie Française, pensent-ils, c'est
une charité qu'ils ne refuseront pas en banlieue... La banlieue n'a pas besoin de charité. Oui, oui la Comédie française serait bien
chez nous, mais pas pour tuer la MC 93.
Courage
Lundi 6 octobre

 
  Gaëlle Yacoubi Chargée de Missions à la participation citoyenne et à la gestion de proximité.
Bonjour,
Je tenais à vous apporter mon soutien et à vous remerçier d'offrir une programmation d'une telle qualité et avec autant d'exigences et d'audace sur un territoire si souvent dévalorisé.
 Je pense que le MC93 est un véritable atout pour ce territoire mais aussi pour le théâtre car elle offre un espace d'expression artistique précieux, d'autant plus précieux quand le contexte de politique nationale nous pousse à une résignation sourde.
Lundi 6 octobre
 

 

 

Pour l’équipe Spectacles FNAC, Isabelle Favier, Jean-Christian Offerlé, Directrice de la Fnac Spectacle, Responsable Equipe Théâtre, Marie-Pierre Bordel, Laurence Desforges, Responsable Théâtre, Responsable Editorial
Monsieur, chers amis,
Nous avons pris connaissance des événements récents qui risquent d’entrainer votre théâtre dans la tourmente. Certes, nous aimons la Comédie Française et travaillons avec bonheur avec elle à travers la vente de billets mais nous avons aussi depuis de longues années une très belle collaboration avec la MC 93. Tout au long de son histoire nous l’avons soutenue en proposant à nos clients de découvrir les spectacles exigeants et merveilleux inventés ou invités dans ses murs. Nous pensons que nous avons besoin de ces deux institutions et que la disparition de la MC ou son absorption serait une perte culturelle inacceptable et préjudiciable à la création théâtrale. Nombreux sont nos clients, de toute la région parisienne et même au-delà qui ont découvert à Bobigny un théâtre français d’exception et de liberté, des artistes magnifiques. Ils ont appris également que loin d’être un obstacle aux émotions ou une forme d’élitisme, les spectacles en langues étrangères surtitrés étaient une ouverture enthousiasmante vers les autres.
Nous savons par notre activité de billetterie et par notre propre fréquentation de votre théâtre que les habitants du département représentent une part importante de vos spectateurs, et nous savons aussi que beaucoup d’espaces culturels de la périphérie parisienne aimeraient attirer aussi bien que vous le faites les spectateurs de la capitale.
Nous tenons à vous remercier chaleureusement pour votre travail passionnant et vous assurer du soutien de l’ensemble des équipes de la Fnac Spectacles.
Nous voulons croire que notre partenariat pourra encore se développer dans l’avenir et savons que nous pouvons compter sur l’excellent travail des équipes de la MC 93 pour poursuivre cette collaboration.
En vous renouvelant nos remerciements, nous vous prions de croire, Monsieur, chers amis, en nos sentiments les plus sincères.
Lundi 6 octobre

 



  Claire MAILLES, Issy-les-Moulineaux
Les fusions-acquisitions et autres OPA hostiles seraient-ils aussi maintenant des pratiques du ministère de la culture ?
Je suis abonnée depuis longtemps à la MC93, et je traverse tout Paris avec la joie d'aller y voir des spectacles qui ont une âme que je ne retrouve aujourd'hui nulle part ailleurs. L'idée que cette particularité pourrait être effacée me chagrine plus que tout. Quelle perte ce serait. Après le chagrin vient la colère, en soutien à des équipes qui font tout pour nous offrir une vision du monde et une qualité uniques.
Je n'en veux pas du tout à la Comédie Française, dont j'ai été également régulièrement l'abonnée. Mais chaque théâtre a sa vie, et chacun ses propositions. C'est cela qui en fait la richesse. Pauvre d'argent, il faudrait qu'on le devienne aussi d'esprit ?
Malheureusement je ne pourrai me déplacer cette après-midi à Bobigny, car je travaille. Mais je l'aurais fait avec joie.
Claire  
Lundi 6 octobre      
 

 

 

François Roy, Directeur de l’Instant Théâtre-La Maison de l'Acteur Montrouge
Malgré tout mon respect et mon estime pour l’art des artistes et techniciens de la Comédie Française, troupe aux décisions collectives, je ne peux que protester contre cette manipulation grotesque à l’encontre de la MC 93
Lundi 6 octobre    

   
 

Carole Ivars administratrice
Cher Patrick et toute l'équipe de la MC93,
Ma première réaction fut la stupeur, comment est-ce possible ???
comment est-ce possible d'anéantir des années de travail dévolues à une programmation exigeante, éclectique, internationale, qui nous a donné tant de joie et de plaisir, permis de découvrir tant d'artistes rares, talentueux.
Le choc passé, c'est la colère qui m'envahit, oui je suis en colère contre tous ces
menteurs, ces faiseurs qui agissent à leur guise à l'insue des artistes et des professionnels qui décident sans concertation, qui bradent notre culture,  l'éducation de nos enfants, qui se targuent d'idée nouvelle comme si le fait de faire "venir" la Comédie française en Seine-Saint-Denis aller rendre le théâtre plus accessible aux habitants de ce département quelle absurdité ....
De tout mon coeur je suis à vos côtés
Lundi 6 octobre  

 
 

Edgard Garcia Directeur Chroma / Zebrock
Sur la palette des couleurs de la vie culturelle en Région Parisienne, la MC93 n'est pas la moins chatoyante. Au coeur de la Seine Saint-Denis elle
conjugue expérience et création, ancrage populaire et hauteur de vue.
Pour m'en tenir au domaine musical, je veux rappeler combien la MC 93 et ses équipes ont su initier et accueillir il y a plus de vingt ans les premières
soirées Raï, les soirées Bon esprit et plus récemment les Vingt ans du hip-hop ou les concerts de Banlieues Bleues. Et souligner aussi que Dgiz,slameur révélé dans le Grand Zebrock en 2003 était sur le plateau de la MC93 en 2008 pour un Job décapant. Je veux aussi dire que Patrick Sommier a toujours créé les conditions pour que le concert final de Zebrock au bahut se tienne à plusieurs reprises dans ses murs avec 800 collégiens de Seine Saint-Denis. Nous avons tous besoin que ce travail en réseau en Seine Saint-Denis continue et progresse: la MC 93 en est une des pierres angulaires.
Lundi 6 octobre

   
 

Muriel Dory, chargée de la Billetterie spectacles du Crous de Paris
réservée aux étudiants.

Les étudiants sont nombreux à venir voir des spectacles à la MC 93,
leur curiosité artistique est toujours satisfaite.
Pour ma part, c'est de  même. Les spectacles portent toujours à plus de réflexion.
Je soutiens toute l'équipe de la MC 93 que je connais depuis longtemps, pour tout son travail en cours et à venir
A bas les fossoyeurs qui veulent anéantir la  création artistique !
le 6 octobre 2008

 
 

Nicole Scapolan, Malakoff
Abonnée depuis 3 ans, je n’ai jamais regrétté d’avoir fait la traverse de Paris, de la banlieu SUD a la banlieu NORD, pour voir uns spectacle au MC93 :
-         au moment du Festival Standard et
-         pour voir le festival du théâtre allemand,
Plus que  ravie d’avoir découvert ce lieu fort vivant, fort active, d’une qualité rare et excellente en ce qui concerne les spectacles.
Et je vous parle pas seulement de son esprit d’ouverture vers d’autres monde et d’autres théâtres, qui est si particulier et si important.
Et c’est pas seulement  en tant que allemande, heureuse de découvrir la scène culturelle de son pays natal, mais aussi en tant que spectateur ayant choisi la France pour pays d’adoption.
L’abonnement auprès du MC93 est si impératif que l’abonnement au Théâtre de la Ville, ou a Chaillot pour moi et mes amis.
le 6 octobre 2008

   
 

Jean Jourdheuil
Après Gennevilliers, après Chaillot, c'est maintenant le tour de la MC93. Le
démantèlement du troisième cercle de la décentralisation théâtrale -- les
théâtres de l'ex-ceinture rouge -- suit son cours. Le reste suivra.
Alphonse Allais est probablement l'inspirateur de cette politique : mettons
les villes à la campagne et la Comédie Française à Bobigny.
Le rayonnement culturel de la France étant ce qu'il est, la France ne pourra
bientôt plus compter que sur le rayonnement de son administration. CQFD
le 6 octobre 2008

   
  Jean-Pierre LORIOL.
C’est en mon nom personnel que j’apporte mon soutien à la MC. Tout dans la manière de faire est détestable. Tout sur le fond est inquiétant.
le 6 octobre 2008
   
 

Nicole Roethel
Sans blague, j'ai d'abord cru à un canular ! mais non, c'est la vraie
réalité !!! Je suis absente de Paris pour la semaine et je vous crie,
je vous hurle mon soutien ! pour que la mc93 reste ce qu'elle est. La
programmation est superbe, j'y ai vu des spectacles que jamais je
n'oublierai, j'y ai vu un public du 93 enthousiaste mêlé à celui de
Paris, du haut de gamme, pas de la démagogie, et qui nous emportait
tous d'un seul élan...nous faisait réfléchir, nous ébahissait de
qualité. Les spectacles étrangers surtitrés, c'est l'exigence de
l'authentique. Sinon c'est comme aller au cinéma voir un film de
Fellini en français sans avoir la bande son originale, c'est voir des
corps tronqués, mutilés. Le standard idéal est devenu un label de
qualité dans le panorama théâtral français, un vrai moment de
bonheur, et tout le reste de la programmation est à ce haut niveau.
Que la Comédie-Française reste où elle est, elle a déjà trois salles,
se produit dans le monde entier, pourquoi viendrait-elle polluer en
plus la banlieue ? S'il n'y avait eu que la Comédie-Française, jamais
je ne serais devenue accroc de théâtre comme je le suis. Je suis
prête à vous défendre bec et ongles jusqu'au bout.
Pour que vive la mc93 !!!
le 6 octobre 2008

   
 

Philippe Coutant Le grand T Loire Atlantique
la nouvelle est ahurissante, stupéfiante et en la relisant éc˛urante  ! Il s'agit bien d'un projet populiste. Un effet d'annonce ! comme si la comèdie Française allait à la fois donner une nouvelle image du 93 et résoudre les problèmes qui y ont lieu. Pourquoi pas, le Puits de Fou. Il y a plus de 600 bénévoles qui font de la figuration et de la pyrotechnie !!!!
On voit mal la Comédie Française traverser le périphérique alors que sa rigidité syndicale ne permet pas à ce grand théâtre d'organiser lui même des tournées. Pour faire circuler un spectacle par an, il faut l'aide d'un tourneur privé.
Par ailleurs, cette OPA hostile, sans la moindre concertation et avec le soutien des tutelles qui ont en d'autres temps voulu la MC 93, n'augurent rien de bien. Il s'agit là d'un effet d'annonce et  un concept totalement populiste de la culture qui devient humiliant pour la population, comme si la priorité était les paillettes avant le contenu !
le 6 octobre 2008

   
  frederic giroutru
bonjour ,en repetition à Orléans , je ne peux malheureusement étre présent à 15h30.Mais je vous soutiens grandement contre ce qui arrive aujourd'hui à
la Mc 93. Battons nous pour sauvegarder ce qui peut être si facilement perdu.C'est evidemment très fragile.Donc je suis avec vous.
le 6 octobre 2008
   
  Serge Valletti
Cher Patrick,
Je ne peux pas être présent à la MC93 aujourd'hui, mais sache que je suis à tes côtés dans ces moments incroyables que tu passes. Tout ton travail de tant d'années mis en question par qui ? On ne sait ! Dans quel but précis ? On ne sait ! C'est l'ère du flou qui essaye de tout emporter. Ne nous laissons pas faire !
Je t'embrasse.
le 6 octobre 2008
   
  Robert Clément.
Mon cher Patrick,
Comme beaucoup,j'ai pris connaissance des manoeuvres orchestrées par le gouvernement contre notre maison de la culture,dont tu es le directeur.
Je suis profondément indigné par de telles méthodes,tant sur le fond que sur la forme.Avec les présidents du conseil général qui m'ont précédé,Georges Valbon et Jean-Louis Mons,avec Hervé Bramy qui m'a succédé,je peux témoigner du combat acharné que nous avons dû mener pour que la MC 93,créée en 1974 demeure le premier équipement de cette envergure en banlieue.Centré sur la création et la production dramatiques,il peut se prévaloir des plus grands noms se la scène contemporaine.Atouts qui lui valent une reconnaissance bien au delà des frontières.
Après un désengagement massif de l'Etat,voici venu le temps de la mise à mort.En dépit des discours rassurants de ces dernières heures,la vigilance s'impose.
Avec cet évènement nous mesurons combien certains propos tenus sur une culture "élitiste"réservée à quelques "initiés"(au demeurant infondés) ne peuvent que favoriser les projets du gouvernement.
Je souhaite pour ma part que le conseil général agisse fermement pour que la MC 93,avec une participation accrue de l'Etat,continue d'accroître son rayonnement.
Alors que ce mauvais coup se préparait sans que l'on ait pris soin de t'informer,de te consulter,de t'associer à une éventuelle "collaboration" avec la Comédie Française,je tiens à te faire part,mon cher Patrick,de mon total soutien et de mon entière solidarité.
le 6 octobre 2008
   
 

Patrick Le Mauff comédien, metteur en scène ( depuis Bamako)
bonjour
je ne peux qu'apporter mon soutien à la MC93.
vous pourriez proposer que la comédie française s'agrandisse en
squattant le ministère de la culture, c'est plus proche. Elle pourrait
également mettre un chapiteau dans les jardins qui la jouxtent en
organisant un service de bus pour les spectateurs du 93.
le 6 octobre 2008

   
  Marie B.
La situation de la MC93 est bien problématique ! Pourquoi cette volonté de l'associer à la Comédie Française ? L'existence de ces deux instances était intéressante... Et chacune de ses institutions pouvait développer ses propres options, ses propres logiques ... et permettre une diversité culturelle et un public commun et diversifié  ! Pourquoi notre gouvernement veut-il toujours tout mélanger, tout chambouler, tout remettre en question ? Ce serait très grave que la MC93 perde son identité, alors que c'est un lieu exigeant dans sa programmation annuelle, sa diversité, ses logiques, ses options.
Je crois qu'on est nombreux à y passer souvent, très souvent, de bons moments ... même si on peut être plus sensible à certains spectacles qu'à d'autres. Je n'en ai jamais vus qui me soient laissés indifférente
Je suis de tout coeur avec vous
le 6 octobre 2008
   
  Christian BIET Professeur d'Histoire et Esthétique du Théâtre
Institut Universitaire de France. Université Paris X-Nanterre. LLPhi

Depuis 1680, la Comédie-Française ne cesse de se battre pour conserver son monopole, ou tenter de le récupérer.
L’institution, en elle-même, a cette histoire, cette mémoire, cette dynamique. Peu importe que tel ou tel sociétaire ou pensionnaire soit sympathique, pense le contraire ou agisse autrement : l’histoire culturelle, en France, est d’abord une affaire d’institution.
Ne jamais oublier cela dans les négociations à venir : la force des institutions.
Cela vaut pour les vieilles, celles de 1680, mais aussi des plus jeunes, comme la MC93: d’où la négociation, encore, espérons-le, possible.
Avec tout mon soutien.
le 6 octobre 2008
   
 

M-J Pérez-Bourguet
Tout mon soutien va à Patrick Sommier et à l'équipe de la MC93 qui m'ont procuré de grandes émotions théâtrales et accueillent les spectateurs avec amitié. Qu'une déferlante de supporters balaie avec eux cette offensive néo-colonialiste complètement aberrante !
Abonnée à la Comédie Française, je n'ai que très rarement vu qu'ils faisaient salle comble dans l'un quelconque de leurs trois théâtres. Leur envie de "déborder" par phagocitage me paraît donc peu justifiée, un peu comme un caprice de midinette... attisé par qui ?
Je me demande également si les édiles de Bobigny croient sincèrement qu'ils auront crédits, et foules immenses, et retombées économiques spectaculaires quand la MC93 sera... la salle de répétition du Français !
Il se trouve que ce sont les pièces de théâtre vues à Bobigny qui m'ont donné envie de voir ce que faisait la Comédie Française. J'espère ne perdre ni l'une ni l'autre... car si l'équipe actuelle de la MC93 ne reste pas, je ne m'abonnerai plus au Français.
Courage et à bientôt.
le 6 octobre 2008

   
  Matteo Bavera Teatro Garibaldi/Unione dei Teatri d'Europa
Cher Patrick Sommier,
scandalizzati per l'attacco a uno dei più importanti e innovativi teatri d'Europa esprimiamo il nostro appoggio a qualsiasi forma di lotta per salvaguardare la vostra libertà d'espressione.
le 6 octobre 2008
   
  Elsa Royer.
Je suis metteur en scène et comédienne, votre théâtre fait partie de mes favoris, et je suis totalement scandalisée par ce qui se passe actuellement.
En espérant que ce soutien vous aidera un peu.
le 6 octobre 2008
   
  Luce Vigo
qui a travaillé près de dix ans à la MC93 et a pu mesurer la nécessité de son existence et la qualité de son travail et l'intérêt des publics, très
diversifiés.
le 6 octobre 2008
   
  Dominique Alavoine
Je désire soutenir la MC93 pour que la voix des artistes qui
l'habitent , demeure libre , juste et solidaire .
Ras le bol des prédateurs !
le 6 octobre 2008
   
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