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Magazine

4 questions à Sylvain Creuzevault

Les Tourmentes

Eymoutiers le 6 décembre 2018. Réponses faites quelques heures avant le samedi 8 décembre 2018.
 

Les Tourmentes mêlent paraboles et allégories. Est-ce nouveau dans votre démarche artistique ?

Non. Oui, parce que ce travail utilise des éléments de machinerie théâtrale conventionnelle. Oui, parce qu’elles forment des pièces brèves, concentrées, denses, des petits poèmes compacts, banals, des allégories communes, paraboles déjà croisées, douceurs pessimistes : le dur dans la tendresse.

Les textes de Jack London et de Mallarmé évoquent les combats intimes et les crises existentielles que leurs personnages traversent. Comment avez-vous travaillé pour véhiculer ces dimensions psychologiques sur scène ?

Le poète dans Un Coup de dés jamais n’abolira le Hasard ressent l’existence d’une crise du vers français au travers d’une probable passe d’armes entre l’alexandrin et le vers libre. Aucune psychologie là-dedans il me semble, mais plutôt un corps métrique rompu.

Dans la nouvelle de Jack London, Construire un feu, l’auteur décortique les impressions et réflexions de l’homme et du chien par -75 °. Dans le spectacle, nous ne faisons pas cela. Je n’ai pas travaillé sur cette dimension. Pas du tout. Toute cette richesse, je l’ai laissée tomber. J’ai demandé aux acteurs de ne bouger que les actions des deux personnages. Dans le Yukon. Quelques lignes en voix off, très peu, anecdotiques, légères. Simplement, le corps de l’homme et celui du chien… C’est une adaptation vraiment très infidèle. Et dans Au Désert, le corps asséché cède.

Ces trois pièces mettent en scène des individus face à des espaces hostiles. Que nous disent ces Tourmentes du rapport de l’homme à la nature ?

Rien que de très banal, la nature nous bouffe lorsque nous nous préparons mal à en traverser les milieux les plus difficiles. S’y confronter semble parfois nécessaire à certains d’entre nous, ressentir quelque chose de plus fort que nous, en faire l’expérience, en tenter l’aventure, au péril de sa vie, tenter, connaître ça… Essayer, maîtriser cela… Dieu est tombé dans la tempête, parfois on veut affronter la tempête… Parfois, livides, nous avons besoin d’aller repêcher dans le moment du danger de mort notre désir de vivre. Les hommes s’y perdent, leur présomption est trop forte, l’inattendu les prend, il croit qu’il passe, il casse.

Comment s’articule-t-elle (votre démarche artistique) avec vos mises en scène récentes plus frontalement politiques ?

Les pièces frontalement politiques sont plates. Réflexions et affections au théâtre deviennent allégories. Faire des pièces de théâtre est une affaire de santé. Les théâtreux sont en guerre contre le rétrécissement de la vie vivante, mais ils ne peuvent plus habiter dans l’abstraction de leur monde, il leur est sommé par les temps qui courent de tenir la rue, les armes, leur critique. Les artistes dégagés ne sont plus à la mode. Aux rues pleines d’incendies, on ne propose pas une esthétisation de la politique, ce serait une saloperie. La bonne conscience est le fléau de la bourgeoisie de gauche, son mensonge perpétuel, sa fausse hérésie. Lorsque la rue est un incendie, il arrive qu’on sente dans les théâtres subventionnés l’odeur de brûlé, mais on trouve rarement sur le corps du metteur en scène des traces d’essence. Alors voilà : les « théâtreux » qui seront à nos côtés dans la rue samedi seront très certainement nos compagnons de route. Je me suis écarté de la question selon vous ?