Ma Reine des neiges/Castorf/Andersen
Pouchkine / Murray / Banlieues Bleues
Comme un lundi / Tazartès
Danse orientale
Blackland / Schilling / Tasnádi
Telefavela / Pollesch
Bobrauschenbergamerica/Bogart/L.Mee
11 > 13 FEV 2005
vendredi, samedi à 20h30, dimanche à 15h30, grande salle oleg efremov

Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz, Berlin
d'après Hans Christian Andersen
Adaptation et mise en scène
Frank Castorf
Scénographie et costumes
Bert Neumann
Lumières Lothar Baumgarte
Dramaturgie Jutta Wangemann

avec Herbert Fritsch, Irina Kastrinidis, Birgit Minichmayr, Alexander Scheer, Jeanette Spassova, Volker Spengler et divers animaux

Coproduction Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz, Hans Christian Andersen 2005 Foundation, MC93 Bobigny

avec le soutien du Goethe Institut

Le spectacle a été créé le 16 décembre 2004 à la Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz, Berlin

Spectacle en allemand surtitré
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Durée : 2h40
 
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MC93 Bogigny
1, bd Lénine
93000 Bobigny
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le metteur en scène

« Dans de nombreuses situations, l'homme peut choisir de faire ou de ne pas faire confiance à certains égards. Mais il ne pourrait quitter son lit le matin en l'absence totale de confiance. Tout serait alors possible. Personne ne peut supporter une confrontation aussi directe avec la complexité extrême du monde ».
Niklas Luhmann

Tout comme le théâtre, les contes sont soupçonnés de romantisme. Sur scène, ils sont voués à l'échec. Nous ne pouvons pas croire qu'une théière soit douée de parole et qu'un acteur ne puisse, de façon crédible être une théière. Le théâtre et plus particulièrement le théâtre de Frank Castorf s'intéressent aux transgressions : quand les protagonistes de Dostoïevski deviennent des personnages d’Andersen et vice et versa ; lorsque Herbert Fritsch se transforme en col et Volker Spengler en fer à repasser, lorsque le conte se transforme en théâtre. L'essence du conte est aussi étrangère au théâtre que le fer à repasser est étranger à l'acteur. Mais la transgression devient intéressante lorsque de par son inévitable échec naît quelque chose de nouveau qui n'en est pas moins féerique si - en suivant le postulat romantique de Novalis - le poétique devient le réel absolu.

La ruse théâtrale qui suggère la tempête de neige peut tout au plus indiquer cet échec, ce côté transcendant du conte, cet instant, à partir duquel l'histoire ne s'adresse plus au spectateur averti mais directement à son subconscient : « Chez Andersen je retrouve une théorie naïve de la connaissance, une culture de la question comme dans « l'Idiot » de Dostoïevski. En tant qu'agnostique je ne m'intéresse pas aux systèmes idéologiques mais à l'individu et à sa responsabilité. Nous vivons dans une époque post-scientifique qui redonne de l'importance à la spéculation et l'intuition. Dans ce monde marqué par un Bill Gates je m'intéresse au succès d'Harry Potter. Ce monde éprouve la nostalgie du conte. » Voilà ce que nous dit Frank Castorf, et pour le 200ème anniversaire d'Hans Christian Andersen, il met en scène son premier conte.
Comme le théâtre, le conte présuppose un monde endommagé. Le conte traduit les éléments existentiels tels que la peur, la séduction ou la mort en événements simples pour être compris des enfants. Andersen a raconté des contes à partir de sa biographie et communiqué au monde son mal-être par des images de rêve et de cauchemar devenues aujourd’hui notre bien commun. Ses autobiographies, récits de voyage, notes et impressions visaient aussi à communiquer avec un monde qui le courtisait en tant que conteur mais qui l'ignorait en tant que personne et ne lui offrit aucun refuge. Il apparaît clairement dans ses journaux que le rapport à son propre corps l'a préoccupé à chaque étape de sa vie sous la forme d'une introspection hypocondriaque explicite. Des migraines, des vertiges, un mal de dents permanent sont des thèmes tout aussi récurrents que les « douleurs au pénis » et la perpétuelle « sensualité », « le désir affreux qui se déchaîne dans ma poitrine », la « fièvre dans le sang ». « Mon sang est horriblement sensuel, je ne le supporte plus ! » Il admire les femmes et les désire ardemment, surtout dans les pays du Sud, mais parle régulièrement de son « innocence préservée ». Durant ses séjours à Paris, il tente à plusieurs reprises de se rapprocher, au moins visuellement, de « filles », mais quitte à chaque fois le bordel « sans avoir péché par action mais en pensées », et se tait sur ces dernières. L'homosexualité d'Andersen est controversée, le point crucial dans toutes ses relations, qu'il s'agisse de son amour pour la chanteuse Jenny Lind ou pour le danseur de ballet Harald Scharff, c'est qu'elles ne sont pas payées de retour autant qu'il l'aurait voulu. La tension entre le désir et son accomplissement inabouti fait partie de la vie d'Andersen, et le fait de la condenser et de la décaler dans ses contes coïncide avec nos éternelles déconvenues post-romantiques : « Nous tous, sans exception, nous nous sentons insuffisament aimés » (Adorno).
« Ma Reine des Neiges » ne constitue pour Castorf pas moins qu'une symbiose temporaire avec son collègue danois, une tentative de fusionner la biographie et l'oeuvre de l'auteur avec son propre microcosme personnel et artistique. Chez Castorf, la quête du « petit Kay » par Gerda nous mène d’un pôle glaciaire de l'oeuvre d'Andersen à l'autre : du conte précoce (1844) et nordique « La Reine des neiges », à son antithèse plus tardive « La Vierge des glaces » (1858/59), inspirée de ses voyages en Suisse. Dans la « Vierge des glaces » s'exprime un scepticisme du narrateur face au conte qui correspond au doute de Castorf sur le théâtre en tant que moyen de diffusion de la culture. Dans ce conte, ce n'est pas le monde des jardins de roses qui triomphe, la tension intérieure et la chaleur insupportable trouvent le rafraîchissement tant attendu dans la mort.
En raison des éléments pornographiques habituellement présents dans un conte, le spectacle est réservé aux adultes et aux enfants accompagnés.

 
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© Thomas Aurin
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Frank Castorf est né à Berlin en 1951 et a grandi en R.D.A., au rythme de la contre-culture rock américaine, des films de Fellini, Godard, Wajda, Truffaut et Kubrick. Ses premiers spectacles sont jugés incorrects par la censure et retirés de l'affiche. À l'issue d'un procès contre les autorités dont il sort gagnant, il est expédié à Anklam (au fin fond de la R.D.A.). Il monte Müller, Artaud, Brecht et Shakespeare. La censure veille sur lui : il est remercié en 1985.
Après la chute du mur, il arrive à la tête de la Volksbühne mais ne cesse pas pour autant de se battre. Dans Berlin, où doit disparaître toute trace de la partition est-ouest de la ville, il inscrit en lettres géantes "OST" (Est) sur le toit du théâtre.
Admirateur de Marx, de Hegel et des Rolling Stones, Frank Castorf est un artiste politisé, brillant et controversé. Il incarne depuis vingt ans le versant indépendant, subversif, de la pensée et de la culture allemande.

Ses mises en scène les plus récentes
  en 2004 Cocaïn de Pitigrilli
  en 2003 Forever Young présenté en mars 2004 à la MC93 Bobigny dans le cadre du Festival Le Standard idéal 1ere édition.
  en 2003 Le Maître et Marguerite présenté en février à la MC93 Bobigny
  en 2002 Le Deuil sied à Electre d'Eugène O'Neill et L'Idiot de Dostoïevski
  en 2001 Berlin Alexanderplatz d'après Alfred Döblin
  en 2000 Particules élémentaires d'après Houellebecq
  Oeuvres brèves : Caligula de Bataille et Camus, Humiliés et Offensés d'après Dostoïevski présenté au Théâtre National de Chaillot en avril 2002, Endstation Amerika d'après Tennessee Williams présenté à la MC93 en octobre 2001
  et en 1999 : Dämonen d'après Dostoïevski.
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Hans Christian Andersen (1805-1875) est un écrivain danois, qui, grâce à ses Contes pour enfants, incarne le génie populaire nordique. Il est né en 1805. Son père est cordonnier et meurt lorsqu'il a onze ans. Il part seul à quatorze ans chercher fortune à Copenhague. Il est tenté par le chant, le théâtre puis la danse et travaille quelque temps pour le directeur du Théâtre Royal, qui financera plus tard ses études. Dès 1822, Andersen commence à publier ses premiers textes: un récit fantastique inspiré par E.T.A. Hoffmann, Promenade du canal de Holmen à la pointe orientale d'Amagre (1830). Il obtient son premier succès l'année suivante avec Reflets d'un voyage dans le Harz, récit d'un voyage en Europe. Par la suite, il écrit d'autres romans souvent autobiographiques et d'inspiration romantique comme l'Improvisateur (1835), Rien qu'un violoneux (1837) ou Être ou ne pas être (1857), mais aussi des poèmes, des pièces de théâtre (Amour sur la tour saint-Nicolai) et des récits de voyage tels que Bazar d'un poète (1842) et Visite au Portugal (1866). On lui doit en outre plusieurs autobiographies, une correspondance volumineuse et un imposant Journal. Entre 1832 et 1842, il publie en brochures ses premiers courts récits merveilleux, Contes pour enfants (1835), qu'il ne destine pas uniquement à un public enfantin. Le succès immédiat l'encourage à publier chaque année d'autres textes, Nouveaux Contes (1843-1848) et Nouveaux Contes et histoires (1858-1872). Il écrit 164 contes, imprégnés de romantisme et associant le merveilleux et l'ironie. Son style est remarquable par l'utilisation habile et équilibrée du langage courant, des idiomes et des expressions populaires, arrive à exprimer admirablement, dans une langue très simple, les émotions les plus subtiles et les idées les plus fines, passant sans difficulté de la poésie à l'ironie, de la farce au tragique. Ses contes mettent en scène des rois, des reines réels ou légendaires; des animaux, des plantes, des créatures magiques (sirènes et fées) et même des objets. Il meurt à Copenhague le 4 août 1875.

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La Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz siège depuis 1914 en plein coeur de Berlin. Elle émane d'un mouvement populaire. Erwin Piscator dans les années vingt, puis Benno Besson dans les années soixante dix y ont joué un rôle important.  Détruit puis rebâti en 1954, ce théâtre s'impose comme "un paquebot stalinien" portant sur lui les traces de l'Histoire.
Après la chute du mur, sa direction est confiée à Frank Castorf. Grâce à lui, elle est probablement devenue la scène la plus populaire et certainement la plus contestée dans l'Allemagne réunifiée.  A son arrivée, il inscrit Ost sur le toit et le scénographe Bert Neumann crée le symbole de la Volksbühne : une roue avec deux jambes (dessin inspiré des codes graphiques de truands du Moyen-Age).
Sa programmation paradoxale, élitiste et populiste, obstinée et efficace répand aussi bien un sentiment de nouveau départ qu'un sentiment de futilité. Ce faisant, elle rompt avec la conception classique du théâtre, de même qu'elle la confirme. Aux côtés de Frank Castorf, auteur des recherches sismographiques du présent, il y a entre autres trois metteurs en scène qui travaillent régulièrement à la Volksbühne : Christoph Marthaler, Christoph Schlingensief, réalisateur de cinéma et metteur en scène qui influence la Volksbühne avec son idée, d'un état chance sans fond et sans frontières, où il théâtralise la globalisation et la révolution High-Tech, et René Pollesch, qui enrichit la Volksbühne depuis 2000/2001.

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liens internet
Site internet de la Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz
 
Hans Christian Andersen's life and works - research, texts and information.
 
Goethe Institut en France
 
Auf Elvis kannst du bis zum Nordpol reiten
"Meine Schneekönigin": Frank Castorf zwischen Ödnis, Krampf und Erlösung

"Süddeutsche Zeitung", 27. Dezember 2004
 
 
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Création le 16 décembre 2004
Répertoire de la Volksbühne
 
Un Castorf qui conte. A Bobigny, le metteur en scène présente, avec la Volksbühne de Berlin, son adaptation d'Andersen. Par René SOLIS
jeudi 10 février 2005, Liberation.
Un conte à rebours. Par Jean-Pierre Bourcier, le 11 février 2005, La Tribune
D' Est en Ouest. Avec un époustouflant prologue du berlinois frank Castorf, Le Standard idéal, en réunissant créations européennes et américaines, s'affirme comme le nouveau festval qui compte. Patrick Sourd, 8 février 2005.Les Inrockuptibles
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