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Magazine

Carnets #11

Hortense Archambault

Ces derniers temps je repense souvent au spectacle Press de Pierre Rigal, un des derniers spectacles que nous avons partagés avec vous en mars 2020, quelques jours avant le premier confinement. Ce solo dansé par Pierre Rigal est celui d’un homme enfermé dans une boîte qui se rétrécit progressivement et de manière aléatoire.

L’homme se contorsionne pour éviter l’écrasement et trouve même des positions facétieuses pour s’adapter aux caprices de la boîte. On se sort de toutes les situations… mais force est de constater que toute l’énergie et l’invention du héros sont concentrées sur le moment présent et le rapport de son corps à la boîte. Ce constat nous plonge dans une sensation d’étouffement qui ne résulte pas seulement de l’action physique de la boîte sur le danseur, mais bien d’une oppression insaisissable.

Je n’arrive pas à savoir si cette formidable capacité d’adaptation dont nous sommes dotés en tant qu’êtres humains est plutôt une fragilité ou une force pour nous permettre de dessiner un avenir plus heureux, plus égalitaire et plus serein.

Il y a quelques semaines, j’ai signé avec 350 directeurs et directrices de théâtre un courrier au Président de la République et au Premier ministre appelant à la réouverture des théâtres. Il disait simplement :

« Nous y sommes prêts car nous avons vu comment le public a répondu présent lorsque nous avons ouvert en septembre et octobre. Les témoignages de leur joie, leur émotion, leur enthousiasme et leur attachement à nos lieux sont une force quotidienne. Nous y sommes prêts car sur nos plateaux des équipes artistiques continuent à répéter et leurs spectacles n’attendent que le public pour exister… Nous y sommes prêts car nous savons qu’il n’est pas possible de réduire longtemps l’être humain à ses besoins physiologiques ; qu’il faut pour chacun nourrir son imaginaire, éprouver des émotions comiques ou tragiques, partager des idées ; nos lieux sont porteurs de liens indispensables à la construction collective d’espoirs, dont notre pays a un besoin impérieux ».

Ce sera possible vite, je l’espère.
Et nous vous attendons.

Hortense Archambault, le 9 décembre 2020, Bobigny.