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Magazine

Carnets #8

La MC93 de décembre 2019 à mars 2020

 

 

"Chaque fois que je rentre dans un théâtre, je ressens cette émotion presque imperceptible, celle d’un rendez-vous. Une excitation, une inquiétude, une attente, la peur d’être déçue, d’être blasée, la fatigue, l’envie d’être surprise. Chaque fois je me demande ce que je fais là, ce que nous faisons là, et puis je pense que c’est simplement merveilleux qu’aujourd’hui, ce soir, là, maintenant, on se retrouve pour un rituel très ancien et toujours renouvelé, celui du spectacle. 

Il y a ces codes rassurants une fois qu’on les connaît, qui permettent à l’intérieur du cadre protégé de la salle de spectacle, de prendre des risques : figurer toutes les passions, représenter le réel sans souci de la vraisemblance, faire face au chaos, à la folie, à la mort sans avoir peur. 

La salle de spectacle reste un espace profondément libre dans notre société de plus en plus corsetée, c’est un bien commun précieux qui tour à tour réunit ou divise, mais toujours produit des échanges. 

Là, dans le noir de la salle, chaque fois, je prends part à quelque chose du monde, je me sens sujet. 

Cet étonnement qui perdure, ce besoin nécessaire de spectacle, cette curiosité qui me nourrit, voilà que j’ai envie de les formuler et de les partager largement. Le problème n’est pas d’opposer une culture savante supposée inaccessible à une culture populaire souvent vécue comme moins estimable.

J’entends dire parfois que les oeuvres se devraient de répondre à ce que veulent les « gens ». Je crois profon-dément que les « gens » veulent simplement, comme moi, être amusés, interloqués, émus, bouleversés. En effet, les « gens » savent que la beauté existe, savent que la poésie existe qui permet de dire le monde en le transfigurant.

Les « gens » savent la puissance de l’art qui peut défier même la mort et tout être humain aspire à l’imaginaire. L’art reste mon alternative préférée parmi les innombrables possibilités de nous reposer d’un monde que nous ne trouvons souvent plus assez dési-rable, ou au contraire de le regarder bien en face.

Bobigny, novembre 2019
Hortense Archambault Directrice