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La Fabrique d’expériences

Présentation

Rencontre avec Achille Mbembe

Jeudi 23 janvier

Rencontre avec le philosophe théoricien du postcolonialisme, politologue et historien Achille Mbembe, à l'occasion de la parution de son dernier livre, Brutalisme, et de la parution en poche de son livre De la postcolonie (La Découverte).

Une soirée animée par la journaliste Séverine Kodjo-Grandvaux (Le Monde, Jeune Afrique).

En partenariat avec la librairie la Petite Egypte et les éditions La Découverte.

L’Afrique doit être la première à libérer les circulations, à élaguer les frontières héritées de la colonisation, à refonder entièrement la politique des visas d’un pays à l’autre du continent. Pour ne plus dépendre des diktats de l’Europe et fonder enfin un droit à l’hospitalité. [...] Le droit à l’hospitalité suppose un visiteur qui vient d’ailleurs, qui n’est pas un parent, qui est un allogène, et un hôte, un autochtone, qui le reçoit, l’héberge et au besoin prend soin de lui. Ce droit est supposé bénéficier non seulement aux visiteurs, mais aussi aux réfugiés, à ceux et celles qui fuient une menace. Dans ses considérations sur la paix perpétuelle, Kant affirme que ce droit à l’hospitalité est un droit universel. Il est inconditionnel dans le sens où, à supposer qu’un étranger frappe à notre porte et demande à rentrer, nous sommes dans l’obligation de lui ouvrir la porte et de lui accorder un abri si, en le renvoyant chez lui, il risque de perdre sa vie. Kant précise cependant que nous ne sommes pas obligés de faire de cet étranger un membre à part entière de notre communauté. Son séjour parmi nous ne peut pas être permanent par définition. Ce séjour est appelé, à un moment donné, à prendre fin car il est de la nature de l’étranger de devoir repartir à un moment donné. Le droit ghanéen à une demeure peut être élargi au-delà des parents réels ou fictifs. Le rêve est que chacun puisse affirmer : «Le chez-moi, c’est le cosmos.» C’est l’ensemble de l’univers dont je suis l’un des habitants parmi d’autres habitants. Alors que notre monde devient chaque jour plus petit et que le temps nous est désormais compté, il nous faut réhabiliter cette appartenance première à l’univers. Elle doit primer sur l’appartenance seconde à un Etat territorial donné.

Achille Mbembe, Peut-on être étranger chez soi ?, tribune parue dans Libération le 13 novembre 2019 (extraits)​

tarifs

Entrée libre sur réservation