Die Präsidentinnen / Jan Bosse
Prinzessinnendramen / M. Simon
La Mouette / Schilling / Tchekhov
Kunst und Gemüse / C. Schlingensief
 
6 janvier > 5 février 2006

3 > 4 FEV 2006
vendredi et samedi à 21h

grande salle oleg efremov

Volksbühne am Rosa-Luxemburg-
Platz, Berlin

Mise en scène Christoph Schlingensief
Et son alter ego Hosea Dzingirai
Scénographie Thekla von Mülheim, Tobias Buser
Costumes Aino Laberenz
Dramaturgie Jörg van der Horst, Henning Naß, Carl Hegemann
Vidéo Monika Böttcher, Heike Schnepf
Direction musicale Uwe Altmann
Son Wolfgang Urzendowsky
Assistant à la mise en scène Hedwig Pottag, Sophia Simitzis
Assistant à la scénographie Mark Bausback
Assistant son William Minke

Avec Maria Baton, Klaus Bayer, Ulrike Bindert, Jürgen Drenhaus, Hosea Dzingirai, Andrea Erdin, Bernadette Gandaa, Horst Gelloneck, Kerstin Grassmann, Mario Hagelberg, Ferdinand Hendrich, David Ismail, Angela Jansen, Maximilian von Mayenburg, Peter Müller, Anna Prohaska, Christian Roethrich, Reami Rosignoli, Canivu Babatunde Saka, Christiane Tsoureas, Christian Vogel ou Matthias Badzong (en alternance), Kirstin Warnke, Arno Waschk, Karin Witt

Production Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz

En collaboration avec le Goethe Institut

Traduction française et régie surtitrage Joseph Schmittbiel
Merci beaucoup à Dr. Thomas Meyer (Charité Berlin) et Jörg Immendorff
Spectacle en allemand surtitré
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Informations utiles
Durée : 1h30 sans entracte
Pour réserver ce spectacle :
Réservation en ligne MC93
Réservation en ligne FNAC
Par téléphone : 01 41 60 72 72
du lundi au samedi de 11h à 19h
Pour les relais : 01 41 60 72 78
 
Télécharger (format PDF) :
La fiche du Festival
La fiche spectacle
Programme de la rencontre avec Christoph Schlingensief au Magic Cinéma
Le dossier de presse
Le plan d'accès
 
Pour en savoir plus : contacts
MC93 Bogigny
1, bd Lénine
93000 Bobigny
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Le déclin, tous lui déclarent la guerre, tel est l'écho répété dans Kunst und Gemüse, A. Hipler. Que ce soit en tant qu'artiste actionniste, dans ses performances scéniques ou comme metteur en scène d'opéra dans le sanctuaire wagnérien de Bayreuth, les travaux de Christoph Schlingensief sont autant de déclarations de guerre. Cette fois-ci, contre la façon dont se figent peu à peu l'homme et l'art, contre les paralysies de l'existence. Contre l'immobilité d'une société qui tourne toujours plus vite sur elle-même. Douze comédiens évoluent dans une exposition d'art vivante, dans laquelle ils prêtent leur voix et leur corps aux douze tons de la musique de Schoenberg. Ils sont les figures d'un kaléidoscope dans lequel s'entremêlent les citations empruntées au monde de l'art et les critiques adressées avec lucidité à l'industrie culturelle contemporaine. Mais comme toujours, c'est l'existence réelle que Schlingensief fait monter sur la scène. Et ici, cette existence se montre fragile et menacée : une femme atteinte, d’une sclérose latérale amyotrophique, condamnée à l'immobilité, est couchée dans son lit au milieu des spectateurs, et commente les événements scéniques à l'aide d'un ordinateur qu'elle commande avec ses seuls yeux. En face, les mondes d'images de l'art moderne défilent sous les yeux du public. Le concentré d'une vie qui se conçoit comme un art en toute liberté. Une liberté qui s'exprime dans le chaos peut-être, mais ne se limite pas à simuler le mouvement.

 
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© David Baltzer
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Dans la presse
Découvrir Schligensief. Odile Quirot. Le nouvel Observateur. 8 février 2006.
Eloge du distordu. Une pièce génialement bordélique de Schlingensief. Par René Solis. Libération, vendredi 3 février 2006.
Rencontre
Le théâtre dans sa relation à l'industrie culturelle avec René Pollesch, Christoph Schlingensief. Rencontre en collaboration avec le Goethe Institut, à la MC93 Bobigny
Samedi 4 février à 15 h 30
Rétrospective

Christoph Schlingensief, cinéaste malfaiteur, animé par la journaliste Heike Hurst, critique de cinéma.
Rétrospective organisée par le Goethe Institut et le Magic Cinéma, en partenariat avec la MC93 Bobigny.
1 > 2 février 2006
Magic Cinéma
Rue du Chemin-Vert
93000 Bobigny
Programme détaillé sur demande au 01 41 60 12 33 ou www.magic-cinema.fr - réservation memagiccine@wanadoo.fr
tarif : 4€ par séance

 

Au début des années 1980, le Nouveau Cinéma Allemand, sur le déclin, réagit à la perte des utopies politiques et esthétiques. Passionné de cinéma, Schlingensief diagnostique une crise et se lance avec l'enthousiasme de ses vingt ans dans une carrière de malfaiteur : "L'envie criminelle de faire un film". Ses films vont à contre-courant du cinéma allemand et de la conception du média cinéma comme culture de masse. Ils ignorent les normes du cinéma narratif, ne s'intéressent guère à leur exploitation et ne livrent aucun modèle rigide de théorie cinématographique. C’est en aventurier et en combattant solitaire qu'il se met en quête de ses propres images, de ses propres mythes et de ses propres symboles. Depuis sa Deutschlandtrilogie (1988-1992), ses films influent sur les autres domaines de son activité que sont le théâtre, la performance et l'opéra.

Mercredi 1er février à 19h
Christoph Schlingensief et ses films
Réalisation Frieder Schlaich All. 2004, VOSTF Couleurs, 77 min
Un portait cinématographique qui s'étend du premier au dernier film de Christoph Schlingensief qui, au cours d'une interview, dévoile les secrets de son éclairage double, explique sa mégalomanie relative au nombre 2000 et commente son cheminement de cinéaste dérivant dans les eaux du Nouveau Film allemand pour suivre finalement sa propre route.

Mercredi 1er février à 20h30
Egocentrisme - Ile sans espérance. Egomania - Insel ohne Hoffnung
Réalisation et scénario Christoph Schlingensief RFA, 1986, VOSTF., couleurs, 84 min.
avec Udo Kier, Tilda Swinton, Uwe Fellensiek, Anna Fechter, Anastasia Kudelka
Après un travail sur son pays et sur la société allemande, le cinéaste se met en quête d'images sur l'aspect idéologique et mystique de sa patrie. Dans Egomania, l'harmonie du monde est rompue, tout espoir a disparu. Le pays n'est que désert et la mer monte. L'île désespérément sombre de Schlingensief est un El Dorado pour les spectres. A travers un chaos de citations tronquées et de bruits assourdissants de l'époque punk, Schlingensief se dirige en titubant vers la fin de l'illusion.
"Le film le plus triste, le plus romantique et le plus drôle de Schlingensief." [Der Spiegel]

Jeudi 2 février à 18h
100 Jahre Adolf Hitler - Die letzte Stunde im Führerbunker
100 ans d'Adolf Hitler - Les dernières heures dans le bunker du Führer
Réalisation et scénario Christoph Schlingensief RFA, 1988/89, v.o. s.t. angl., noir et blanc, 60 min. avec Volker Spengler, Brigitte Kausch, Margit Carstensen, Udo Kier
Tirées de l'obscurité par une lampe torche, neuf personnes, cinq hommes et quatre femmes s'épient. Tourné en seize heures à peine dans un bunker de la Seconde Guerre mondiale, le film montre la dernière heure d’Adolf Hitler : inceste et intrigues, grabuge et tapage, drogues, suicides, blasphèmes. Et tout s'éclaire enfin : c'en est fini de l'évocation pédagogique de Hitler. Il vit à côté de nous, avec ses gesticulations, son rire et sa déchéance.  [FAZ]

Jeudi 2 février à 19h30
Das deutsche
Kettensägenmassaker
Massacre allemand à la tronçonneuse
Réalisation et scénario Christoph Schlingensief  All. 1990, v.o. s.t. angl., couleurs, 63 min
Avec Karina Fallenstein, Susanne Bredeh, Arthur Albrecht, Brigitte Kausch, Alfred Edel
Schlingensief dépeint les premières heures de la réunification comme la fête nationale d'un carnage. La nouvelle de l'ouverture du Mur plonge une famille ouest-allemande de charcutiers dans une frénésie meurtrière que rien n'arrête : dans la cuisine abandonnée d'un hôtel, elle assassine les anciens citoyens de la RDA.
"Un règlement de comptes avec la réunification de Helmut Kohl, une réponse à l'ennui du cinéma allemand. Le film, devenu culte, est une réussite." [Süddeutsche Zeitung]

Jeudi 2 février à 20h45
Menu Total
Réalisation et scénario Christoph Schlingensief RFA, 1985/86, v.o. s.t. angl., noir et blanc, 81 min avec Helge Schneider, Volker Bertzky, Dietrich Kuhlbrodt, Alfred Edel
Les films de Schlingensief sont avant tout des albums d'histoires de famille, qui pèsent très lourd d'un poids dont on ne peut se débarrasser, car personne ne veut en parler. C'est précisément pourquoi ses personnages ont un tel besoin de gueuler, de saigner, de dégueuler. Loin de toute action conventionnelle, il s'agit, dans Menu Total, de faire exploser les chaînes narratives de la perception du spectateur déformée par les séries télévisées, sans pour autant tomber dans le sérieux d'une avant-garde imbue de son savoir, tendant à théoriser tout et n'importe quoi. Un film "génialement obscène !" [Die Zeit]

A lire ou relire
Théâtre à Berlin l'engagement dans le réel,  Alternatives Théâtrales 82
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Une explication de Christoph Schlingensief

Nous devons considérer le concept du "nous" d'une manière plus large que Richard Wagner. En musique, la réponse à Wagner, c'est Schönberg. D'après Adorno, la musique d'Arnold Schönberg "règle définitivement ses comptes avec le son fluide et fonctionnel de Wagner".
Sa "rupture avec le fonctionnalisme wagnérien libère le son des tensions envahissantes" ; et après la première représentation du premier opéra en douze tons de Schönberg, Von heute auf morgen en 1930, Adorno écrivait : "Pourtant, le son ne reste pas statique une seul seconde ; seulement, sa vie n'est pas celle d'une pulsion dévorante, mais le mouvement d'un kaléidoscope délivré, dont les motifs deviennent lisibles, telle l'écriture luminescente de la transparence vespérale des grandes villes". C'est dans cet esprit que nous essayons aujourd'hui de placer cet opéra dansun contexte artistique, avec une équipe internationale dirigée par Hosea Dzingirai. Une installation artistique qui englobe beaucoup de choses : les arts plastiques et l'actionnisme, la vidéo, le théâtre et le théâtre musical. La musique de Schönberg sert de point de départ. Les figures du kaléidoscope entrent en scène : elles évoluent sans fonction, dans une totale liberté, uniquement limitée par la forme, elle-même librement choisie et finalement arbitraire comme l'est la série des douze tons chez Schönberg. On connaît les effets surprenants qu'engendre une telle liberté dans l'art depuis le début de la peinture abstraite, et dans la musique depuis Schönberg. Nous tentons de lui trouver un équivalent au théâtre. Douze personnages représentent les différents tons de la série de douze. Sur scène, ils ont pour mission de chercher dans leur comportement des correspondances avec l'atonalité, la polyphonie et parfois l'harmonie en musique. Cela pourrait se comparer aux rares tentatives de rapprochement entre le théâtre et les créations dans les arts plastiques et la musique moderne.

Le contenu de l'opéra et des autres éléments de cette installation entre rêve et réalité est découpé à la façon d'un kaléidoscope, mais ses références doivent rester identifiables. Il se crée ainsi sur scène une "seconde musique" que l'on ne peut pas entendre, mais que lon peut voir.

Les spectateurs doivent aborder cette installation comme s'ils se trouvaient dans une exposition. La différence avec la présentation habituelle des oeuvres réside dans le fait que les visiteurs de cette installation mobile ne se déplacent pas ; que ce sont les oeuvres d'art qui bougent, passant en quelque sorte devant les spectateurs, et sont actives, tandis que le spectaeur "comme on en a l'habitude au théâtre" est condamné à la passivité. Angela Jansen, clouée au lit depuis le jour de la Saint-Nicolas de l'année 1998, parce qu'elle souffre de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), communique exclusivement avec les yeux ; par le biais du regard, elle anime une caméra au laser, puis l'ordinateur sur lequel on lit ce qu'elle dit. Elle joue le rôle le plus important de la pièce. La phrase "il me manque rien ; simplement je ne peux pas bouger" est d'elle. Dans Kunst und Gemüse, elle est plus active que les spectateurs.

"Un homme et une femme rentrent très tard chez eux. La femme est surprise d'entendre l'homme chanter les louanges de son amie. Elle se met en colère et précise qu'elle doit s'occuper du ménage. Le couple se dispute et décide de se séparer. Mais la femme veut garder son mari, s'achète de nouveaux vêtements, change de coiffure et arrête de travailler. Un artiste célèbre tente de la séduire. Le mari sort de ses gonds. La femme entame une relation avec l'artiste, néglige son travail et son enfant. La femme revient et s'ocupe à nouveau de sa maison. Le mari comprend ce que la femme représente pour lui, se calme et l'embrasse. L'artiste est déçu et peint. Il ne peut que constater : du "jour au lendemain", beaucoup de choses peuvent changer."
Arnold Schönberg , notes pour Von heute auf Morgen, avril 1930

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© David Baltzer
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Angela Jansen

Angela Jansen est née le 17 novembre 1955 à Berlin. De 1974 à 1979 elle fait des études de pédagogie à l'Université Technique de Berlin. A la suite de sa formation, elle a travaillé dans un lycée et un institut de formation professionnelle. En 1988, elle travaille pour l'armée britannique. Elle est mère de deux enfants : un fils né 1984 et une fille née en 1986. En 1994 se manifestent des troubles de la marche qui progressent peu à peu.
Dès décembre 1994 se manifestent des troubles du mouvement à la main et une perte de force des membres supérieurs. En janvier 1995, Angela Jansen remarque des troubles discrets de la parole, qui se manifestent par des difficultés d'articulation. En mars 1995, le diagnostic d'une sclérose latérale amyotrophique (SLA) est posé par l'hôpital Urban de Kreuzberg. A cette période, la patiente voit s'aggraver nettement les troubles de la marche si bien que l'utilisation d'un fauteuil roulant est nécessaire. Des paralysies des bras et des jambes s'aggravant conduisent à un stade avancé d'immobilisation. En mars 1998, des troubles graves de la déglutition rendent nécessaire la pose d'une gastrostomie endoscopique percutanée. Depuis, Angela Jansen est alimentée par le biais d'une sonde. Depuis le début de l'année 1998, elle souffre de troubles de la respiration causés par une faiblesse de la musculature respiratoire et du diaphragme. Une infection des voies respiratoires supérieures conduit en décembre 1998 à une situation d'urgence et à une mise en danger des fonctions vitales. Angela Jansen était réservée quant à un traitement médical d'urgence et la mise en place d'une assistance respiratoire. Face au danger d'étouffement causé par une bronchite et à la menace de décès, elle accepte des soins intensifs, une trachéotomie et une assistance respiratoire permanente. La situation juridique et éthique en Allemagne autorise l'arrêt d'une ventilation contrôlée par décision du patient même lorsque cet acte médical provoque le décès immédiat du patient. Malgré sa possibilité, une telle décision n'a pas été prise en considération par Angela Jansen. En février 2002, sa vie a été fondamentalement bouleversée. Elle utilise Eyegaze, un système électronique de communication reposant sur la manipulation par le biais de l'oeil d'un ordinateur. Avec Eyegaze, le contact avec le monde extérieur s'est considérablement amélioré par un programme de traitement de texte, l'utilisation de l'e-mail et de l'internet ainsi que d'autres fonctions. Angela Jansen vit dans son appartement du quartier de Charlottenburg à Berlin. Elle est entièrement paralysée, privée des mouvements minimaux des membres et de la tête. Les mouvements des yeux et le réflexe palpébral demeurent. Elle est couchée dans un lit, entourée d'un appareil respiratoire, d'un système d'aspiration pour la canule trachéale, de l'Eyegaze, d'un ordinateur et d'une télévision. Une équipe de soins est présente 24 heures sur 24. Sa mère également. Ses enfants la soutiennent.
L'SLA a commencé en 1994 sur une piste de danse, par une lourdeur des jambes.
Avec Christoph Schlingensief, Angela Jansen retrouve le chemin de la scène.

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Né en 1960 à Oberhausen (Allemagne), Christoph Schlingensief débute en tant que réalisateur de films dans les années 80. Entre 1982 et 1985, il est assistant de Werner Nekes. Après sa Trilogie allemande composée de trois films 100 ans d'Adolf Hitler, Massacre allemand à la tronçonneuse, Terreur 2000, il débute comme metteur en scène à la Volksbühne. Depuis 1997 il conçoit des projets actionnistes comme Mon feutre, ma graisse, mon lapin. Pour le Wiener Festwochen 2000, il organise l´action Aimez l´Autriche s´il vous plait ! : des réfugiés étaient enfermés pendant plusieurs semaines dans des containers portant l´inscription "Etrangers dehors !". En 2003 il est invité à la Biennale de Venise avec Church of fear. Par ses actionnismes théâtraux, Schlingensief travaille à un "Gesamtkunstwerk" (une oeuvre totale), qui met en cause le sens et l´impossibilité même de l´art.

En 2004, il met en scène Parsifal de Wagner au Bayreuther Festspiele et en mai 2005, il présente la première partie de son projet Der Animatographau Reykjavik Art Festival. Les étapes suivantes auront lieu à Berlin, en Namibie et à Vienne.

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La Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz siège depuis 1914 en plein cœur de Berlin. Elle émane d’un mouvement populaire. Erwin Piscator dans les années vingt, puis Benno Besson dans les années soixante-dix y ont joué un rôle important. Détruit puis rebâti en 1954, ce théâtre porte sur lui les traces de l’Histoire. Après la chute du mur, sa direction est confiée à Frank Castorf. Grâce à lui, elle est probablement devenue la scène la plus
populaire et certainement la plus contestée dans l’Allemagne réunifiée. Sa programmation paradoxale, élitiste et populiste, obstinée et efficace répand un sentiment de nouveau départ pour le Théâtre. Elle rompt avec la conception classique du théâtre, de même qu’elle la confirme. Aux côtés de Frank Castorf, il y a, entre autres, trois metteurs en scène qui travaillent régulièrement à la Volksbühne : Christoph Marthaler, Christoph Schlingensief, réalisateur de cinéma et metteur en scène et René Pollesch, qui enrichit la Volksbühne depuis 2000/2001. Le Prater est une des salles de la Volksbühne, qui est dirigée par René Pollesch.

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KUNST UND GEMUSE, A. HIPLER

Theater ALS Krankheit  (*1)

Kunst und Gemüse, A. Hipler - Du théâtre comme maladie

Première collaboration entre Hosea Dzingirai, metteur en scène originaire du Zimbabwe et Christoph Schlingensief est une suite de scènes associant Arts Plastiques et arts du spectacle ; tonalité et atonalité ; engagement et dilettantisme, Wagner et Schönberg ; Berlin et le Harare, Lüderitz et New York, décadence et renouveau ; grandes nations et Tiers Monde ; mouvement et inertie ;  noir et blanc ; maladie et  bonne santé ; théâtre de la Volksbühne et campagne ; Richard et Wolfgang ; maison et potager, autrement dit : "Kunst und Gemüse".
Kunst und Gemüse, A. Hipler d'une durée d'1h20, convie et fait défiler, comme une oeuvre d'art mobile, des images d'un monde moderne, peuplé de consommateurs et de silhouettes, d'entités de passage, ceux-là même qui confortent Dzingirai et Schlingensief dans leur quête de l'homme moderne face à un monde plongé dans le chaos et la désintégration.

Au départ pensée comme une sorte de production wagnérienne populaire - un Parcifal pour la Volksbühne, en plus radical, la pièce est passée par de nombreuses étapes de travail sur scène avant d'atteindre sa forme définitive.  Kunst and Gemüse, A.Hipler  s'oriente davantage vers un mélange de fragments à partir  l'opéra de Schönberg Von heute auf Morgen (D'aujourd'hui à Demain), de films vidéo et de performances  incluant certains des acteurs favoris de Christoph Schlingensief, ainsi que des allusions à Bayreuth et à la famille Wagner.
Le projet inclut également des références aux peintures de Martin Kippenberger et Paul Mc Carthy. Le spectacle trouve sa cohésion par la présence d'Angela Jansen.  Atteinte de S.L.A. (Sclérose Latérale Amyotrophique), elle est complètement paralysée, et désormais ne parvient plus qu'à bouger ses yeux. Installée au milieu du public,  ses mots nous parviennent sur un écran.  Par ses clignements d'oeil, elle "active" le clavier d'un ordinateur, qui compose ses mots et les inscrit sur l'écran par l'intermédiaire d'un rayon laser.

Arts Plastiques  et Kunst und Gemüse, A. Hipler

Le projet inclut des références aux peintures de Martin Kippenberger et Paul Mc Carthy provenant de l'importante collection d'art Flick (*2) et de son exposition au Berlin Hamburger Banhof. Les oeuvres d'art réunies dans la Collection Flick  - les séries et les prises de position sarcastiques, le bric à brac d'avant-garde - sont habilement citées et agencées dans l'installation de Schlingensief. Tout se réduit à des allusions ou à des références :  lorsqu'un bouquet de tournesols est présenté sur le plateau, une association évidente se fait, bien sûr, avec Van Gogh - Vincent en premier, ensuite Théo. La bicyclette inversée de Duchamp, les monstrueuses Apple heads de Paul McCarthy, le titre d'une série de peintures de Martin Kippenberger, investissent le labyrinthe sur la scène tournante prévue par Schlingensief comme s'ils avaient été là de tout temps.
En dépit de tous ses excès, le spectacle dégage une atmosphère de calme méditatif. Lorsqu'il écrit sur un mur le titre d'une oeuvre d'art de Martin Kippenberger comme slogan,  ou qu'il donne à voir des barbelés évoquant immanquablement l'incarcération et la prison, Schlingensief renvoie une image déplaisante qui en dit plus long sur les coulisses de l'art, de la morale et du pouvoir que n'importe quel débat.

Musique et Kunst und Gemüse, A. Hipler

Etant donné le goût de Schlingensief pour l'oeuvre d'art total qui absorbe, assimile et incorpore toutes les formes artistiques, il ne se contente pas d'intégrer dans son délire sémantique des images et des films. On entend également des fragments, brefs et très judicieusement intercalés, de l'opéra d'Arnold Schönberg. Même les notes sont personnifiées à tour de rôle sur scène, si bien qu'il nous est finalement permis de comprendre la célèbre technique dodécaphonique de Schönberg : "Je suis le do". Lorsque douze acteurs, allant d'une dame âgée et menue, à la voix haut perchée de petite fille, à des hommes grands et costauds, s'alignent côte à côte, ils se voient rejoints par un treizième, qui est l'image toute crachée du patriarche de Bayreuth Wolfgang Wagner : "Je suis W". - le W ne correspondant pas là à l'initiale de Wagner, mais à celle de "Wiederholung" qui signifie  répétition. Même dans ses piques vengeresses contre Bayreuth, comme la présence d'une Lolita blonde pour figurer Katharina, l'héritière de Wagner, Schlingensief réussit à se départir de son ancienne attitude de rocker de choc.
Il s'agit du spectacle le plus personnel et le moins forcené jamais réalisé par Schlingensief - il s'y montre calme, posé et sympathiquement soucieux de   réflexion mature. Certes les vieux happenings artistiques, les aspersions de boue héritées de l'art de la performance, refont une fois encore surface dans un film, comme les citations d'un temps révolu.

Kunst und Gemüse, A. Hipler Le théâtre comme maladie 

Mais, les références à ses démêlés avec Bayreuth à propos de sa mise en scène de Parsifal, le regard qu'il porte sur la Collection Flick, les citations et les avanies de la scène culturelle allemande sont mises dans une perspective bien différente, lorsque Schlingensief met l'accent de la soirée sur la maladie et plus particulièrement la Sclérose Latérale Amyotrophique (S.L.A.). Cette maladie neuronale mortelle qui est récemment devenue familière en Allemagne par le travail artistique d'importance mondiale du peintre Jorg Immendorf, partiellement paralysé par la maladie et par l'importante couverture médiatique qu'il en tira (spécialement après le dernier scandale qu'il causa en se faisant "prendre" à Dusseldorf dans un hôtel avec de la cocaïne et neuf prostituées).
Au début et à la fin, on entend la voix de Jorg Immendorf répétant ce texte : "Le Théâtre comme maladie. Tout le monde s'efforce de la combattre, la déchéance. L'Art. Les "Moi". Ils sont  mouvants, en fait. Pour l'instant. La S.L.A. nous fout en l'air." La S.L.A. (Sclérose Latérale Amyotrophique) est un dérèglement du système nerveux,  dont l'issue est irrémédiable. La maladie est centrale dans le spectacle, notamment par la présence d'Angela Jansen, totalement paralysée, atteinte depuis sept années de Sclérose Latérale Amyotrophique. Ses phrases sont de véritables messages de vie et de lutte, qui apparaissent sur des écrans au-dessus du plateau. "Merci. Vous avez été formidables", écrit-elle pendant les applaudissements à la fin. Elle reste laconique sur son état : "Ça va. C'est juste que je suis incapable de bouger." Ses  commentaires réduisent les farces de Bayreuth et de la Flick à de charmantes bluettes. Ici, Schlingensief n'est pas en train de nous présenter un quelconque Freak show déjanté ; il cherche à découvrir si, loin de tout sarcasme, il reste possible de se soucier de  l'Humain dans le zoo cynique du théâtre et des avant-gardes artistiques.

(1*) A.L.S. en allemand est le sigle de Die Amyotrophe Lateralsklerose (ALS) et signifie aussi comme. A.L.S. se traduit en français par S.L.A. Sclérose Latérale Amyotrophique. Le jeu de mots ne peut être rendu par la traduction.

(2*) Aussi prestigieuse que controversée, la collection Friedrich Christian Flick, l'une des plus  importantes collections privées d'art contemporain, rassemble plus de 2000 oeuvres, qui vont de Bruce Naumann à Jason Rhoades, en passant par Nam June Paik, Dieter Roth ou Marcel Duchamp. (...) La collection Flick serait l'objet d'une vive polémique suscitée par le passé nazi de la famille Flick et de leur refus de réparation. Petit-fils d'un industriel de l'armement ayant employé des travailleurs forcés sous le régime nazi, Friedrich Christian Flick est accusé d'avoir acquis sa collection grâce à cet héritage. M. Flick se défend de ces reproches, et il a créé une fondation contre le racisme, l'intolérance et la xénophobie.

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Site sur Christoph Schlingensief
en allemand
Kunst & Gemüse Trailer
Trailer for Kunst & Gemüse, A. Hipler (2004) - LQ (4.3 MB) HQ (8.3 MB). Source : site Schligensief.com / Video Archive.
Portrait de Christoph Schlingensief sur le site d'Arte
Personnalités de demain : CHRISTOPH SCHLINGENSIEF - L'enfant terrible de la culture allemande Courrier international - n° 367 - 13 nov. 1997
Biographie de Christoph Schlingensief
Interview (27 février 2001)
Oeuvre plastiques de Christoph Schlingensief
Film de A à Z de Christoph Schlingensief
Visiter le site de www.paris-art.com. Vous y trouverez un panorama complet et gratuit de l’art contemporain à Paris et en Ile-de-France : (presque) tout l'art contemporain à Paris.
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