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LA MC93 MENACEE

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  Lire le communiqué de Patrick Sommier, 21 octobre 2008
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Patrick Braouezec
Le Français est à la recherche de locaux. Le ministère de la culture doit faire des économies. Qu'à cela ne tienne! Allons voir du côté de la banlieue, du côté de la MC93... Comme s'il ne s'y passait rien, comme si ces territoires étaient vierges de toutes innovations et productions culturelles et artistiques.

La démocratisation culturelle à la française s’est construite sur la décentralisation, concept républicain basé sur le rééquilibrage territorial et l’égalité d’accès à la culture. Elle n’a jamais signifié déconcentration administrative, pas même colonisation, encore moins annexion de la banlieue par Paris. Notre paysage culturel départemental est né de cet idéal partagé avec une politique culturelle nationale où les scènes nationales, le réseau des théâtres nationaux et centres dramatiques nationaux ont pu développer une culture propre à nos territoires, en lien avec l'ensemble des publics.

La Maison de la Culture départementale a pour mission de penser le rapport essentiel et exemplaire de la culture à un territoire populaire. Ce n’est donc pas un établissement concurrent mais une scène vivante et pluridisciplinaire qui nait, ouverte au théâtre européen et à l’ensemble des disciplines artistiques, mais complémentaire des autres structures des villes de Seine-Saint-Denis.

Revendiquer cet héritage ne signifie pas chanter les louanges de l’immobilisme. Au contraire, nous ne cessons jamais de nous interroger -élus, directeurs de lieux culturels, artistes, spectateurs...- sur nos capacités à reconquérir le public, toucher la jeunesse, parler et s'ouvrir au monde.

A Saint-Denis, le nouveau directeur du CDN, Christophe Rauck, s’implique avec toute son équipe à ce défi, en présentant le Molière d’un autre, et en stimulant l’envie d’aller à la Comédie Française découvrir son Beaumarchais… Tandis que Didier Bezace et Gilberte Tsaï indiquent d’autres chemins à Aubervilliers et à Montreuil avec succès. Ces différentes scènes, de par la diversité de leur répertoire, sont complémentaires du Français, comme l'est la MC93 dirigée par Patrick Sommier. L'une ne doit pas se substituer aux autres, au contraire, les passerelles doivent exister, les publics doivent pouvoir circuler, se nourrir d’expériences et de découvertes diverses.

Par ailleurs, l'argument consistant à considérer l'arrivée de la comédie française comme un levier économique pour la ville de Bobigny, au même titre que le Stade de France l'a été pour Saint-Denis et Plaine Commune, ne tient pas et ne peut en aucune manière servir de prétexte à ce transfert de force qui n'a aucun sens politiquement et économiquement. De la même façon, la Comédie française -présentée ici comme une chance unique pour notre territoire d'avoir accès à la vraie culture- ne viendra pas résoudre miraculeusement les questions posées à la culture aujourd’hui sur notre territoire.

Cette intégration culturelle à marche forcée est une offense pour les outils d'envergure que nous avons construits tous ensemble, pour les milliers d’habitants de Seine-Saint-Denis.

Cette décision ressemble à un parachutage dangereux, une annexion sans négociation, un coup médiatique bien mal pensé.
Le 8 octobre 2008

   
  Jean-François Perrier
Celui qui n’a pas vu les cohortes de jeunes enfants blacks, blancs, beurs traverser le hall de la MC93, un soir de Janvier 2006, leurs visages maquillés à l’égal des jeunes danseurs de l’Ecole d’Opéra de Pékin, celui qui n’a pas vu de la fierté dans les yeux écarquillés des parents et des amis des petits enfants immigrés de Bobigny invités par Peter Sellars à composer le chœur des « Héraclides » sur le plateau de la MC93, celui qui ne s’est jamais levé pour applaudir les acteurs allemands, hongrois, argentins, anglais, français, chinois, espagnols, japonais… qui viennent de soulever l’enthousiasme des spectateurs assis dans la salle de la MC93, celui là ne peut pas comprendre ce que représente cette MC93 pour un grand nombre d’amateurs de théâtre.
Ce grand vaisseau qui s’illumine la nuit pour faire entendre le théâtre dans cette ville de banlieue est le résultat d’une politique ambitieuse soutenue à l’origine pas tous ceux, hommes politiques, artistes, techniciens, fonctionnaires du ministère de la Culture, qui pensaient que le théâtre d’art ne devaient pas seulement exister au cœur de Paris mais aussi à l’extérieur de la frontière du périphérique. Il y avait là une politique réfléchie sur le moyen terme, il y avait là la manifestation d’une envie de construire, d’inventer un projet généreux pour que le mot « hideux de banlieue », pour reprendre la terminologie d’André Malraux, ne soit plus synonyme de ségrégation culturelle. Ce n’étaient pas de joyeux utopistes inconscients de la réalité ceux qui ont aidé à faire vivre ce projet, c’étaient simplement des femmes et des hommes qui, au-delà de la simple constatation de l’état des choses, pensaient l’avenir.  
Aujourd’hui il ne s’agit plus de penser l’avenir mais il s’agit seulement de communiquer, de faire des effets d’annonce, d’occuper le terrain, de faire semblant de faire, de faire croire qu’on va résoudre la fracture sociale et culturelle en installant de jolis coucous dans le nid bien chaudement construits par les directeurs successifs de cette Maison de la Culture…
A croire qu’au Ministère de la Culture l’analyse des échecs précédents initiés par le dit ministère, que je n’aurais pas la méchanceté de citer, n’est toujours pas à l’ordre du jour… Que le refus systématique de discuter les pratiques avec ceux qui les mènent, de les questionner, de profiter des expériences menées est l’alpha et l’oméga des décisions autoritaires et magouilleuses imposées sans aucun respect pour tous ceux qui TRAVAILLENT dans des conditions difficiles. Le mépris ici semble le disputer à la bêtise et à la méconnaissance.
Par ailleurs si j’étais membre de la Comédie-Française je ne sais pas si cela me plairait de voir ma Maison comparé au Stade de France, à la Tour Eiffel ou aux Arènes de Nîmes… J’aurai l’impression fâcheuse que l’on considère ma Maison comme un élément du patrimoine, figé dans le formol et la tradition, une sorte d’institution immuable qui doit venir apporter la bonne parole d’un théâtre classique à ces pauvres banlieusards incultes qui vont se précipiter dans les salles de la Comédie Française déconcentrée à Bobigny, tels des papillons attirés par la lumière… Quel mépris aussi pour cette grande Maison qui depuis tant d’années fait de louables efforts pour faire entendre un autre théâtre… et qui je l’espère mène une politique efficace pour faire venir dans ses 3 superbes salles parisiennes le maximum de jeunes de ces banlieues en tentant d’abaisser les fausses barrières que ces jeunes  imaginent leur barrant l’entrée de ces lieux qu’ils considèrent comme « pas pour eux ». N’est-ce pas une belle mission déjà que de mêler dans les salles parisiennes les publics les plus divers comme peuvent le faire les théâtres dits de banlieue pour qui ce mélange est une pratique quotidienne. Les gérants temporaires actuels du Ministère de la Culture ne doivent sans doute pas ignorer que, de Paris, de banlieue ou de province, nombre de directeurs nommés par eux se préoccupent quotidiennement de mener une politique d’ouverture et de recherche d’un public le plus large possible malgré des difficultés dont ils ne sont pas responsables mais qu’ils doivent intégrer à leur politique artistique.
Quand donc arrêterons nous ces politiques qui nous font croire que parce que nous ne voulons pas faire table rase du passé  nous sommes d’affreux réactionnaires récalcitrants à toute réforme, à toute évolution, accrochés à de soi-disant privilèges, alors que dans les métiers du théâtre ce n’est qu’évolution et remise en cause permanentes. N’est-ce pas le paradoxe le plus cocasse de cette situation que de demander à cette Comédie Française si attachée à son histoire et à ses statuts, à cette Comédie Française qui rend chaque année un hommage à son père mythique, le génial Molière, que de venir détruire une autre superbe histoire de théâtre qui ne demande que du temps pour continuer sa belle aventure. Heureusement que nul mauvais prophète n’a demandé, dans les périodes de crises qu’elle a connu, à la noble institution phare du théâtre français, de se saborder pour faire du neuf, pour supprimer les déficits, pour s’ouvrir à de nouveaux publics. Heureusement que d’honnêtes fonctionnaires de la culture ont fait confiance aux différents administrateurs et aux sociétaires en les aidant à surmonter ces crises… Arrêtons cette politique suicidaire pour nos maisons de théâtre qui consiste à tout détruire pour faire du neuf alors que nous savons tous que dans le domaine du théâtre nous ne sommes que les enfants, parfois et heureusement récalcitrants, de ceux qui nous ont précédés et que c’est sur ce passé que se construit le présent et le futur de nos pratiques artistiques. Arrêtons d’opposer ceux qui honnêtement, chacun à leur façon, oeuvrent pour que vive le théâtre dans ce tissus de « maisons de théâtre » unique en Europe dont la diversité est la plus grande richesse. Arrêtons cette politique de gribouille qui fait que, dans le même temps où l’on dit rechercher la transparence, dans les Entretiens de Valois, on mène des négociations secrètes dans des conciliabules de conspirateurs que l’on imagine armés de poignards et de poisons divers comme dans les plus célèbres drames romantiques. Laissons ces pratiques dans le placard des accessoires désuets et imaginons une autre façon de penser le futur du théâtre que nous aimons passionnément.   
Le 8 octobre 2008
   
  Thierry Madiot Romainville
Ce projet parachuté de la plus puissante institution théâtre française
sur la MC 93 ressemble à une OPA hostile sur un travail bien
particulier de création théâtrale.
Il semble que à la tête de l'état français on aimerait ne voir qu'une
tête. Hors la culture a besoin de diversité de pluralité et les aides
de l'état devraient plutôt que se concentrer, se diversifier.
On en est bien loin. En qualité d'habitant du 93 (Romainville 3 communes) qui sera relié par le tram bientôt à la MC 93 je n'ai pas envie d'aller voir les pièces de la sacro sainte Comédie-Française mais plutôt de découvrir ce théâtre européen même sous titré (nous savons lire et écouter) qui propose une autre vision du monde à l'image de ce 93 bien différent du centre de Paris.
Donc je m'oppose farouchement à ce projet démagogique.
mes salutations
Le 9 octobre 2008
   
 

Andrea Fuchs.
Chère Madame,
 J’ai suivi avec étonnement et incrédulité la courte histoire de la reprise en main de la MC93 par la Comédie Française et je tiens à exprimer tout mon soutien à votre théâtre dont je suis fidèle depuis plusieurs années.
 Le MC93 est un haut lieu de la création théâtrale en France et elle doit le rester.
Depuis des années je passe des moments forts chez vous alors qu’à la Comédie Française je ne suis encore jamais restée jusqu’au bout d’une pièce…
Dites-moi s’il y a quelque chose que je puisse faire pour soutenir la MC93 et son équipe.
Bien cordialement,
Le 9 octobre 2008

   
 

Isabelle Backouche Historienne
Bonjour,
Merci de ce message d'information sur la situation que j'avais réclamé,
mais peut-être n'étais je pas la seule, et il fallait probablement
attendre la réunion de lundi pour faire le point.
J'étais lundi soir à la représentation de "Jeanne", et comme toujours un
grand moment à vivre, notamment avec mes enfants qui sont de fidèles
spectateurs de votre programmation, ce que je n'ai pas réussi dans
d'autres salles, pour toutes sortes de raisons (prix, programmation).
Mon fils, 19 ans, a fait une option théâtre au bac, et je ne doute pas
que notre fidélité à la MC93 ait pu jouer un rôle.
Et puis, parlons en aussi, la disponibilité de tous les interlocuteurs,
la possibilité de moduler ses choix, la véritable convivialité de tous,
à tous les moments de notre fréquentation, sont aussi pour beaucoup dans
la construction d'un parcours à vos côtés.
Malheureusement, je crains que les projets du ministère n'aillent très
loin, mais j'espère que la mobilisation plurielle des spectateurs
permettra de faire savoir que la MC 93 incarne une autre façon d'aller
au théâtre, pas du tout élitiste puisque j'ai souvent vu des jeunes dans
vos salles ce qui n'est pas souvent le cas dans d'autres salles
nationales (notamment la comédie française dont les tarifs me semblent
prohibitifs pour une fréquentation familliale régulière).
Mon univers professionnel, celui de la recherche en sciences sociales,
est aussi traversé ces dernières années par des évolutions inquiétantes
qui trahissent à mon avis le rôle de la science dans la société, au
profit d'une vision utilitariste et appauvrissante.
Le 9 octobre 2008

 
 

Jean-Pierre Engelbach éditions THEATRALES
Pour Patrick, Valérie et tout l’équipe du théâtre,
Alerté la semaine dernière par les rumeurs, je découvre aujourd’hui avec consternation le projet institutionnel actuel qui prévoit aujourd’hui la disparition de fait de la MC93 et de sa mission, fut-ce pour la diluer avec celle, forcément différente, de la Comédie-française. Je suis très choqué que ce projet soit tramé et annoncé sans aucune concertation avec les principaux intéressés : ceux qui mènent depuis longtemps une politique culturelle audacieuse en banlieue parisienne, ceux qui assurent dans la continuité, une programmation de qualité, centrée sur la création.
Je suis aussi très surpris que des artistes ou des personnalités politiques puissent s’associer à une telle manœuvre de dépossession des moyens matériels publics consacrés à la Culture, déjà en régression depuis plusieurs années.
J’apporte mon soutien total au combat actuel mené pour la défense et le développement de l’action artistique et culturelle de la MC93.
Le 9 octobre 2008

   
  Thomas Blanchard, comédien
Je soutiens absolument la MC93!
Ce projet est terrifiant et méprisant pour tout ce qui s’est et se fait dans ce magnifique théâtre.
J’ai vu ici tant de spectacles qui m’ont fasciné, ému, troublé
Dire qu’une implantation de la Comédie Française à Bobigny serait une chance pour cette ville est absurde!
En quoi la Comédie Française serait-elle meilleure que la MC93?
La Comédie Française à la place de la MC93, ça veut aussi dire, une troupe de quelques comédiens (environ 70) installés, protégés, et pendant ce temps là, tous les autres, ceux qui n’y sont pas, mis de côté.
Après Chaillot et ici, quel sera le prochain lieu de création menacé?
Au-delà de ce projet, c’est une politique culturelle qui fait froid dans le dos.
Alors je soutiens absolument la MC93 Bobigny!
Le 9 octobre 2008
   
  Nicolas Bigards, metteur en scène.
Patrick,
Depuis 91, j’ai fréquenté ce théâtre comme spectateur, et depuis 95, j’y travaille très étroitement, et j’ai pu ainsi participer à de très belles aventures. C’est dire si je connais cette maison, si je connais Bobigny, si je connais mieux la Seine-Saint-Denis. Et si je connais aussi la forte dose de fantasmes qui pèse sur ce département, ces habitants, ces institutions.
Mais il y a peu encore, un pacte liait des partenaires pour défendre une certaine idée de l’art et la culture en garantissant la vie de ce théâtre, une certaine idée de ce qui faisait une relation étroite entre un public et un théâtre.
Le pacte est rompu, cédant ainsi aux  fantasmes d’une « banlieue »  livrée à elle-même, sans accès à la culture et à la création ; cette « banlieue »  où, a-t-on pu entendre il y a quelque temps, la culture n’avait pu empêcher les émeutes.
On se retrouve donc une nouvelle fois en demeure de se justifier, de répondre à des accusations sans fondements, à devoir prouver chiffres à l’appui, démentir des propos à la limite du poujadisme. La rumeur, le fantasme balaient tout ce travail entrepris depuis des années et des années : les créations, les expérimentations, les partenariats, les ateliers,  la fidélité des spectateurs à un projet, tout cela passe à la trappe. Le spectateur (donc l’électeur) se retrouve être un alibi bien commode. 
Ce n’est plus qu’en terme de bonne gestion que la question se pose aujourd’hui. On nous demande de la traçabilité. La traçabilité du spectateur. D’où vient-il ? Que fait-il ? Qui est-il ? Combien gagne-t-il ? Banlieue? Paris? Le « taux de remplissage » ne suffit plus. Comme pour l’audiovisuel, il faut un «panel représentatif». 
Il y aurait encore beaucoup de choses à dire. J’espère que cet épisode «canularesque» pour reprendre le mot d’Ariane Mnouchkine, va nous inciter à continuer le débat , à réfléchir sur notre relation à la cité, une relation faite à la fois  d’échanges féconds et de polémiques, de scandales parfois mais toujours de rencontres sensibles, et de le faire absolument autrement qu’en terme comptable, car nous nous condamnons alors à ne devenir plus qu’une branche de la culture, c’est-à-dire une branche morte du tourisme (A quand la Tour Eiffel à Bobigny ?).
Le 9 octobre 2008
   
 

Stéphane Vérité, metteur en scène - scénographe
Encore une fois, ce gouvernement, (et espérons qu’il soit le seul à se comporter de cette façon dans cette histoire…) agit sans aucune concertation. Il ne prend pas en compte les femmes et les hommes qui ont fait et font la belle histoire du spectacle vivant en Seine-Saint-Denis. On ne vide pas un théâtre comme on vide une bouteille. La réaction des comédiens du Français donne la mesure du traumatisme que génèrent des idées aussi stupides.
Le 9 octobre 2008

   
 

Joris MATHIEU Cie Haut et Court
Je tenais à vous apporter mon soutien total face à ce qui ressemble à une
tentative de démolition d'un vrai travail de programmation de création
contemporaine en périphérie parisienne.
Metteur en scène en résidence à la scène régionale de Vénissieux, je me sens
évidemment concerné par cette problématique de défense de projets de
création contemporaine en banlieue et je partage votre inquiétude face à
une dérive politique démagogue et populiste.
Je ne pourrais être présent au rassemblement du 06 octobre, mais resterais
vigilant à vos côtés...
vous souhaitant bonne route
Le 9 octobre 2008

   
  Jean-Yves Ruf, metteur en scène, comédien
L’ironie du sort
L’ironie du sort a voulu que je répète en ce moment Mesure pour Mesure à la MC93, avec mon frère sociétaire de la Comédie-Française. Je suis de tout cœur avec Patrick Sommier, un ami, un grand frère de théâtre, qui m’a toujours soutenu, conseillé, accompagné. Je croyais connaître Muriel Mayette, j’avais des projets avec cette troupe, et j’ai voulu croire, avec mon frère, que la violence venait des seules tutelles, gagnées par une soudaine et fausse bonne idée, que Murielle était elle-même maladroite et dépassée par la nervosité du ministère, qu’elle n’avait qu’émis une hypothèse à très long terme, comme elle a tenté de nous le faire croire. Et puis il y eut ce dossier de presse, où le projet était détaillé précisément, étayé par des chiffres, projet qui ne tenait aucunement compte de l’équipe actuelle de la MC, projet que même la troupe découvrait. Et il y eut ces affiches de la mairie de Bobigny, « Bienvenue à la Comédie-Française ». Je travaille tous les jours avec les techniciens de la MC93, si pudiques sur la question, si peu portés à dramatiser, mais au fond si fragilisés. Certains d’entre eux sont là depuis le début de l’histoire de la MC, ont vécu et continuent à vivre les belles aventures artistiques de cette maison. Imaginez ce qu’ils ressentent en tombant sur ces affiches. Que Muriel Mayette demande à son amie la mairesse de Bobigny de les retirer si elle veut prouver sa bonne foi. Mais c’est trop tard. Le mal est fait. Et le pot aux roses est découvert. C’est triste, mais toute cette affaire n’est même pas le fruit d’une utopie de théâtre, même maladroite, mais bien d’une pauvre et misérable petite tentative de faire un coup et de passer en force. Si « tout est transparent », pourquoi Patrick Sommier a appris par la bande qu’il était en train de diriger une future annexe de la Comédie-Française ?
Cette violente tentative de récupérer un théâtre, sans loyauté ni réflexion commune, ni avec ses pairs, ni avec sa troupe, c’est plus qu’une faute de la part de Muriel, dans ces temps d’incertitude où l’on a besoin de tous se soutenir, de défendre nos missions de service public. Merci à Patrick Sommier de défendre comme il le fait la MC93. En espérant que cette histoire est presque close, qu’elle aura au moins appris aux pouvoirs publics qu’on ne peut jouer ainsi avec des aventures artistiques engagées et profondes, qu’elle nous aura appris à rester vigilants dans ces temps où l’on décide avant de discuter.
Le 10 octobre 2008
   
  Pour l’association Ticket-Théâtre(s), Serco Aghian, président.
Bien que la MC93 ne soit pas adhérente à l’association Ticket-Théâtre(s), elle
s’inscrit totalement dans l’esprit des autres lieux adhérents, par son envie de
découvertes et de plaisirs, par son identité d’établissement public, par son
rapport au public, par l’enthousiasme de son personnel, et surtout par son
exigence de qualités artistiques de ce qui y est présenté.
L’association Ticket-Théâtre(s), regroupant 18 théâtres en Ile-de-France,
soutient l’action de la MC93 dans l’épreuve qu’elle subit concernant sa tentative
d’absorption par la Comédie Française.
Ce 22 octobre, nous savons que le projet est abandonné, et qu'il est désormais
question d'une négociation de collaboration entre les 2 institutions. Nous
restons néanmoins solidairement vigilants à vos côtés.
Les 18 théâtres adhérents :
Théâtre de l’Aquarium Maison de la Poésie-Paris
Théâtre de la Cité Internationale Théâtre Romain Rolland (Villejuif)
Théâtre de la Commune (Aubervilliers) Théâtre des Sources (Fontenay-aux-
Roses)
Espace 1789 (Saint-Ouen) Théâtre-Studio (Alfortville)
Théâtre Firmin Gémier / La Piscine
(Antony et Chatenay-Malabry)
Le Tarmac de la Villette
Le Forum (Le Blanc-Mesnil) Théâtre de la Tempête
Théâtre du Lierre Théâtre Gérard Philipe (Saint-Denis)
Nouveau Théâtre de Montreuil Théâtre 13
Théâtre Ouvert Théâtre 71 (Malakoff)
Le 10 octobre 2008
   
  Michel Orier directeur de MC2 Grenoble
Complètement à tes côtés, ça ne peut pas être, c’est l’exact contraire du théâtre et de la décentralisation. Que vive la MC93
Le 10 octobre 2008
   
  Xavier Lemettre directeur de Banlieues Bleues
Avec vous en pensée et en amitié
Le 10 octobre 2008
   
 

Macha Makeieff
Cher patrick, sache mon entière solidarité et mon attachement à ton théâtre et son histoire
Le 10 octobre 2008

   
 

Frédéric Franck directeur théâtre de la Madeleine
A tes côtés dans ce combat amitiés
Le 10 octobre 2008

   
 

Dominique Bourgois Editions Christian Bourgois
Avec toi
Le 10 octobre 2008

   
 

Emanuela Pace comédienne
En pensée avec toi
Le 10 octobre 2008

   
 

Béatrice Picon-Valin directeur de recherches CNRS
Suis avec vous
Le 10 octobre 2008

   
 

Yves Saussinan
Avec toi et toute ton équipe
Le 10 octobre 2008

   
 

Elsa Bono
Avec vous
Le 10 octobre 2008

   
 

Laurent Laffargue metteur en scène
Avec vous pour défendre un des derniers théâtres de création digne de ce nom en France
Le 10 octobre 2008

   
 

Kimon Dimitriadis Monique Saintey
Merci pour le théâtre
Le 10 octobre 2008

   
 

Dominique Pitoiset directeur CDN de Bordeaux
Avec toi de tout coeur
Le 10 octobre 2008

   
 

Michel Didym - Mousson d’été
Mon coeur est avec toi
Le 10 octobre 2008

   
 

Françoise Boné - France Inter
Mon soutien
Le 10 octobre 2008

   
 

Mereuze et ses enfants
Ni journaliste ni critique  mais simple amoureux de théâtre qui a besoin de maisons comme la MC93. Amitiés chaleureuses. Mereuze et ses enfants
Le 10 octobre 2008

   
 

Paul Andreu Nadine Eghels
Avec vous, courage
Le 10 octobre 2008

   
  José Fernandez, Directeur de la MJC de Privas
Je suis José Fernandez, Directeur de la MJC de Privas (07).Je tenais à vous soutenir dans votre lutte.N'hésitez pas à m'envoyer de l'info que puisse répercuter en Drôme et Ardèche.
Cordialement
Le 10 octobre 2008
   
  Geneviève Brisac.
Je suis à vos côtés, je trouve cette situation révoltante,tellement
hypocrite et révélatrice! tenez bon!
Le 10 octobre 2008
   
  Dosylia Bendo. Terminale Lycée Louise Michel
Bonjour,
Etant étudiante et membre de l'atelier théatre du lycée Louise Michel, je tiens à apporter mon soutien à la MC93.
En effet, c'est un lieu phare pour les Balbyniens. Grâce à la Maison de la culture, nous avons pu découvrir le théatre sous toutes ses formes : que ce soit sur scène ou en tant que spectateurs. Nous avons vécu des moments forts en rencontrant des comédiens, metteurs en scènes et autres personnalités du théatre de tous les horizons. Comment dire que c'est un lieu fermé ?
A la MC93, j'ai pu voir des oeuvres uniques qui m'ont beaucoup fait réfléchir. Je regretterai énormément l'implantation d'une annexe de la Comédie-Francaise à Bobigny au sein de la MC93 car elle doit garder son identité. Il serait regrettable de ne pas pouvoir voir des pièces aussi originales et diverses que celles présentées ici ?
Nous souhaitons sauver la MC93 car nous nous y sentons comme chez nous! Nous tenons donc à vous remercier pour tout le travail et l'émotion fournie jusqu'ici! Nous vous soutenons de tout coeur!
Le 10 octobre 2008
   
  Mohamed BUTT, étudiant au lycée Louise Michel à Bobigny
Bonjour,
Je tiens à apporter tout mon soutien à la Maison de la culture de Bobigny qui porte tres bien son nom.
La Mc 93 n’ est pas seulement pour moi un lieu ou l’ on est spectateur de pièces de théatre mais avant tout un centre d’ échange  et de respect entre diverses cultures comme il  en éxiste tres peu  de nos jours.
Et annexer la Mc 93 serait faire du mal aux cœurs de beaucoup de personnes. Des personnes ayant sacrifié plusieurs années de leur vie pour faire en sorte  que la Mc 93 devienne ce qu’ elle est aujourd hui.
Détruire le fruit de leur travail serait vraiment …Indigne non plus qu’ indigne, il n’ y aura jamais de mots assez fort pour décrire cette acte abominable.
Le 10 octobre 2008
   
 

Bertrand Braunschweig
Je suis très reconnaissant pour tout ce qu'a fait la MC93 depuis des années, à tout le bonheur qu'elle nous a apporté notamment dans quelques représentations mémorables (théâtre ou musique, ou les deux).
Rien que pour cela je suis totalement solidaire de ce combat.
Amicalement,
Le 10 octobre 2008

   
  Rosaline Deslauriers Paris/Québec
Bonjour,
je suis une doctorante québécoise qui poursuit ses recherches depuis quelques années à Paris et je suis révoltée à l'idée que le MC93 puisse être annexé à la Comédie-Française... un lieu de théâtre où je ne vais que rarement et, surtout, d'où je sors toujours amèrement déçue alors que j'ai pu découvrir chez vous des grands noms comme Marthaler, Castorf et compagnie. Le MC93 est un lieu unique et doit conserver la spécificité de sa mission culturelle.
Je joins, de tout coeur, ma révolte à la vôtre!
Théâtralement vôtre,
Le 10 octobre 2008
   
  Dominique Pinon
Cher Patrick et chère Valerie
Ah bon proposer des sous-titres au public pour apprécier des spectacles en langue etrangère c'est faire preuve d'elitisme? Je m'en taperais le cul par terre si la vie de la MC93 n'etait en jeu... Bravo pour votre travail, bravo pour votre accueil, je me souviens de la troupe du Chien Mexicain que j'ai decouvert chez vous, du spectacle dechirant de Jean-René Lemoine. Il n'y a pas si longtemps, j'ai, chez vous, l'un de mes plus beaux souvenirs d'acteur avec le spectacle de Dea Loher. Soutien total
Le 10 octobre 2008
   
  Mariann Mathéus artiste interprète qui aime autant être spectatrice qu'être sur scène.
Oui, je soutiens La MC93 et toute son équipe de grands professionnels. Je vais sans doute répéter ce que d'autres ont déja dit mais c'est vrai nous sommes infiniment nombreux dans ce cas ; je lui dois tant de découvertes, d'émotions intenses, d'étonnements,  d'éblouissements absolus ;en plus de l'accueil toujours de très grande qualité, un esprit convivial et chaleureux qui me faisait repartir après une soirée passée à la MC93 avec le sentiment que parfois le théâtre pouvait être aussi un lieu de vie qui enrichit la vie. Et comme on dit chez nous en créole  : "  LA MC93 KIimbé rèd pa moli "  ( TENEZ BON ! )
Le 10 octobre 2008
   
  Sorour Kasmaï romancière et éditrice
J'ai appris à aimer le théâtre français dans les années 80 à Chaillot, lorsqu'Antoine Vitez en était le directeur. J'étais à l'époque étudiante le jour et ouvreuse le soir. Je ne sais vraiment pas quand est-ce que j'apprenais le plus : à la fac ou au théâtre ? C'était la grande époque du Soulier de Satin (spectacle de 9 heures d'affilés) que l'on démarrait tôt dans l'après-midi pour finir tard dans la soirée. J'y ai vu démarrer tous les jeunes des comédiens issus de l'école de Vitez qui par la suite sont devenus parmi les meilleurs du théâtre et même du cinéma français. J'ai aimé le théâtre là, dans le noir de la grande salle, au tréfonds des centaines d'escaliers qui descendaient au coeur de la terre, comme pour mieux vous faire plonger dans ces destinées humaines. J'ai aimé le théâtre à Chaillot, juste en face de la Tour Eiffel, celle-là même que Mme La Maire de Bobigny aimerait voir métaphoriquement plantée dans sa commune. Mais qu'est devenu le théâtre de Chaillot depuis ces années-là? Je ne peux pas vous dire, car je n'y vais plus! Il paraît que maintenant on y danse. En face de la Tour Eiffel, le rideau noir est tombé sur le théâtre de mes débuts...
Après la fac, j'ai continué d'aller au théâtre à Bobigny. C'est là qu'était ma nouvelle Université. Là, j'ai appris à connaître le théâtre du monde. Les Allemands, les Russes, les Hongrois, les Chinois, les Américains et bien-sûr les Français. Je fréquente aussi d'autres salles. Mais j'y vais pour voir jouer des pièces que je connais par des gens que je connais, alors qu'à Bobigny je vais (une heure et demi à l'aller, une heure et demi au retour) pour voir des gens que souvent je ne connais pas. Des textes que je découvre. J'y ai connu Sellars, puis Castorf, ou plus récemment Marthaler et Shilling... Maintenant ils font partie de mon répertoire. Au même titre que le théâtre russe et son maître Lev Dodine qui nous a fait vibrer il y a quelques années avec Gaudéamus et récemment avec Vie et Destin. Le ministère de la culture est d'ailleurs partenaire du projet de l'Année croisée France-Russie en 2010. Au mois de mai dernier, à la conférence de presse du ministère rue Vallois, réunissant les différents protagonistes russes et français du projet, Mme la Ministre se trouvant face à Lev Dodine, ne savait même pas qui il était! Apparemment, elle n'a jamais mis non plus les pieds à la MC93. Je me dis que c'est probablement la raison pour laquelle elle veut y faire tomber le rideau noir. Le même que l'on a vu tomber sur Chaillot, en face de la Tour Eiffel.
Le 10 octobre 2008
   
  Patrice Martinet Athénée Théâtre Louis-Jouvet
Vive la MC 93 !
Le 10 octobre 2008
   
 

David Géry, metteur en scène
Enfin la troupe des comédiens de la Comédie Française s'est exprimée.
Bravo, je leur dis bravo pour leur prise de position. À toute
l'équipe de la MC 93, tenez bon ! Cette belle institution a encore de
belle pages à écrire, son avenir est devant elle !
Le 10 octobre 2008

   
 

Jacques MAUGEIN Directeur Château Rouge Annemasse
Comédie française / comédie pas si franche que ça… Si les Directeurs d’établissement, fussent-ils nationaux, se mettent à lancer des OPA…
Le 10 octobre 2008

   
  Gérald Chatelain Comédien,
Directeur du Théâtre des Sources Fontenay aux Roses

Une virée en autocar sous l'égide de l'office du tourisme du 93, une conférence de presse improvisée dans l'urgence et tout de suite le monde du théâtre s'affole... Quelle fébrilité, quel manque de confiance en l'avenir, car ce qui fait la marque du ministère de la culture, face à l'austère et rigoriste Berçy, c'est bien son esprit potache et délicieusement frondeur !!! Je me demande au nom de quoi, les artistes auraient le monopole du rire et les militaires celui des putchs avortés, fussent-ils d'opérette ? Certes la farce est grossière et manque de finesse, mais quand les budgets fondent comme banquise au soleil, pour masquer les béances, il ne reste que les tours de magie ou les blagues  en attendant la grande dépression. On en arrive, et c'est un comble, à regretter Maurice Druon, ministre de la culture d'un autre siècle, souvent imité mais jamais égalé, qui des terrasses de Valois exortait les artistes à choisir entre "la sébille et le cocktail molotov". Un grand clown d'état. C'était quand même d'une autre tenue ! Cette plaisanterie aura eu au moins une vertu, celle de réveiller
pour un temps une profession endormie.
Alors, longue vie à la MC93, qui au fil des ans, nous aura souvent offert de vives émotions.
Le 10 octobre 2008
   
  Simone Amouyal Paris
Une bonne partie de mon regard s'est creusée à Bobigny . Tant de découvertes ou de retrouvailles  à la MC93, merci et à bientôt.
 (Au cas où  vous souhaitez connaître ma profession: Metteur en scène  et chargée de mission pédagogique et artistique à l'ENSATT)
Amitiés à vous qui me répondez et Patrick Sommier.
Le 10 octobre 2008
   
 

Macha Zonina
L'idée que cela puisse exister aujourd'hui en France me rappelle étrangement l'Union Soviétique des années 70-80... Et cela me révolte et me blesse.
avec vous  de tout mon coeur
Le 10 octobre 2008

   
  Behassine Nora, Terminale littéraire et atelier théâtre au Lycée Louise Michel.
La Maison de la Culture, élitiste ? Non, mais simplement une culture Française de moins en moins exigeante.
Effectivement, il est facile de déclarer que les Français ne portent pas assez d'intérêt aux langues étrangères et de dénigrer les pièces en Italien, Allemand ou Hongrois que la Maison de la Culture présente chaque année. Est-ce là une preuve de la fermeture d'esprit dont fait preuve l'équipe de M. Sommier dans ses choix de programmation ? Je ne trouve pas. Mais peut-être prend-on simplement les habitants de banlieue pour des "crétins illettrés", comme l'a si bien dit Patrick Sommier.
La Maison de la Culture de Bobigny est un lieu important, pour tout les spectateurs des pièces qu'elle présente, qui viennent d'ailleurs de Paris intra muros autant que de la ville qui accueille ce haut lieu de la culture. Si une annexe de la Comédie Française est effectivement la bienvenue a Bobigny, elle ne doit pas s'implanter à la place de la MC93.
Alors j'aimerai que l'on me dise pourquoi, pourquoi s'acharne-t-on a etouffer ce qu'il se passe de mieux dans le monde artistique de banlieue ?
Le 10 octobre 2008
   
  Muriel LAURENT
je suis loin de vous mais résistez pour nous  tous car niveller par le bas est helas une politique connue sans vous il nous resterat tf1 non merci pas de secetaire pour corriger mes fautes de français mes je veux que l'on laisse mon esprit ouvert et libre
courage  merci
c'est peut etre une reflexion idiote mais toute ces choses ressemblent a de la censure ça sent pas bon et les livres c'est quand qu'on les detruits a part  paris match  il faut bien des ecrans de fumée
je suis en fauteuil roulant mais je veux pas que l'on me dise ce que je dois aimer
libre dans sa tete
Le 10 octobre 2008
   
 

Roland Bertin Sociétaire honoraire de la Comédie-Française
Nous a appelé pour nous dire son désarroi, son mécontentement et sa
solidarité
Le 10 octobre 2008

   
 

Alexandru Darie Président Union des Théâtres de l'Europe
Cher Patrick Sommier
Je considère que le moment est venu pour la MC93 à Bobigny de rejoindre l'Union des Théâtres de l'Europe. Nous serions honorés de compter parmi nous un théâtre important, avec des comédiens doués et passionnés, qui depuis un quart de siècle est ouvert à toutes les scènes d'Europe et dont la présence dans l'UTE serait plus que légitime.
Le 10 octobre 2008

   
 

Martin Meissonnier réalisateur et compositeur
Cher Patrick
Face aux attaques pitoyables et tentatives d'OPA dont fait l'objet la MC93, je tenais à vous apporter personnellement mon soutien total. N'hésite pas à l'utiliser.
Amitiés et respect.
Le 10 octobre 2008

   
 

Sophie Akrich, spectatrice et metteur en scène
L'Europe? La mondialisation? Les banlieues? Les ghettos?
Et on menace la MC 93?
C'est à désespérer...
A Bobigny, à travers des spectacles pour la plupart inoubliables, on part en Norvège, en Hongrie, en Chine, on rencontre des anglais, des russes, des allemands, des africains, des haitiens, des autrichiens, des algériens, des américains, des sud-américains... Il y a un ailleurs à deux pas de chez nous. Et c'est tout un travail de nous le donner à partager, toute une démarche et une réelle volonté d'ouverture qui n'a cessé de se renouveler et de s'affiner avec le temps et à travers les différentes équipes. La MC 93 fait partie des rares lieux dans lesquels je rentre avec le sentiment que je vais vivre une expérience, comme on fait un voyage et qu'on se déplace grâce à la rencontre avec l'autre, l'étranger, notre semblable.
Patrick, Valérie et toute l'équipe de ce lieu précieux, je vous envoie mon soutien et mon amitié.  
Le 10 octobre 2008

   
 

Pidz, photographe de spectacle.
Ce qui arrive aujourd'hui à la MC93 ressemble au début d'une restructuration de la Culture décidée par ceux qui ne la font pas.
Si le fond est effrayant, la forme, elle, est (abo)minable.
La culture est riche parce que sa diversité raisonne dans la variété des lieux qui l'accueille, la produit et la propose aux publics.
Chercher l'uniformisation en poussant les grosses structures à faire des OPA sur les plus petites c'est s'imaginer que l'on peut gérer le théâtre public comme une industrie et que l'offre (unique) va réguler la demande (trop variée donc pas rentable).
Il est idiot de raisonner de la sorte en confondant, en plus, théâtre et case de Monopoly.
Laisser faire équivaudrait à cautionner et à bientôt voir nos théâtres fermer les uns après les autres ....
Le 10 octobre 2008

   
  Henri Texier. Musicien.
Je soutien la MC93 de Bobigny
Halte au retour à l'obscurantisme.
Le 10 octobre 2008
   
 

Frédéric BIESSY Compagnie des Petites Heures.
Des années qu’avec mon camarade Rousseau nous nous battons aux côtes de la MC93 pour bâtir les productions et les tournées des créations de cette maison.
Des années que grâce à René Gonzalez, à Ariel Goldenberg, à Patrick Sommier et à toute l’équipe de la MC93 nous découvrons à Bobigny les créations de Bob Wilson, Peter Sellars, Matthias Langhoff, Nikita Mikhalkov, Anatoli Vassiliev, Rezo Gabriadze, Deborah Warner, Klaus Michael Grüber, Mikhaïl Baryshnikov, Heiner Goebbels, Peter Zadek, William Forsythe, Simon McBurney, Frank Castorf, Christoph Marthaler, Calixto Bieito, René Pollesch, Dimiter Gotscheff, Lev Dodine, Arpád Schilling, et tant d’autres qui nous prouvent que nous sommes bien en vie et que le théâtre reste un art exigeant et merveilleux.
Des années que dans les traces du même Patrick Sommier, de Tbilissi à Budapest, de Moscou à Pékin, d’Athènes à Naples nous cherchons à découvrir et à ramener sur les plateaux de la MC93 la parole d’artistes “différents”...
Et une petite poignée de fonctionnaires ignorants et d’aigris notoires balaieraient tout ça avec le plus grand mépris pour nous imposer l’idée la plus bête du monde : faire de la MC93 une “sous Comédie-Française” ?
Et quoi ??? Du jour au lendemain, d’un coup de baguette magique, nous verrions, main dans la main, tous les habitants de Bobigny descendre en cohorte des tours du Boulevard Lénine pour écouter Beaumarchais et Molière ? Absurde, grotesque, stupide !
“Albanel et ses copains à Bobigny, c’est Tintin au Congo” me disait un prof de lycée de Bobigny le jour de la conférence de presse dans le hall de la MC.
Allez, madame la Ministre, sonnez la fin de la récré ! Jetez plutôt un œil sur le site de soutien de la MC93. Regardez la liste des noms s’allonger de jour en jour, lisez les témoignages des artistes et du public publiés en ligne et surtout imprégnez vous de la déclaration des  acteurs de la Troupe du Français. Elle est digne et sensée. Renoncez à votre idée à deux balles. Retirez votre projet, mettez votre énergie à trouver de nouveaux moyens pour la MC93 et laissez nous travailler!
Le 11 octobre 2008

   
 

Fabienne Pourre  partenaire de cœur et de tête comme responsable culturelle pendant des années de villes du Val de Marne
Incontestable soutien à la MC93 pour tout ce qu’elle représente  de combats pour la création artistique,  pour  son intelligence, son histoire et surtout ses projets d’avenir ! Bravo et merci pour tout ce que vous êtes tout simplement.
Le 11 octobre 2008

   
  Patricia cité de l'Abreuvoir
« Qui va au théâtre en France ? », questionne à haute et intelligible voix la comédienne.
« Moi », répond une petite voix dans le public.
C’était pendant Barthes le questionneur, mise en scène de Nicolas Bigards, en 2007.
Moi aussi je suis allée à la MC93 et je n’en suis pas sortie indemne. Alors j’y suis retournée. Plusieurs fois. J’en suis sortie agacée, en colère, réjouie, en souriant, même émue aux larmes ou en réfléchissant, pleine de questions.
 L’élitisme, c’est quand on réfléchit encore longtemps après ? Ou bien c’est quand on savait déjà tout avant ?
N’être pas élitiste, ce serait libérer de la place dans les cerveaux pour… quoi ? Alors on aurait la Comédie-Française-bloc béton comme il y a tf-bouygues ?
 Les Séquano-Dionysiens (Neuf-Troisiens, ce n’est pas mal non plus) vont-ils à la Comédie-Française ? Y iront-ils ?
 La question culturelle n’est-elle qu’économique ? Et la question théâtrale (that is the question !) ?
Et ce gouvernement, c’est une mauvaise pièce ? sans entracte ! sans relâche ! et trop cher !
Qu'est-ce que je peux faire ?
Le 10 octobre 2008
   
 

Aurélie Ruby
Spectatrice régulière de la MC93, et persuadée de l'importance de l'ouverture vers l'est, notamment, qu'elle offre au public français, et qu'aucun autre théâtre parisien ne fait ainsi !
bon courage
Le 11 octobre 2008

   
 

Thierry de Peretti  metteur en scène,
Bien sûr avec vous, entièrement.
Contre ce projet de fusion aussi idiot que malveillant, entièrement.
Le 11 octobre 2008

   
 

Frédéric ROUSSEAU Compagnie des Petites Heures.
Si, lorsque j’étais enfant puis adolescent, était venue s’installer la Comédie-Française dans mon quartier de la banlieue grenobloise (qu’on n’appelait pas encore cité ni banlieue ni quartier difficile ni ghetto urbain, et qui pourtant était DEJA tout cela !), ça aurait été formidable puisqu’il n’y avait JAMAIS rien eu.
Dans la mobilisation qui nous occupe, il y a DEJA quelque chose et cela s’appelle la MC93 ! Ce n’est pas en changeant l’enseigne “MC93” pour celle de “Comédie-Française” (sûrement plus bling bling aux yeux curieusement réunis voire convergents de Mme la Ministre de l’UMP et de Mme la Maire du PC) que la culture paraîtra plus indispensable à une population fragilisée et discréditée socialement. Jean Vilar appelait à “une culture élitaire pour tous” ; Nicolas Sarkozy et ses ministres intègres aspirent à une culture plus proche des gens de ces quartiers. “Autres temps, autres moeurs” ou bien plutôt affirmation d’une idéologie discriminante et humiliante ?
A-t-on vu ces dernières années à la Comédie-Française des spectacles aussi remuants que Blackland par Arpad Schilling, Der Tartuffe par Dimiter Gotscheff, De Mal en peor par Ricardo Bartis, Le Maître et Marguerite par Frank Castorf, Vie et destin par Lev Dodine ? En dépit de la qualité de certains spectacles présentés à la Salle Richelieu : non, mille fois non !!!
Il est fantasmé pour la MC93 de permettre du jour au lendemain (et faisant fi du travail de sensibilisation ardu et ingrat déjà mené depuis tant d’années par ce théâtre) aux jeunes habitants du coin de pousser la porte de la Comédie-Française à... Bobigny. Est-ce pour éviter que ses petits blancs, arabes, noirs, asiatiques mal peignés viennent troubler la quiétude de ces bons blancs bien portants du centre de Paris ? Malheureusement violemment, c’est pour lutter contre cette relégation dont ils sont victimes que ces gamins, plagiant sans le savoir Tchekhov, hurlent : à Paris ! A Paris !
Le 11 octobre 2008

   
 

Claude Bernhardt Président du Synavi
Je soutiens l’action et l’existence de la MC 93.
Je dénonce la tentative de captation faites par le ministère de la culture pour des raisons essentiellement économiques - supprimer l’un des trois CDN du 93 – et prévues depuis plusieurs mois (qui du TGP de Saint Denis, de Gennevilliers ou de la MC 93 ? Ca y est, le choix est fait). Et bien entendu, madame la ministre justifie sa décision par du chiffrage, ce qui, comme chacun sait, tient lieu aujourd’hui de pensée politique.
Le 11 octobre 2008

   
 

Michel Berlemont
Ce n'est pas seulement la MC93 qui est menacée.
Si un théâtre "d'excellence" mange un autre théâtre d'excellence au lieu de deux excellences théâtrales, le public n'aura plus droit qu'à un théâtre "pédagogique et culturel", c'est-à-dire politiquement correct, donc théâtralement monstrueux.
Ce n'est pas une erreur. Le pouvoir ne se trompe pas. Il veut seulement que les théâtres ne donnent à voir et à entendre que ce qui lui plait. Mais se servir d'un théâtre pour en étouffer un autre est un acte liberticide particulièrement pervers. 
Que ce projet avorte pour que vivent les "excellences" et de la MC93 et de la Comédie-Française. 
Le 11 octobre 2008

   
 

Etienne Oumedjkane Acteur.
Salut o mes potes techniciens du BOB Techniciens de coeur Techniciens
de l'humain Salut Patrick Salut Valérie et vous Tous de MC Bobigny 9-3
Hamlet va recevoir les Comédiens qui arrivent Et c'est là qu'il dit:
"-Le théâtre sera le piège où je prendrais la conscience du Roi."
Ce sont les comédiens du Français qui sont arrivés et vous les hamlet
qui les attendaient
Mais qui est le Roi..?
La bataille continue...
Le 11 octobre 2008

   
  Maxime BONO Député-maire de La Rochelle
Depuis des années et même quelques lustres la MC93 fait vivre sur ses scènes et dans ses salles   de beaux instant de théâtre et de belles émotions. Elle y présente  très souvent ce que l'on ne voit nulle part ailleurs, à un public qui simplement est le sien ...  aussi nombreux que divers simplement rassemblé par une vertu trop rare : l'exigence. 
Penser expulser de leur théâtre ceux qui  ont consacré des années à en faire un lieu de référence, populaire (mais oui) et international est simplement inacceptable . 
L'accepter serait simplement capituler devant l'injustice, les idées reçues et les préjugés.
Bien sur, être courtisé par le Ministère et par la Comédie-Française de surcroît,  est toujours flatteur. Mais les pouvoirs locaux devraient y réfléchir à deux fois, car c 'est bien connu, tout flatteur  etc ,etc ....
Le 11 octobre 2008
   
 

Caroline Marcadé Chorégraphe et metteur en scène
Professeur au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique

J'apporte mon soutien à toute l'équipe du théâtre de la MC93 et à Patrick Sommier, son directeur. Quand, au théâtre, nous choisissons après des mois de réflexion la distribution d'une pièce, chaque acteur signe un contrat, il endosse par son travail le rôle qui lui a été confié. Au fil des répétitions puis devant le public il incarne ce rôle. Dans quelques situations extrêmes, et après concertation avec la personne intéressée, il peut se trouver qu'un acteur soit remplacé. Quel nom donner à cet acte insensé, celui-là qui nous préoccupe? Quel
nom donner à cette pièce qui parle de concertation une fois que l'écriture a effacé le nom des auteurs? S'agit-il d'une nouvelle forme de mise en scène? Est-ce du théâtre expérimental ? Non, c'est la vie.
Il y a des jours où la honte fait bon ménage avec la colère.
Le 11 octobre 2008

   
  André Guittier Michel Raskine et l'équipe du Théâtre du Point du Jour.
Depuis l'aube de la décentralisation, les compagnies installées en région, convaincues que "nul n'est prophète en son pays", ont toutes éprouvé la nécessite vitale de "s'exposer" à Paris.
Par ailleurs Il n'y a jamais eu meilleure manière de conforter les positions locales.
Et quoi que l'on veuille bien en dire, c'est toujours le cas.
Notre compagnie "lyonnaise" du Point du Jour doit une grande partie de son incontestable succès "provincial" à l'intérêt que des directeurs de théâtre "parisiens", Gérard Violette, Patrick Sommier, Pierre Ascaride et d'autres, ont bien voulu porter aux mises en scène de Michel Raskine.
En son temps, dans le sud de la capitale, Nicole Gautier a - à elle seule - entretenu l'espérance de vie de tout un pan de la création théâtrale décentralisée.
Par parenthèse, Il est important de souligner que ces accueils, ces coproductions, jamais inscrits dans des perspectives "d'échange" (la grande perversion de la diffusion des spectacles) ne furent que le fruit que des politiques "réellement" artistiques de ces directeurs.
La vie de notre "Barbe Bleue, espoir des femmes", d'une Dea Loher quasi inconnue à l'époque, doit beaucoup à cette magnifique série de représentations à la MC93 concoctée par Patrick Sommier et son équipe.
La remise en cause du statut de la MC93 conduirait aussi - et entre autre bien sûr  - à faire de nous des  "endommagés collatéraux".
Nous, déjà fragilisés, envisageons donc cette hypothèse avec désespoir.
Le 11 octobre 2008
   
  Jacques Pieiller
Je me sens obligé d'en dire encore deux lignes, apparemment, je n'ai pas épuisé
mon indignation.
Une vanne s'est ouverte laissant passer là comme ailleurs des torrents de
sottises et d'abus de pouvoir ; plus aucun filtre ne retient la raison et la
morale.
Il y encore très peu de temps ce genre d'initiative eût été risible et ne serait
jamais sortie en plein jour.
Si les politiques se définissent aujourd'hui comme seulement gestionnaires, ils
ont perdu tout un pan des raisons pour lesquelles ils ont la représentativité
du peuple... La politique, ne pas confondre avec la politicaillerie.
Tout ce qui sera possible à mon niveau, je le ferai pour la suite de la MC93,
pour ce qu'elle a toujours fait avec ténacité : son travail.
Le 11 octobre 2008
   
  Jean-Michel Puiffe, Scène nationale de Sénart
Patrick,
Lundi dernier tu nous disais à quel point il était stupide et dommageable, "de vouloir opposer les gens de théâtre".
Après, la très belle déclaration des Comédiens Français, et les très nombreux soutiens que vous aviez obtenu, on pouvait espérer que ce "projet" soit ajourné.
L'idée persiste, on ne sait pas très bien pourquoi.
Tout çà est navrant !!!
Courage.
Le 11 octobre 2008
   
  Betty Murawiec
Mon cher Patrick,
De retour d'un voyage, je découvre avec stupéfaction et colère le "projet" concocté par la Ministre (de la liquidation) de la Culture, avec l'assentiment (?) des collectivités territoriales.
Certes, à la Bourse des Valeurs, celle de la Culture a très mauvaise presse et sa cote est au plus bas.
Mais s'il faut parler "actions" mieux vaudrait parler de mauvais action, d'un coup bas de très mauvais goût.
Je t'adresse ainsi qu'à toute l'équipe de Bobigny, l'expression de mon amitié et de ma solidarité (d'ancienne de la MC et toujours spectatrice assidue et passionnée). Plus que jamais, que vive le spectacle vivant et ses meilleurs serviteurs.
Le 11 octobre 2008
   
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