mc93_icon_1 mc93_icon_10 mc93_icon_11 mc93_icon_12 mc93_icon_13 mc93_icon_14 mc93_icon_15 mc93_icon_16 mc93_icon_17 mc93_icon_18 mc93_icon_19 mc93_icon_2 mc93_icon_20 mc93_icon_21 mc93_icon_22 mc93_icon_23 mc93_icon_24 mc93_icon_25 mc93_icon_26 mc93_icon_3 mc93_icon_4 mc93_icon_5 mc93_icon_6 mc93_icon_7 mc93_icon_8 mc93_icon_9 menu-billetterie menu-calendrier menu-offcanvas menu-participez menu-saison noir_et_rouge_01 noir_et_rouge_02 noir_et_rouge_03 noir_et_rouge_04 noir_et_rouge_05 noir_et_rouge_06 noir_et_rouge_07 noir_et_rouge_08 noir_et_rouge_09 nouveau_symbol_01 nouveau_symbol_02 nouveau_symbol_03 nouveau_symbol_04 nouveau_symbol_05 nouveau_symbol_06 nouveau_symbol_07 nouveau_symbol_08 nouveau_symbol_09 pass-illimite
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies, nous permettant d'améliorer votre expérience d'utilisation. OK

Magazine

Découvrez la librairie Petite Egypte à la MC93

Entretien avec Alexis Argyroglo

La librairie est ouverte avant et après les représentations. Vous pouvez également commander des ouvrages en ligne et venir les récupérer aux horaires d'ouverture de la MC93 !
 

Un mot sur La Petite Égypte ? Qui êtes-vous ? Comment s’est construite la collaboration avec la MC93 ? Quel est l’enjeu de proposer une librairie dans un théâtre ? 

Alexis Argyroglo (responsable de la librarie) : Petite Égypte est le nom que donnaient les premiers Roms immigrés en Europe occidentale pour situer leurs origines lointaines. « Nous sommes les princes de Petite Égypte », disaient-ils. Et c'est aussi, donc, une librairie située dans le Sentier, quartier parisien marqué depuis l'expédition coloniale de Napoléon Bonaparte par l'égyptomanie (qui a donné les place, rue et passage du Caire, les rues du Nil, d'Alexandrie, d'Aboukir, etc.), mais aussi et surtout par l'immigration internationale et l'emploi des étrangers dans les ateliers de confection textile. Petite Égypte est une librairie indépendante et généraliste, orientée par une volonté de participer activement, à sa petite échelle, à la création et la recherche en arts, littérature et sciences humaines. 

Avec mes collègues Claire Winter, Damir Zisko et maintenant Louise Siffert* à la MC93, nous proposons une programmation de rencontres, de projections, d'expositions, et également des résidences d'écrivain et bientôt un festival. J'ai conçu il y a deux ans ce lieu comme un observatoire, un lieu d'hospitalité, et un petit théâtre du monde. 

Matthias Tronqual, directeur du développement culturel et des publics, m'a proposé d'en installer une extension à la MC93 et j'en suis très heureux. Le projet d'établissement et la programmation d'Hortense Archambault m'intéressent beaucoup. Le nouvel espace du hall, après travaux, est très beau. L'idée pour moi est de proposer un assortiment généraliste (littérature, sciences humaines, arts, bande dessinée, jeunesse) orienté par les arts de la scène, par certaines thématiques (le corps, la voix, le mouvement, l'espace, le multiculturalisme, les migrations, la ville, l'écologie, etc.), et par la programmation en théâtre et danse. L'enjeu culturel est de proposer une offre qui s'adresse à tous les publics, ceux qui vont au théâtre et ceux qui n'y vont pas, dans le contexte particulier d'une ville de plus de 50 000 habitants en Seine-Saint-Denis qui n'a plus de librairie depuis la fermeture de celle d'Aline Charron. 

Quels ouvrages trouve-t-on à la librairie de la MC93 ? 

A.A. : On y trouve l'adaptation théâtrale ou le texte original joué sur l'une des scènes de la MC93, mais aussi un texte de Jacques Derrida sur l'hospitalité, des livres de James Baldwin, Les Trois brigands de Tomi Ungerer, Utopies réalisables de Yona Friedman, Marianne ou le garçon noir de Léonora Miano, des essais sur le théâtre et la danse, des pièces du répertoire classique et contemporain, des catalogues d'exposition, des revues, de la critique sociale, un livre de Bell Hooks sur les femmes noires et le féminisme aux États-Unis, l'Histoire mondiale de la France, les Métamorphoses d'Ovide dans la belle nouvelle traduction de Marie Cosnay, les farces de Tabarin jouées sur le Pont Neuf au début du XVIIe siècle, l'histoire du Hip Hop en bande dessinée par Ed Piskor, le dernier Titeuf, des nouveautés de la dernière rentrée littéraire, le dernier prix Goncourt, des livres dont vous êtes le héros, le Questionnaire élémentaire du Groupe d'information sur les ghettos, le Polichinelle de Giorgio Agamben chez Macula, un très beau volume compilant les textes poétiques d'Hannah Arendt (Heureux celui qui n'a pas de patrie), Michel de Certeau (La prise de parole), Jacques Rancière (Le Spectateur émancipé), un ouvrage pratique pour fabriquer scènes et machines de théâtre, des références en histoire, sociologie, polar, urbanisme, etc. L'intérêt pour moi qui suis généraliste est de faire des forages, des choix précis sur un terrain très vaste et très varié. On y trouve aussi de petits globes terrestres. 

Quels évènements souhaiteriez-vous à terme organiser en lien avec la programmation ? 

A.A. : Ayant commencé à accueillir dans nos murs du Sentier de petites formes théâtrales (extraits de mélodrames avec la Revue d'histoire du théâtre, une pièce de Guy de Cointet) et de danse avec une classe de lycéens spécialisés en Hip Hop, ayant invité une première auteure en résidence — Frédérique Aït-Touati — à faire "sonner" la librairie en donnant de la voix avec d'autres auteurs, je souhaite poursuivre ce type de manifestations, occasionnellement, avec la MC93 selon les possibilités qu'offrent sa programmation. On peut aussi envisager des événements croisés, des rencontres dans l'un et l'autre lieu, mais aussi des formes de coproduction : je pense notamment à un projet de comédie musicale. Un projet de long terme !

Entretien réalisé en novembre 2017

*C'est François Dellaca-Minot qui tient actuellement la Librairie de la MC93