Die Präsidentinnen / Jan Bosse
Prinzessinnendramen / M. Simon
La Mouette / Schilling / Tchekhov
Kunst und Gemüse / C. Schlingensief
 
6 janvier > 5 février 2006

6 > 8 JAN 2006
vendredi et samedi à 20h30, dimanche à 15h30
grande salle oleg efremov

Schauspiel Frankfurt

Texte Werner Schwab
Mise en scène Jan Bosse
Scénographie Stéphane Laimé
Costumes  Kathrin Plath
Musique Arno P. Jiri Kraehahn
Chant final Bach, Kienberger
Répétition musicale Christopher Brandt
Lumières Ginster Eheberg
Dramaturgie Dimitria Petrou
Son Inga Lüth, Joachim Schröder
Assistant à la mise en scène Paul Georg Dittrich

avec Olivia Grigolli, Yvon Jansen, Karin Neuhäuser  et Thérèse Glaubitz, Saschka Kentmann, Yvonne Wiemann

Production Schauspielhaus Zürich
et Schauspiel Frankfurt

Traduction française Mike Sens, Michael Bugdahn
Régie surtitrage Laurent Mulheisen
Spectacle en allemand surtitré
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Durée : 2h sans entracte
 
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Erna, Grete et Mariedl. Erna, l'économe, peut se servir de papier toilette en lieu et place d'un filtre à café. Grete pense que c'est le destin qui a voulu que sa fille, quand elle était aussi belle que sa mère, suive le père dans le lit du couple. Mariedl, la plus jeune d'entre elles, reçoit les remerciements du prêtre quand elle nettoie les toilettes à mains nues. Toutes les trois passent leur temps dans une cuisine grotesque.

S'ouvrant peu à peu les unes aux autres, elles se concurrencent et s'affrontent également à travers leurs affabulations. Le refoulement est leur spécialité, et les frappe à la fin, redoublant de violence.

Dans son drame le plus joué, Werner Schwab a créé trois portraits de femmes déroutants, dangereux et sensibles. Misant sur l'artificialité de son langage, ce texte est un cri de protestation contre le monde des grammaires propres, des règles claires et des véritables valeurs. Une tragi-comédie noire et absurde.

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© Leonard Zubler
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"Le théâtre, disait l'auteur autrichien Werner Schwab, est une sorte de déchetterie supérieure". Erna, Grete et Mariedl y sont les reines. Sur la scène, elles se retrouvent devant et dans une sorte d'autel surchargé d'accessoires empruntés à l'industrie culturelle, de bibelots religieux et historiques, de souvenirs et de désirs figés dans le kitsch. (...) Toutes les trois, bien différentes dans leurs personnalités et leurs biographies respectives, se rejoignent non seulement dans leur misère sociale, mais aussi dans le besoin de combler le vide existentiel qui leur est commun. S'ouvrant peu à peu les unes aux autres, elles se concurrencent et s'affrontent à travers leurs affabulations. Le refoulement est leur spécialité, et les frappe à la fin, redoublant de violence : leurs rêves s'avèrent n'être rien d'autre que le produit grotesque de la duplicité morale petite-bourgeoise, de la bigoterie, et des fantaisies sexuelles éloignées de toute réalité.
Tandis que Schwab situent ses personnages dans les tréfonds langagiers des matières fécales et des instincts, le metteur en scène Jan Bosse transpose le drame pour en faire une fantaisie de la Rédemption. Les trois présidentes deviennent de furieuses prêtresses qui prêchent un salut lointain ou se vengent. Vêtues de rose bonbon, ces marionnettes s'élèvent vers le bonheur imaginé d'une fête populaire, accompagnée de deux mariages et de cette reconnaissance tant espérée : Grete la nymphomane déniche Freddy le joueur de tuba, Erna la bigote le boucher polonais Wottila, qui doit ses principes en matière de commerce à une apparition de la vierge. Mariedl enfin, pieuse et limitée intellectuellement, voit sa carrière culminer en devenant la libératrice des WC bouchés et des cloaques débordants. Et parce qu'elle s'y connaît en merde, elle prend du recul par rapport à la vie : elle ne ferme pas les yeux devant la réalité que les autres se plaisent à embellir. Mais comme l'amour de la vérité, pour Schwab, est une non-valeur dans notre société, elle doit l'expier amèrement. Née du dépôt puant que forment les aspirations, la réalité se révèle être une histoire du désastre. Jan Bosse en fait une fête pour trois comédiennes grandioses qu'interrompent de manière inquiétante des moments démoniaques et un memento mori récurrent.

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Né en 1969 à Stuttgart (Allemagne), Jan Bosse a suivi un cursus en études théâtrales, en littérature allemande et en histoire de l'art à l'université d'Erlangen. A la suite de cette formation, il étudie la mise en scène à l'école Ernst Busch de Berlin.

 

A partir de 1998, il travaille aux Kammerspiele de Munich dirigé par Dieter Dorn, avant d'être metteur en scène associé au Deutsches Schauspielhaus de Hambourg de 2000 à 2005.

 

Il a notamment mis en scène avec succès des textes classiques de Goethe, Kleist ou Molière par exemple, mais aussi des pièces contemporaines de Duras, Mayenburg, Schwab et Fosse. Son approche se caractérise par une interprétation poussée du matériau littéraire qui n'exclut pas une relecture moderne.

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© Leonard Zubler
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Né en 1958 à Graz (Autriche) dans un milieu défavorisé, Werner Schwab ne commence que trois ans avant sa mort à écrire pour le théâtre. Sa mort est causée par une surconsommation d'alcool dans la nuit de la Saint-Sylvestre 1994.

Après des études à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne, il s'était retiré à la campagne où il travaillait, notamment, en tant que bûcheron.

Bûcheron-sculpteur, c'est ainsi que Schwab s'est attaqué à la langue, à cette matière qui nous entoure, que l'on nous fait ingurgiter et qui nous marque. Quand il ne la fait pas voler en éclats, il la dérègle, la décale pour la rendre étrange, artificielle, violemment directe : la langue et la violence des mots deviennent ainsi le seul moyen de se confronter à la violence du monde. Le résultat est mordant et reste malgré sa noirceur fortement engagé dans le projet d'une désillusion radicale où les relations humaines - donc aussi politiques - se réduisent souvent à des impulsions purement instinctives. Dans Les Présidentes, le drame le plus joué de Werner Schwab, qu'il a écrit en 1990, il a créé trois portraits de femmes déroutants, dangereux et sensibles. Misant sur l'artificialité de son langage, ce texte est un cri de protestation contre le monde des grammaires propres, des règles claires et des véritables valeurs. Une tragi-comédie noire et absurde.

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© Leonard Zubler
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A lire ou à relire
Werner Schwab
Les Présidentes, Arche Editeur
Théâtre à Berlin l'engagement dans le réel,  Alternatives Théâtrales 82
Dans la presse
"Les Présidentes", trois femmes pour incarner les turpitudes de l'Autriche. Par Brigitte Salino, Le Monde, samedi 7 janvier 2006.
Troisième Standard idéal. Le festival fait honneur à la scène européenne par René Solis, Libération, vendredi 6 janvier 2006.
Un idéal spectaculaire, Armelle Héliot, Le Figaro, 5 janvier 2006. A la MC93 de Bobigny, troisième édition d'une manifestation tonique avec, cette année, une écrasante dominante allemande mais aussi le Hongrois Arpad Schilling.
A écouter
"Tout arrive" par Arnaud Laporte avec Jan Bosse, vendredi 6 janvier 2006 à 12h, France Culture
"Le chantier" de Joëlle Gayot avec Patrick Sommier, samedi 7 janvier 2006 à 19h, France Culture
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liens internet
Présentation de la pièce sur le site de la Schauspielfrankfurt
site
Biographie de Jan Bosse, site de présentation des théâtres allemands
site ou sur le site du Goethe Institut
site
Présentation de Werner Schwab sur Théâtre-contemporain.net
site
Werner Schwab à L'Arche
site
Visiter le site de www.paris-art.com. Vous y trouverez un panorama complet et gratuit de l’art contemporain à Paris et en Ile-de-France : (presque) tout l'art contemporain à Paris.
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