Du désir d'horizons

Du désir d'horizons

Salia Sanou
Du 18 au 20 novembre 2016
Théâtre Louis Aragon, Tremblay-en-France
1h05
© Stéphane Maisonneuve

Un horizon comme ligne de fuite… Le désir dont parle Salia Sanou dans le titre de cette nouvelle pièce s’entend aussi bien dans cette fuite, ce départ, que dans l’espoir d’un horizon qui s’ouvre. Des ateliers de danse qu’il a menés dans des camps de réfugiés du nord du Burkina Faso et qui irriguent le spectacle, le chorégraphe a gardé le mouvement, la musique et le rythme comme formidables vecteurs d’un retour à la vie.

Sur scène, des hommes et des femmes disent cette urgence, ce besoin du corps à braver l’attente et la peur, à reconquérir son espace dans une situation d’enfermement. Des lits de camps qui jonchent le sol aux mobylettes qui appellent à de possibles échappées, le spectacle pose, de façon plus universelle, la question des frontières. Il donne, à travers les états de corps, une vision de l’état du monde, à regarder les yeux rivés vers l’horizon.

Le programme Refugees on the move


Danser pour oublier, pour espérer, pour exister. Depuis plusieurs années, la fondation African Artist for Development (AAD), en partenariat avec le Haut commissariat aux réfugiés, utilise la danse comme moyen de reconstruction psychologique des populations réfugiées sur le continent africain. Le programme d’AAD « Refugees on the move » prévoit l’organisation d’ateliers dans les camps de réfugiés de huit pays africains en cinq ans.

Salia Sanou, co-directeur avec Seydou Boro du Centre de développement chorégraphique La Termitière, à Ouagadougou, a ainsi conduit avec ses danseurs des sessions d’ateliers dans des camps du Burundi et du Burkina Faso. L’expérience lui a inspiré la matière d’une création pour six danseurs, une récitante et deux jeunes réfugiés. Le chorégraphe y appelle à « interroger la dimension de l’exil intérieur que chacun porte en soi, comme une parcelle inaltérable de force, de lutte, de désir ».

Générique

Conception et chorégraphie Salia Sanou

Textes extraits de Limbes / Limbo Un hommage à Samuel Beckett de Nancy Huston (Éditions Actes Sud).

Avec Valentine Carette, Ousséni Dabaré, Catherine Denecy, Jérôme Kaboré, Mickael Nana, Marius Sawadogo, Elithia Rabenjamina et Asha Thomas.

Avec la participation d'Aticka Dicko et Sidi Mohamed Dicko lors de la création.

Scénographie Mathieu Lorry Dupuy
Création lumière Marie-Christine Soma
Création musicale Amine Bouhafa
Régie générale Rémy Combret
Régie lumière Diane Guérin

Administration de production Stéphane Maisonneuve

Production Compagnie Mouvements Perpétuels.

Coproduction Théâtre National de Chaillot, African Artists for Development, TILDER, Bonlieu — scène nationale d’Annecy, La Bâtie — Festival de Genève dans le cadre du programme INTERREG France - Suisse, La Filature — Scène nationale de Mulhouse, VIADANSE — Centre chorégraphique national de Franche-Comté à Belfort dans le cadre de l’accueil-studio, Centre de Développement Chorégraphique de Toulouse Midi-Pyrénées.

Avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Languedoc-Roussillon), de la Région Occitanie et de l’Adami.

En partenariat avec le Centre de développement Chorégraphique La Termitière de Ouagadougou.

Remerciements à Gervanne Colboc-Leridon, Matthias Leridon, Anne-Sophie Ducreux, Jean-Michel Champault, Patricia Carette.

Salia Sanou

Né en 1969 à Léguéma, au Burkina Faso, Salia Sanou suit des cours de théâtre à l’Union Nationale des Ensembles Dramatiques de Ouagadougou. Il est formé à la danse africaine par Drissa Sanon (Ballet Koulédrafou de Bobo Dioulasso), Alasane Congo (Maison des jeunes et de la culture de Ouagadougou), Irène Tassembedo (compagnie Ebène) et Germaine Acogny (Ballet du Troisième Monde).

En 1993, il intègre la compagnie Mathilde Monnier au Centre chorégraphique national de Montpellier. Il participe alors aux différentes créations de la compagnie, Antigone, Nuit, Arrétez arrêtons, arrête, Les Lieux de là, Allitérations. Parallèlement, Salia Sanou chorégraphie L’Héritage, une pièce qui reçoit le premier prix en art du spectacle à la Semaine Nationale de la Culture au Burkina Faso. En 1992, Salia Sanou rencontre Seydou Boro à l’Ecole des Ensembles Dramatiques de Ouagadougou. Trois ans plus tard en 1995, forts de leur parcours commun au sein de la compagnie Mathilde Monnier, ils fondent la compagnie Salia nï Seydou avec leur première œuvre Le Siècle des fous. Salia et Seydou seront lauréats des deuxièmes Rencontres chorégraphiques de l’Afrique et de l’océan Indien à Luanda et recevront le prix « Découverte » R.F.I. Danse 1998, avec leur spectacle Fignito, l’œil troué créé en 1997, puis Taagalà, le voyageur en 2000 au Festival Montpellier Danse. Pour la compagnie Tumbuka Dance du Ballet national du Mozambique, il chorégraphie Kupupura en 2001.

En 2002, entouré de Seydou Boro et de Ousséni Sako, il chorégraphie L’Appel, une des pièces les plus intimistes de la compagnie, interprétée par trois danseurs et quatre musiciens originaires du Maroc et du Burkina Faso. En 2006, Seydou Boro et lui invitent
le compositeur Jean-Pierre Drouet à les rejoindre pour une collaboration inédite avec l’ensemble instrumental Ars Nova. Ce sera Un pas de côté créé à la Biennale de la Danse de Lyon, pour cinq danseurs et six musiciens.

Enfin en 2008, les deux chorégraphes créent Poussières de sang, pour sept danseurs, une chanteuse et quatre musiciens, exposé cru et implacable des violences humaines. 

Parallèlement de 2001 à 2006, Salia Sanou est directeur artistique des Rencontres chorégraphiques de l’Afrique et de l’océan Indien (Culturesfrance). Dans ce cadre, il a pu mener réflexions et actions pour le développement de la danse créative du continent.

De 2003 à 2008, il est artiste associé à la Scène nationale de Saint-Brieuc, de 2009 à 2010, il est en résidence longue au CND - Centre national de la danse, puis de 2010 à 2011, au Théâtre Louis Aragon, scène conventionnée danse de Tremblay-en-France dans le cadre de Territoire(s) de la Danse, avec Seydou Boro.

En 2011, Salia Sanou crée la compagnie Mouvements Perpétuels, implantée à Montpellier. Il est en résidence à la Scène nationale de Narbonne et chorégraphie Au-delà des frontières pour le Festival Montpellier Danse 2012, puis Doubaley ou le miroir en 2013, duo avec la musicienne japonaise Takumi Fukushima. Il crée Clameur des arènes pour le Festival Montpellier Danse 2014 avec 5 lutteurs sénégalais, 3 danseurs du Burkina Faso et 4 musiciens chanteurs.

Il est l’auteur de Afrique, danse contemporaine, ouvrage illustré par les photos d’Antoine Tempé et coédité par le Cercle d’Art et le CND - Centre national de la danse, paru en novembre 2008. 

Il dirige avec Seydou Boro, la biennale Dialogues de corps à Ouagadougou, qui propose des résidences d’écriture, des ateliers, des rencontres autour d’une programmation internationale de danse. Ils sont également directeurs du Centre de Développement Chorégraphique La Termitière de Ouagadougou, inauguré en décembre 2006. Ce projet d’envergure internationale et premier du genre en Afrique, est financé conjointement par l’Ambassade de France à Ouagadougou, le Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme du Burkina Faso, la mairie de Ouagadougou et reçoit le soutien de l’Association des Amis de La Termitière.

Pour son travail chorégraphique dans le monde, Salia Sanou a été nommé Officier des Arts et des Lettres par le Ministère de la culture et du tourisme du Burkina Faso puis officier des Arts et des Lettres en 2008 par le Ministère de la culture français. Il a reçu avec Seydou Boro le trophée Culturesfrance des Créateurs en 2007. Il a été également élu Artiste de l’année par l’Organisation Internationale de la Francophonie en 2003.

© Stéphane Maisonneuve
© Laurent Philippe
© Stéphane Maisonneuve
© Laurent Philippe
Représentations
ven 18 nov 2016
  • Théâtre Louis Aragon, Tremblay-en-France
sam 19 nov 2016
  • Théâtre Louis Aragon, Tremblay-en-France
dim 20 nov 2016
  • Théâtre Louis Aragon, Tremblay-en-France
Tarifs

de 8€ à 17€

Dimanche 20 novembre à 17h dans le cadre du Festival Migrant'scène 
Une rencontre-débat est organisée sur le thème : Ateliers artistiques et reconstruction, quel horizon pour les réfugiés ? 
En partenariat avec la CIMADE.