mc93

LA MC93 MENACEE

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  Lire le communiqué de Patrick Sommier, 21 octobre 2008
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  BOB WILSON
Cher Patrick,
Je suis extrêmement préoccupé par la nouvelle selon laquelle Bobigny pourrait être annexé par la Comédie-Française pour étendre sa programmation. Bobigny a toujours été une maison qui a pris position en faveur d’un théâtre nouveau et innovant. Je lui suis très reconnaissant d’avoir présenté mon travail : THE KNEE PLAYS sur une partition de David Byrne dès le début des années 80 ; THE CIVIL WARS : A TREE IS BEST MEASURED WHEN IT IS DOWN ; ALCESTE d’Euripide avec un prologue de Heiner Muller ; et HAMLET de Shakespeare que j’ai joué sous la forme d’un monologue sur 6 semaines.
Le soutien que m’a apporté très tôt ce théâtre a été déterminant pour établir ma carrière telle qu’elle est à aujourd’hui. J’espère qu’il y aura un moyen pour toi et ton théâtre de poursuivre ce travail capital. N’hésite pas à me dire de quelle manière je pourrais être d’une plus grande aide.
Très amicalement.
Le 13 octobre 2008
   
  Pascal Rambert, Nicole Martin
Nous ici au Théâtre de Gennevilliers, Centre Dramatique National de création contemporaine, sommes bien placés pour apporter une réflexion à ce qui est en train de se mettre en place manifestement à Bobigny.

Nous ici à Gennevilliers avons établi un  partenariat avec la Comédie Francaise et spécialement le Studio Théâtre. Mais ce partenariat a été pensé , réfléchi, concu, parlé ensemble. Dans une totale transparence . En toutre franchise.
Jamais il n’a été question d’être annexé par la Comédie Francaise. De plus les spectacles créés sont joués à tour de rôle dans nos salles ici à Gennevilliers puis au Studio Théâtre. Nous sommes dans un échange. Un dialogue.
Malheureusement ce que nous voyons se profiler à Bobigny contre son Théâtre  et son directeur dont les choix artistiques sont inattaquables nous laisse perplexes et amères. Nous rend furieux.
Pourquoi ? Parce qu’en lieu et place d’un dialogue il y a épreuve de force, brutalité, mépris,  attaque claire de certaines tutelles contre nos theéâtres “ de banlieue”.
Si nous ne réagissons pas tout de suite, demain – pour d’autres raisons – ce sera Gennevilliers, Nanterre, Aubervilliers, Montreuil , Saint Denis, Malakoff, Vitry, Ivry ...qui seront annexés par une idée moins noble : la fermeture pure et simple.
Le 13 octobre 2008  
   
 

Lukas Hemleb
Loin de Paris et Bobigny, je ne ressens pas moins l’impacte du mauvais coup qu’on essaie de porter à la MC 93. J’ai fait des des mises en scène à Bobigny et à la Comédie-Française. Je me sens très personnellement concerné par ce qui est en train de se passer. Je crains aussi qu’avec le communiqué de presse de la troupe de la Comédie-Française, l’affaire est loin d’être close.


J’aime la Comédie-Française parce que j’aime ses comédiens. Et leur déclaration ne peut que renforcer l’attachement que je ressens envers eux. Mais je ne peux m’imaginer revenir travailler au Français (si on me le demandais, ce qui n’est pas le cas pour le moment), avant que cette cabale ne soit complètement enterrée. Avec ce qui vient de se produire, la méfiance est de mise, et il faut redoubler la vigilance, surtout ne pas se fier à un instinct de raison qui ferait penser: “non, c’est grotesque, ils n’iront pas jusque là…” — erreur! car “ils” iront bien jusque là, et plus loin encore.

L’édulcorant mis dans les dernières declarations qui parlent d’un “rapprochement des deux maisons” n’effaceront pas le relent âcre d’un poison florentin, concocté en secret, dans le but de redistribuer les cartes du pouvoir. Vouloir jeter son dévolu sur un théâtre, dans le dos de celui et de tous ceux qui se battent pour son existence, pour sa survie, avec l’ambition et le success dont témoignent ces pages: il faut oser le faire, tout de même! Mettre un théâtre à genoux, pour ensuite l’inviter à se mettre autour d’une table: qui l’aurait cru possible? C’est un très mauvais pacte de l’art avec le pouvoir de vouloir ouvrir une salle de théâtre avec la complicité des responsables politiques qui veulent faire disparaître un théâtre.

Si cela passe, on est mal. Car il ne s’agit pas seulement de Bobigny. Ce serait un signe de plus pour un changement de la topographie mentale du pays. Signe, que des reflexes politicards et pavloviens puissent désormais prévaloir sur tout raisonnement intelligent et artistique. Que les théâtres n’auront que très peu de chance de se tenir par la qualité de leur travail.

Pour ce qui concerne la Comédie-Française, j’ai eu l’expérience de ses trois salles. Le souhait d’une salle qui permet de jouer dans des configurations autres qu’à l’italienne, est légitime, et loin d’être nouveau. L’idée revient systématiquement sur la table, à chaque nomination d’un nouvel administrateur. Mais le système des trois salles actuelles, déjà, est précaire. Pour la plus petite, le Studio-Théâtre, il n’y a pas les moyens pour faire une vraie programmation. Mis à part le caractère déloyal et indigne de la façon comme le projet CF à Bobigny a été mis en route, dans son contenu il n’y a même pas l’amorce d’une réponse donnée aux problèmes qui l’accompagnent: quel serait le budget alloué à une telle entreprise? Y-aurait-il une augmentation des effectifs de la troupe? D’où sort un tel argent, si on le refuse depuis des années au légitime prétendant, sous prétexte de disette? Un tel budget, comme est-ce qu’il se justifie, vu que pratiquement tous les théâtres ont le dos au mur, se battent pour la survie, faisant face à des augmentations de leurs frais pendant que l’on gèle une partie de leurs subventions? Et tout cela, pour faire quoi, au juste?

L’idée d’apporter de la culture au publique des banlieues qui n’attend, à ce qu’il paraît, que la venue de la Comédie-Française dans ces quartiers pour aller au théâtre (aller au théâtre à Paris, c’est top intimidant!), provoque les lyrismes des uns et les platitudes des autres. Au regard d’une maire qui est convaincue d’implanter l’équivalent de la Tour Eiffel (ou des arènes de Nîmes) à Bobigny, et d’une ministre qui vante un projet dont le point fort — quel vertigineux envol de l’imagination!  —  est le travail de proximité, les interventions dans les écoles, les “formules à 18h”, et un restaurant où l’on peut se rencontrer… on se demande qui c’est à qu’il faudrait apporter un peu de culture?...

Nous devons faire preuve qu’il y ait encore une éthique dans notre métier. J’aimerais que les metteurs en scène qui travaillent ou ont travaillé à la Comédie-Française, s’expriment. Ils faut que le monde théâtral face front à l’ignorance et à l’ignominie.
le 11 octobre 2008

   
 

Michel Parfenov Editeur, né en banlieue (9/2) et y vivant depuis toujours (9/5), proche de Bobigny (9/3)
Cher Patrick,
Quand on a commencé à parler de l'affaire inouïe du projet d'occupation des
locaux de la MC 93 par la Comédie Française, j'ai eu beaucoup de mal à
expliquer à des amis ce qui se tramait. Ils restaient pour la plupart
incrédules. En gros, pour eux, je ne devais pas avoir tout à fait bien
compris le fond du problème. Ariane Mnouchkine a raison, cela avait tout
l'air d'un mauvais canular, genre mariage de la carpe et du lapin.
Pour faire image, j'ai cherché désespérément « une fable » et brusquement,
je me suis souvenu des premières années de Eltsine après la chute de
l'Empire soviétique. Comme dit Svetlana Aleksiévitch : "Les Russes ont alors
découvert le monde et réciproquement. Un temps de romantisme partagé ».
Je t'ai connu à ce moment quand tu faisais romantiquement découvrir aux
spectateurs français le théâtre russe resté vivant.
Donc, dans les années Eltsine, les locataires pouvaient devenir
propriétaires de leur logement sans débourser le moindre kopeck. Des «
agences » qui anticipaient la hausse vertigineuse de l'immobilier en Russie
eurent une idée de génie : envoyer des démarcheurs et proposer quatre, cinq
caisses de vodka à l'homme de la maison contre une signature sur un bout de
papier. Joie de celui qui a signé mais deux mois plus tard les gros bras
venaient récupérer l'appartement dûment vendu au grand dam de la mère de
famille qui se retrouvait à la rue.
Je ne sais pas ce qu'a reçu ou espéré recevoir la mairesse de Bobigny
(restons dans le symbolique : le besoin de notoriété... ) mais la Ministre
de la Culture et ses collaborateurs ont cru vraiment qu'avec son appui
l'affaire était dans le sac et qu'ils allaient prendre possession des lieux.
C'était, heureusement, sans compter la mobilisation de tous les amoureux du
Théâtre, du Public, des comédiens avec, joie immense, ceux du Français.
Je ne sais pas si c'est grâce à une fréquentation assidue de l'Asie mais la
riposte de la MC 93 m'a fait penser à une magistrale partie de go. On va
souhaiter que celle-ci ne dure pas mille ans. Mais quoiqu'il en soit,
sache que nous restons mobilisés à vos côtés !
Le 12 octobre 2008

   
  Je suis Josée YONNET, professeur de Lettres à la retraite depuis 2005 et je soutiens fermement la MC de Bobigny qui fait un travail remarquable.
Le 12 octobre 2008
   
  Jean-Michel Ribes Metteur en scène et directeur du Théâtre du Rond-Point
Heureux de voir que l'indépendance et la liberté de création de la MC93
soient parvenus à faire reculer ce projet de colonisation soit disant
économcoco culturelle.
Le 12 octobre 2008
 



  Cécile Garcia Fogel   comédienne
La première fois que je vis un spectacle  à la MC93, j'étais avec Mehmet Ulusoy,mon professeur et maître, il m'emmenait voir un Don Juan monté par des russes, j'avais 19 ans...
Je reconnus quelque chose, quelque chose de mon histoire, comme la première fois que j'allais au Theâtre du Soleil. Puis je découvris Deborah Warner, son Electre me dévissa littéralement le crâne, et cela continua encore et encore. Les russes entrainaient les allemands qui eux-même laissaient apparaître les hongrois, les espagnols... Tous ces spectacles m'ont donné le goût, le besoin de partir en Allemagne voir ce qu'il s'y passait, me projetèrent également en Russie chez Lev Dodine et aussi sur les traces de Tairov, Meyerhold et le theâtre Gabima.
Ces pérégrinations furent motivées par ces spectacles internationaux que je voyais en grande partie à la MC93.
Certains theâtres plieront d'un coup "sec" si les grosses machines institutionnelles se mettent en tête de les manger. Retenons nous de nous dévorer les uns les autres même si l'envie de mordre nous prend parfois.    
Le 12 octobre 2008      
 

 

 
Marie-Louise Bondy-Bischofberger Metteur en scène
Quand je suis arrivée à Paris il y a 20 ans, le premier spectacle que j'ai choisi d'aller voir, c'était "Don Giovanni" de Peter Sellars à la MC93 à Bobigny. Depuis, je suis restée attachée au monde et à la programmation de ce théâtre : regulièrement, mes choix de pièces m'ont obligée.... de prendre le chemin pour Bobigny. Plus tard, j'ai eu la chance de pouvoir faire partie de ce théâtre, de pouvoir y sentir une maison, une direction artistique et une équipe technique engagée. Un lieu, qui s'engage aussi dans l'entourage où il est implanté; J'y ai travaillé par exemple avec des lycéens de Bobigny sur les "Mille et une nuits", eux, comme population de Bobigny, entraient en échange avec le théâtre, emmenaient la richesse de leur culture et en faisaient profiter les spectateurs qui venaient d'ailleurs. Je souhaite que ce théâtre, Patrick Sommier et son équipe artistique et technique, puisse continuer à faire son travail, qui fait de ce lieu un théâtre important.
Le 12 octobre 2008      
 


  Marc Le Glatin Directeur du Théâtre de Chelles
Bonjour Patrick,
Peut-on imaginer que cette idée de faire de Bobigny une annexe de la Comédie-Française, idée totalement incongrue, ait pu être reprise par le Ministère comme un témoignage supplémentaire de sa propre vacuité ? Je n’y crois pas.
Certes, cette intention ne camoufle aucune réflexion constructive sur les véritables enjeux des politiques culturelles territoriales. Mais elle n’a d’absurde que l’apparence. Elle révèle les véritables objectifs de ce gouvernement, qui restent encore peu avouables sans l’artifice de coups médiatiques de ce type qui ont pour but de sonder la réaction de l’opinion : il s’agit tout simplement d’entamer la liquidation progressive des outils d’émancipation culturelle qui furent créés en quelques décennies sur l’ensemble du territoire national, sur la base d’idées issues de la lutte contre le fascisme, telles qu’elles furent formulées dans l’après guerre.
La ministre ne s’encombre ici d’aucune pensée, pourtant nécessaire, relative au rôle de ces outils de service public dans une société en voie d’éclatement. Incapable de conduire une réflexion éclairante, sa perspective ne semble guidée que par un réflexe politique revanchard. Celui de tous ceux qui brûlent de s’attaquer d’emblée au plat de résistance : les lieux de création et de diffusion de cette forme d’art qui a toujours pris pour sujet principal le monde comme il ne va pas. Par l’humour ou le drame, le théâtre nous dit comme il va mal ou, parfois, comme il pourrait aller, mais ne conforte jamais l’ordre que les grands médias polissent à longueur d’antenne.
Autant dire que, derrière Bobigny, la liste noire est longue.
En dénonçant cette initiative, malheureusement approuvée par des institutions qu’on aurait plutôt attendues dans un rôle d’actualisation des missions d’un service public du théâtre, c’est bien à l’amorce d’une entreprise de lobotomie de la vie culturelle de ce pays que l’on s’oppose.
Soyez donc assurés, toi et ton équipe, de mon soutien dans cette affaire qui nous affecte tous.
Très cordialement,
Le 12 octobre 2008  
   
  Emmanuel Chanial.
Bonjour à tout-es,
D ésolé pour ce message qui vient un peu tard, et après la bataille semble-t-il vu l’initiative de Denis Podalydès, mais si ça peut vous faire plaisir on ne va pas se priver :-)
    J’habite à Paris depuis 12 ans, j’ai commencé à réellement aller au théâtre depuis 10 ans, et il ressort de mes petites archives que dans mes spectacles absolument préférés de tous les temps et donc marquants il y en a 11 à la MC :
  - Blackland d’Arpad SCHILLING
    - Les Chasses du comte Zaroff de SENTIMENTAL BOURREAU
    - Comme il vous plaira de Jean-Yves RUF
    - The Elephant vanishes de Simon McBURNEY
    - Feu l'amour ! de Jean-Michel RABEUX
    - Høllenkin gen 40° de Meret BECKER
    - Ma Reine des neiges de Frank CASTORF
    - The Prefab Four d’ORKATER
    - Les Sept Péchés capitaux de Hans Peter CLOOS
    - Shazam ! de Philippe DECOUFLÉ
    - Songs and Stories from Moby Dick de Laurie ANDERSON
Ce qui en fait mon théâtre favori, sans parler de ce que j’ai dû rater :-( En tout cas chaque jour je me réjouis d’habiter sur la ligne 5, à quatre stations de ce lieu merveilleux. Et pour ne rien vous cacher, nous avons même, avec des ami-es, cité la MC et Patrick Sommier dans une chanson d’amour à l’est parisien.
En revanche, s’agissant de la Comédie-française, eh bien jusqu’ici rien ne lui a permis d’entrer dans ce palmarès tout personnel.
Moralité : à ce jour, MC : 11 – Français 0.
Fin du débat. Longue vie ! Toutes mes amitiés et ma reconnaissance,
Le 12 octobre 2008  
   
  Bernard Pelinq Président des ATP d'Aix
Cher Patrick,
J'ai toujours en mémoire ce 26 Juillet 1978 où tu  avais amené aux ATP d'Aix ce spectacle du Teatro Campesino LA CARPA DE LOS RASQUACHIS.
Un spectateur aixois me disait encore il y a peu l'émotion extraordinaire qu'il avait ressentie et qu'il ressentait encore à sa simple évocation.
C'est un de mes plus beaux souvenirs de théâtre encore à ce jour.
Pour moi, pour François Hauser  tu as toujours été ce découvreur généreux de talents extraordinaires.
Le coup que l'on te porte aujourd'hui fait fi de tout ce que tu as apporté au théâtre, des découvertes que tu nous as fait faire, des aventures où tu nous as entraîné et où tu continues de nous entraîner (la saison dernière encore ces trois représentations de ESPIA A UNA MUJER QUE SE MATA que nous programmons en Novembre 2008 à  Aix).
Cette ministre, ces technocrates, ce "Français" (les comédiens ont réagi enfin !) te jouent, nous jouent nous qui nous rendons régulièrement dans tes murs, décidément une bien mauvaise comédie.
Les ATP d'Aix, sont avec toi et avec  ton équipe, dans ce moment difficile.
Bien à toi
Le 12 octobre 2008  
 

 

  Colette Godard
Je voudrais juste confirmer que, suivant les activités de la MC93 depuis qu’elle existe, je ne comprends pas la stratégie de Muriel Mayette. Ni l’intérêt de la municipalité de Bobigny. On aimerait pouvoir en rire tellement c’est ridicule. Mais il y a plus grave : la confusion totale dans la conception de la vie artistique en France. Et le mépris pour les personnes qui s’y consacrent. Une chose est certaine: il ne faut pas laisser faire.
COURAGE ET HAUT LES COEURS
Le 13 octobre 2008  
 

 

  Mathieu Bauer, Judith Henry, Sylvain Cartigny,Martin Selze
Cie sentimental bourreau
C'est avec beaucoup de colère une grande tristesse et que j'ai appris le nouveau plan imaginé par le ministère pour la MC93.
Ce théâtre est pour moi la maison qui m'a vu grandir et qui est pour toute une génération le lieu de nos plus grands chocs et de nos plus grands émois de spectateurs. C'est une relation intime avec vingt ans d'histoire du théâtre qui défile devant mes yeux. C'est à cet endroit là, au 1 boulevard Lénine, au milieu des tours du 93, que j'ai entendu avec le plus de force, de pertinence et de virulence un état des lieux de notre monde. Du théâtre tout simplement, en prise directe  avec ses contemporains. Quand je ressortais de la MC93 je rêvais d'y jouer un jour et de pouvoir modestement à mon tour m'inscrire dans cette histoire. J'ai eu le chance que ce rêve se réalise. S'en est suivie une des plus belles collaboration pour la compagnie. La confiance et le dialogue qui s'est alors installé avec Patrick Sommier et toute son équipe est d'une qualité rare. Grâce à cet échange et aux moyens mis à notre disposition la compagnie a pu grandir, s'épanouir et trouver son public. Avec la compagnie nous avons longtemps séjourner dans le théâtre, un lieu magique, riche d'une équipe toujours prête à nous suivre dans nos circonvolutions. Une fabrique incroyable, où nous avons pu convoquer et reconvoquer le théâtre. Aujourd'hui encore grâce à la diversité et à la qualité des spectacles programmés, la MC93 est un lieu incontournable. Je me dois  de clamer haut et fort mon attachement à cette maison et à son directeur, et son importance dans le paysage de la création théâtrale française.  
J'espère cher Patrick que tout ceci n'est qu'un cauchemar, je n'imagine pas la chose autrement. Je veux pouvoir venir encore longtemps m'asseoir dans ce beau théâtre, et découvrir tous ces artistes que tu sais si bien aller chercher là où nous ne saurions les trouver !!!
Le 13 octobre 2008  
   
  Myrto Procopiou comédienne
A l'attention de Patrick Sommier et toute l'Equipe de la MC93 Bobigny
"La Chose la plus importante dans l'Art est de montrer d'abord la pièce d'identité de l'Artiste." Chen Zhen
Je suis grecque, de parents grecs d'Alexandrie. Suissesse d'adoption, après une enfance passée à Tunis. Je vis et travaille en France. C'est une chance et une richesse extraordinaire de pouvoir voyager et d'être traversée par toutes ces cultures.
Je suis en empathie avec le travail artistique extraordinaire de Patrick Sommier et de toute son Equipe de la MC93, parce que c'est dans la diversité culturelle de sa programmation et sa formidable vitalité que je me reconnais. Dans cette ouverture sur le monde. Avant d'être comédienne à Bobigny, je suis spectatrice à Bobigny, et avant d'être une spectatrice, je suis une citoyenne du monde. L'Art c'est un point de vue sur le monde. La liberté de choisir, aussi. Contre le cloisonnement, l'ignorance, l'intolérance, la bêtise et le mépris.
C'est une décision IRRECEVABLE et FEODALE.
Patrick Sommier et toute l'équipe artistique de la MC93 Bobigny, vous avez mon soutien infaillible.
Le 13 octobre 2008
   
 

Viviane Got, Jean-Louis Mingalon
Je soutiens Patrick Sommier pour son travail passé, présent et à venir à la direction de la MC93 dont nous souhaitons qu'avec un budget adéquat et autonome, elle continue de rester un des phares de la création théatrale contemporaine.
Le 13 octobre 2008

 

 

  Sylvie RAISSIGUIER Chargée de mission pour le Théâtre et la Danse à la Direction de la Culture, Conseil régional du Centre
Bonjour Valérie,
J’ai bien entendu pris connaissance de l’Affaire de la Comédie-Française. Je voulais vous faire part de mon soutien et de mes pensées.
Embrasse toute l’équipe de ma part.
Avec toute mon amitié,
Le 13 octobre 2008
 


  Denis Jansolin comédien de son Etat et acteur du Monde.
D'abord vous dire que j'ai bien pris connaissance de ce qui se trame contre vous en haut lieu et puis ensuite vous affirmer mon soutien  indéfectible puis que c'est la "bio-diversité culturelle" qui est en question à l'avenir et la reprise en mains idéologique de tout une partie du théatre français par l'une des institutions culturelles parmi les plus conservatrices, instituant de fait une muséologisation du théâtre contemporain et du spectacle vivant dans ses aspects les plus novateurs.
Autant il peut me paraître normal que la Comédie-Française veuille se redévelopper dans les régions en définissant sa propre décentralisation, autant je trouve anormal qu'elle veuille avaler sa concurrence naturelle, garante d'une bio-diversité artistique oh, combien nécessaire aujourd'hui ! Ainsi les preuves nous sont données tous les jours du glissement progressif de la démocratie à résoudre ses difficultés dans un totalitarisme rampant et malsain !
Le 13 octobre 2008
 

 

  François Marthouret.
Incompréhension, stupéfaction devant cette maladroite tentative d'OPA sur la MC93 qui est au coeur d'une création théatrale magnifiquement curieuse et ouverte au monde depuis des années, engagée dans la difficile et indispensable bataille de réunir un public le plus varié possible autour d'oeuvres conjuguant plaisir, imaginaires, conscience. Dans la continuité exigeante et généreuse des Vilar, Strehler, Brook.... Solidairement et Fraternellement à Patrick Sommier et à son équipe.
Le 13 octobre 2008
 

 

  Festival d’Automne à Paris
Le Festival d’Automne à Paris a une longue histoire avec la MC93 depuis son ouverture, nous y avons co-produit et accueilli les plus grands artistes actuels, Robert Wilson, Klaus Michael Grüber, Peter Sellars, Laurie Anderson, Simon Mc Burney, Mikhaïl Baryshnikov, Heiner Goebbels... Christoph Marthaler dans quelques jours.
Chaque année nous travaillons avec Patrick Sommier comme nous l’avons fait avec ses prédécesseurs à la présentation de spectacles innovants, excitants et venant du monde entier. Ils ont rassemblé des milliers de spectateurs. De Bobigny comme d’ailleurs.
Qu’une telle structure et de telles ambitions artistiques puissent être menacées nous semble tout à fait dommageable. Les créateurs y perdraient un partenaire précieux. Le public y perdrait l’un des foyers les plus vivants de la création contemporaine.
Le 13 octobre 2008
 

 

  Jacques Nichet
Cher Patrick
Je viens d'apprendre par les journaux les turbulences annonciatrices de tempête qui vous secouent rudement ! Tiens ferme la barre, ne baissez pas la voilure, gardez le cap !
Vous nous faites respirer l'air du large en nous permettant de
découvrir des artistes de toute l'Europe ou de plus loin encore : le Monde frappe à notre porte...
L'aventure de la décentralisation théâtrale mérite aussi de faire régulièrement surface à Paris ou dans ses environs immédiats. Si nous perdons l'accès à la M.C.93, après avoir perdu celui du Théâtre de
Chaillot, nous reculons insidieusement. Ne pas pouvoir présenter nos
meilleurs spectacles devant le public, les artistes, les journalistes de notre Capitale nous appauvrit et nous rejette dans l'anonymat...
L'art demande de grands espaces de liberté pour pouvoir dévier,sortir de la ligne,aller voir ailleurs, proposer de nouvelles formes et des langages inattendus ! La MC93 appartient à ces espaces qui vont en se raréfiant : Tous ensemble, protégeons cette rareté !
Le 13 octobre 2008
 

 

  Dominique Bluzet
Cher Patrick
Je suis sur que tu es l'excellence. Que, aujourd'hui si certains spectacles
sont là c'est parce qu'ils sont venus avant à Bobigny.
C'est pour ton futur et non pour le passé de la MC93, qu'il faut se battre.
Tu es celui qui offre en avance à la banlieue ce que d'autres verront après.
Je pense fort à toi.
Le 13 octobre 2008
 

 

  Pierre Akrich Jeannine Etcheverry – THEATRE TOUJOURS
Chers Patrick et Valérie
Il est des lieux de théâtre où l’on va avec impatience et curiosité, quasiment sûrs de vivre quelques heures de découverte et d’étonnement, pour en ressortir changés dans notre conception d’une œuvre, du monde ou de nous-même. La MC93 en est un. Et là se croisent des regards d’ici et d’ailleurs, singuliers, sur des œuvres inconnues ou que nous croyions connaître, loin des poncifs, des frilosités et du matraquage commercial.
Que dans un tel lieu, chacun nous accueille avec enthousiasme et chaleur, cela contribue aussi à la Fête du Théâtre…
Patrick, tu œuvres depuis tant d’années, avec Valérie, à faire avec passion de cette MC93 notre maison à tous... Nous ne pouvons imaginer que disparaisse l’esprit de cette maison.
La MC93 est un lieu de culture –rare aujourd’hui- où parole, liberté, rencontres et création  ont encore leur place. Nous exigeons que demeure cette ouverture-là.
Surprise et révolte par rapport aux menaces concernant la MC93.
Nous t’assurons, Patrick, de toute notre amitié, de notre soutien à toi, à toute l’équipe de la MC, à Valérie en particulier.
Continuons le combat !
Le 13 octobre 2008
   
  Edgar Petitier Professeur d'études théâtrales en classes préparatoires
Je regrette beaucoup de n'avoir pas pu participer au rassemblement du 6 octobre et j'exprime mon soutien total à la MC93 et à la façon dont elle est actuellement dirigée. Comment ne pas partager les réactions nombreuses exprimées sur ces pages depuis une dizaine de jours ? L'apport ancien, continu et productif de la MC93 à la vie théâtrale la plus intéressante et la plus nécessaire, son effort pour faire connaître au public le plus large possible les créateurs d'Europe et d'ailleurs, l'intelligence de sa programmation fondée sur une vraie diversité : de quelle nature est la politique culturelle qui tirera un trait sur cette histoire ? Je suis atterré d'apprendre qu'en cette affaire des élus socialistes et communistes partageraient les vues destructrices et démagogiques du gouvernement UMP et de ses chargés de mission.
Professeur d'études théâtrales en classes préparatoires, je connais et j'apprécie vraiment le travail de fond effectué par les équipes de ce théâtre en direction de tous les publics, notamment scolaires et universitaires (travail indispensable mais dans lequel ne brille pas, par exemple, la politique de la Comédie Française). En raison de la qualité artistique de sa programmation j'abonne tous les ans mes étudiants à la MC93 ; et je suis frappé du fait qu'un très grand nombre d'entre eux choisissent individuellement et librement de s'y réabonner les années suivantes. Ce qui est proposé dans ce théâtre, ils ne le trouveraient pas ailleurs.
La menace portés à la MC93 est inadmissible. Peut-être réussira-t-on à la contrer. La même menace, ou une menace similaire, se reportera alors sans doute ailleurs. Peut-être le "démantèlement" auquel on a affaire n'est-il pas si soudain, et pas si récent. On se demande par quel miracle pourra subsister un vaste et fort réseau de théâtres publics conduits dans des orientations de qualité et de respect démocratique des populations, voire d'éveil des esprits, lorsque tout est soumis à l'intérêt particulier ; lorsque la distribution de l'eau est privatisée, lorsque la distribution de l'énergie est privatisée, lorsque la distribution du courrier est privatisée (des centaines de bureaux de poste ferment sans susciter de grands remous), lorsque les télécommunications sont privatisées, lorsque la télévision est de fait privatisée même lorsqu'elle est publique, lorsque la distribution des savoirs par l'école est discrètement chaque jour davantage privatisée, lorsque la recherche est placée sous la coupe des intérêts privés, lorsque l'université est offerte aux délices de la concurrence et se soumet implicitement aux objectifs du marché — toutes politiques qui ne datent pas d'il y a un an ; lorsqu'après un siècle de réduction continue des inégalités, depuis vingt bonnes années le mouvement s'est inversé et l'inégalité s'accroît continûment, durablement et significativement ; lorsqu'ainsi une part énorme de la population n'est plus en situation de vivre décemment, de se cultiver, de formuler pour sa propre vie des objectifs élevés et se trouve si écrasée qu'elle ne réclame que trop peu, pour le moment, la part qui devrait être la sienne dans les richesses, la culture et le pouvoir.
Finalement, face à ce mitraillage qui touche et touchera l'une après l'autre toutes les institutions issues de conquêtes démocratiques, si l'on ne se résigne pas, on peut ou bien se sentir une âme de danaïde, ou bien rêver de changer de tonneau !
Le 13 octobre 2008
   
 

Martine Loyau Graphiste Ancienne présidente du Syndicat National des Graphistes
Quoi de neuf ? Molière
Oui Molière a été joué à la MC 93.
L’école des femmes.
Je suis graphiste et j’ai réalisé l’affiche de ce spectacle.
Je dois à la MC 93 d’autres belles réalisations dont l’affiche de « La Maman et la putain »
Grâce a cette affiche qui a fait le tour du monde des biennales graphiques, je suis entrée dans la « cour des grands ». Merci.
Pour la petite histoire le brief de Patrick Sommier était « C’est le baiser de Doisneau revu par Andy Warhol ». Evidemment j’ai fait autrement.
Une belle histoire, il fallait de l’audace pour présenter Jean Eustache  - texte intégral du film -
Mais de l’audace la MC 93 n’en n’a jamais manqué : festival raï entre autre, découvertes de compagnies théâtrales étrangères : Lev Dodine par exemple et je ne saurais tout citer.
Je me suis trouvé un moment au cœur de ces créations et spectatrice aussi, heureuse de cette richesse théâtrale, toujours…  et encore aujourd’hui. La MC 93 est pour moi un haut lieu de création, de liberté, pas seulement pour un public parisien comme certains le disent, Je la sais proche des balbyniens. Donner de la qualité c’est donner de la respectabilité aux gens.
La ville, le Conseil général, la Région devraient être fiers de ce théâtre unique dans sa démarche.
Je souhaite que la MC 93 puisse continuer dans sa voie originale d’ouverture au monde.
Le 14 octobre 2008

   
 

Christophe Rauck directeur du TGP-CDN de Saint-Denis, metteur en scène du Mariage de Figaro à la Comédie-Française.
J’aime la MC93 pour les choses exceptionnelles et éclairantes que j’y ai vues. J’ai appris à la MC93, j’ai aimé, j’ai adoré, j’ai aussi détesté. J’ai vu Gaudeamus de Lev Dodine, c’était sous la direction d’Ariel Goldenberg mais c’est Patrick Sommier qui l’avait fait venir, j’ai vu à l’Odéon Baal d’Arpad Schilling, c’était la première fois que l’on voyait ce metteur en scène génial en France, c’était encore grâce à Patrick Sommier. Puis il prit la direction de la MC93 et ce fut Calixto Beito et son Opéra de quat’sous,  Mnemonic de Simon McBurney repris deux saisons de suite, Sellars, Castorf, le « Standard idéal ». C’est aussi des créations avec Jean-Yves Ruf, Jean-Michel Rabeux, Jean-Louis Hourdin, Lukas Hemleb, Marc Paquien, Sentimental Bourreau, Patrick Pineau pour ne citer qu’eux, d’autres encore, jeunes, moins jeunes, français ou étrangers, avec de la danse, de la musique etc… À la MC93 on vient se frotter au Monde, on l’écoute bouger, on l’entend, on le voit penser, interpréter, et questionner nos différences.
Personne ne fait ce que Sommier sait faire. Bobigny a cette chance d’être un théâtre d’excellence avec un projet ambitieux, exigeant, un projet nourrissant pour tous. Si la MC93 disparaît ce sera une perte énorme pour le public et pour le théatre. Ce sera une perte énorme pour moi,  pour mon imaginaire, pour mon plaisir de spectateur. Ce sera une perte pour notre métier car après Chaillot c’est une autre grande maison de création qui va disparaître et tout le paysage culturel de Seine-Saint-Denis qui va être bousculé et mis à mal.
La MC 93 doit rester ce théâtre d’exception. C’est aujourd’hui le seul plateau et le seul théâtre capable de produire des spectacles tout en invitant les plus grandes troupes étrangères en France. C’est un projet porté par plus de trente ans d’histoire que l’on ne peut pas balayer d’un revers de main. On ne peut pas rayer d’un trait le travail des différentes équipes  artistiques et politiques qui ont imaginé et œuvré au rayonnement de cette maison.
Ce n’est pas à Muriel Mayette que je vais l’apprendre, le théâtre d’art fabrique du lien, il se construit d’histoire et de mémoire, les projets pérennes sont des projets qui fabriquent de l’histoire vivante et vibrante. On ne détruit pas l’histoire d’un lieu, on ne la remplace pas, on s’efforce de continuer l’oeuvre de nos prédécesseurs en essayant de se montrer digne de l’héritage qu’ils nous ont laissé. Sinon la maison brûle.
Nos théâtres sont vivants. Ils sont attachés à leur histoire comme nous le sommes à nos racines. Tour à tour forts ou fragiles, ils peuvent vite dépérir. La Comédie Française est plus forte aujourd’hui qu’hier, mais on ne sait pas ce qu’elle sera demain. Muriel Mayette le sait bien, elle qui a été si violement attaquée depuis son arrivée au poste d’administrateur.     
Ce « non projet » de la Comédie Française à Bobigny ne peut pas voir le jour sur les ruines de la MC 93. Si on laisse faire cela c’est une partie de mon histoire de théâtre que l’on décide de m’arracher. Encore une fois, c’est une perte énorme pour tout le monde, c’est un vol.
Aucune bonne raison ne peut justifier un tel acte.
Le 14 octobre 2008

   
  Nadine Eghels TEXTES & VOIX
Depuis des années la MC93 propose une programmation singulière, exigeante et indispensable, riche en découvertes d’artistes venus de tous les coins du monde, et que nous ne pourrions voir ailleurs… A travers cette ouverture sur d’autres pratiques, elle permet la redécouverte de notre inventivité propre, elle délivre notre imaginaire et recentre notre perception critique, elle nous offre une échappée tout en nous reconnectant au réel… pour toutes ces raisons et tant d’autres, chaque spectateur aura les siennes, il faut la laisser poursuivre sa mission de service et de salut public !
Le 14 octobre 2008
   
  La Compagnie Paris-Atlantique
Même de loin, la Compagnie Paris-Atlantique située à Brest soutient la
MC 93 pour son remarquable travail d'ouverture aux autres cultures, aux
metteurs en scène étrangers, à sa programmation si diverse.
Le 14 octobre 2008
   
 

Patricia Blot. Ecole du Théâtre des Teintureries. Lausanne (Suisse)
Cher Patrick,
Petite anecdote pour garder le sourire : fin juin, j'étais en Italie, à l'Inteatrofestival de Polverigi avec les élèves de 2è année de l'Ecole qui présentaient "Un ennemi du Peuple" de H. Ibsen, dirigé par Gustavo Frigerio, dans la ...salle Patrick Sommier !.. Amical témoignage de la place que tu occupes dans le théâtre européen et hommage au "passeur de frontières" que tu es...
Evidemment, en lisant ton communiqué du 8 octobre, on perd vite le sourire.. Face au mépris, à la duplicité, à la méconnaissance du travail et des missions de chacun, on ne peut qu'être en révolte.. et accablé par l'insignifiance et la démagogie des "propositions". Je veux t'assurer de mon soutien et de ma solidarité entière. Ce combat que tu mènes pour faire reconnaître et respecter la "place dans la société" du théâtre, je m'y associe d'autant plus volontiers que c'est ce que nous devons, j'en suis convaincue, tenter de transmettre aux élèves comédiens que je côtoie. Futurs comédiens qui ont et auront besoin des repères, des découvertes, des expériences sociales et artistiques qu'un lieu comme celui que tu diriges leur offre saison après saison.
J'ai sous les yeux le programme de la MC 93 pour 2008-2009. Il est la meilleure réponse à cette tentative de déstabilisation. une réponse forte, digne, imparable.
A bientôt. Je t'embrasse.
Le 14 octobre 2008

   
  Marie-Armelle Deguy
“Mon amour du théâtre a été en grande partie façonné par les magnifiques spectacles que j'ai pu voir à la MC93 ; il est inadmissible qu'elle soit absorbée par la Comédie-Française ! Pour avoir connu à Bobigny ma 1re grande expérience théâtrale en jouant dans LE MISANTHROPE de André Engel et pour avoir été 3 ans pensionnaire à la Comédie-Française, je sais combien les différences de ces 2 lieux sont fondamentales pour la richesse de notre théâtre et doivent continuer de fonctionner sans que l'une élimine l'autre ; nous tiendrons, vous tiendrez bon !
Le 14 octobre 2008
   
 

Rémy Girard, comédien, Montréal, Canada.
Permettez-moi d'offrir mon modeste appui à Patrick Sommier et à son Théâtre de Bobigny. J'y ai vu des spectacles de grande qualité et j'espère grandement que cette regrettable situation trouve des solutions qui n'ont pas pour effet de détruire un grand théâtre au profit d'un autre, aussi grand soit-il. Nous aussi, au Canada nous vivons des moments très difficiles alors que nos institutions culturelles sont menacées par des décisions bureaucratiques illogiques et parfois même méprisantes pour les artistes. En ces moments de grande tourmente, nous les comédiens et comédiennes devons unir nos voix, indépendamment des frontières.
Continuez Patrick Sommier à défendre le droit à la création! Je vous
appuie !
Le 14 octobre 2008

   
  Nadine Marchand, Montréal.
Cher Patrick,
De Montréal, par internet, je suis tous les jours l'évolution de ce dossier absolument incroyable. C'est une véritable blague de mauvais goût! Si j'avais pu sauter dans un avion et être présente aux manifestations de soutien à Bobigny,
je l'aurais fait.
J'ai un profond respect et beaucoup d'admiration pour le travail que tu accomplis dans ce formidable lieu de création. Tu m'as fait découvrir des spectacles que je n'oublierai jamais.
Je souhaite de tout mon coeur que l'art et l'intelligence triomphent !
Le 14 octobre 2008
   
 

Dominique BOURZEIX, Responsable de l'Action Culturelle éducative, PANTIN
Les maisons de théâtre sont aussi des fabriques de souvenirs qui nourrissent le regard des spectateurs. Comme beaucoup issus d'un milieu modeste, je suis arrivé au théâtre "sur le tard", au hasard des périgrinations de mes études universitaires. Il s'est trouvé que deux de mes professeurs, Noël Napo et Jean Jourdheuil, étaient partie prenante du projet artistique de la MC93 et avaient à cœur de le partager avec leurs étudiants. C'est ainsi qu'à 25 ans passés, l'Yvelinois que j'étais s'est rendu pour la première fois sur les "terres étrangères" de la Seine-Saint-Denis pour découvrir d'abord "Si de là-bas, si loin" mis en
scène par Mathias Langhoff puis "la route des chars" de Heiner Müller mis en scène par Jourdheuil/Perret. Avec à chaque fois cette étrange impression d'accèder au cœur de quelque chose, comme l'issue heureuse d'un parcours matérialisé par le trajet en métro jusqu'à Bobigny-Préfecture, puis la marche le long de l'avenue L énine jusqu'au théâtre. Si je cite cette anecdote, c'est que la mémoire de ces représentations est liée à celle du lieu, que l'exigence de ces
propositions semblait avoir trouvé un espace pour s'y déployer et s'y
épanouir. Il est des endroits où l'on sait, tout inexpérimenté que l'on soit, qu'on ne vous mentira pas. Dans la MC93 d'aujourd'hui perdure cet esprit de la MC d'hier. Voilà ce dont je voulais très modestement témoigner, en prenant soin de préciser que j'en suis, plus que jamais, un spectateur assidu, au-delà de mes obligations professionnelles.
Le 14 octobre 2008

   
 

Jan Marie Galey comédien
Avec toi amitiés

   
 

David Lescot écrivain
De tout mon coeur avec toi

   
 

Jacques Bonnafé
Bien toqué, cher Patrick. Incroyable histoire et qu’on espère sans suite

   
 

Michel Roudier directeur du Théâtre de Saintes
Mes amitiés avant et toujours à bientôt dans ton théâtre

   
 

Arnaud Churin comédien
De tout coeur avec toi

   
 

Luc Antoine Diqueiro Comédien
De tout coeur avec toi

   
 

Geoffrey Carey comédien
Viens de lire des choses terribles sur Bobigny
Amitiés

   
 

Jacques Pornon directeur Scène nationale de Saint Quentin en Yvelines
Intolérable, démagogique et ignoble par rapport à tout ce que vous faites et tout ce que vous faites et tout ce que représente la MC93 et une injure au théâtre contemporain

   
 

Pascal Vanson comédien
De tout coeur avec vous et mon soutien

   
 

Francis Lepigeon Directeur général délégué Théâtre des Champs Elysées
Solidaire ! tu as ma voix et mon soutien

   
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