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Le projet de la MC93

bien-
venue à la MC93

Penser et mettre en place un théâtre public aujourd'hui

Tous les chemins et les routes d’une cité idéale mènent de manière plus ou moins directe en son centre. Là, il y aurait un « théâtre », ouvert. C’est parce que la cité idéale veillerait à fabriquer jour après jour sa représentation du monde et à la partager, qu’elle pourrait être tout à la fois dans le doute et la conviction. Le « théâtre » idéal serait un grand espace, constitué de différentes salles avec des capacités très variables. Ce serait un lieu où peuvent se rassembler des foules, mais aussi où se dérouleraient des conversations intimes. Ce serait une fabrique à spectacles, associant étroitement création contemporaine et pratiques de spectateurs, réunissant les mouvements d’éducation populaire et les avant-gardes artistiques. Laboratoire de nouvelles formes aussi bien sur les plateaux que dans la salle, s’inscrivant en cela dans l’histoire du théâtre public profondément marqué par l’utopie émancipatrice de l’art et s’appuyant sur la force symbolique de sa programmation artistique. Ce « théâtre » se penserait sur deux axes, celui qui accompagne les artistes comme celui qui accompagne le public. Ce serait un lieu cohérent, articulé et libre, permettant d’expérimenter des nouvelles manières de créer comme de nouvelles manières d’aborder l’œuvre. Naturellement la rencontre de tous les habitants de la cité idéale se ferait au sein de ce « théâtre » habité par eux, dont l’espace et les circulations intérieures seraient adaptés. Ce serait le cœur de la cité, le lieu du peuple et de sa convivialité.
Il y aurait des espaces dédiés à la création, secrets et relativement protégés de l’extérieur ; d’autres espaces en seraient contigus, ceux de l’école du regard, lieu de paroles, de transmission, lieu de travail, de confrontation tout à la fois. Artistes et spectateurs y circuleraient tour à tour, mêlés ou séparés, selon ce qu’ils y feraient.
Il ne s’agirait pas de communier autour d’œuvres d’art, il s’agirait de fabriquer du commun dans la capacité à chaque habitant de cette cité idéale de partager avec les autres une expérience esthétique, d’en éprouver leurs divergences et de les affronter. La cité idéale serait forcément complexe, faite de frottements, de cultures différentes, de générations en conflits. Mais au cœur d’elle-même, s’opèrerait à travers le « théâtre », la possibilité de vivre ses contradictions dans la douceur, au-delà d’une violence assumée et dépassée.

Hortense Archambault, extrait discours du 1er juillet 2015 au BIS de Nantes

Qu'est-ce que la Fabrique d'expériences ?

La Fabrique d'expériences part du constat que le théâtre public doit se penser non plus uniquement comme un lieu de programmation de spectacles, mais aussi comme un lieu qui contribue à faire ensemble société — un espace de mixité sociale et de métissage culturel.

Avec la Fabrique d’expériences, s’élargit donc 
le champ des possibles permettant de se déplacer et de se déprendre des catégories existantes 
pour changer de point de vue, en renouvelant 
les modes de relation d’une institution avec 
ses usagers. Il s’agit de réfléchir au périmètre 
de nos actions et de nos compétences. 
Comment, par exemple, adapter notre action
 aux modes de vie différenciés de nos sociétés multiculturelles, les reconnaître et les faire coexister ?

La réflexion sur les droits culturels nourrit la Fabrique. Cependant, leur définition très large rend complexe leur appréhension concrète 
et nécessaire leur expérimentation. Découlant des théories sur les droits humains, il s’agit d’accroître en chacun de nous sa capacité à négocier une meilleure position pour soi-même dans la société. Dans le domaine culturel, on peut traduire cela par la capacité de chacun à générer et déployer son propre imaginaire. Il n’y a pas de règle pour cela et c’est ce qui en fait tout l’intérêt et la difficulté.

Véritable laboratoire, la Fabrique explore,
 pour ce faire, plusieurs modalités : ateliers 
de pratiques théâtrales, participation à des projets spécifiques, rencontres régulières avec les artistes en résidence. Elle propose également aux spectateurs d’être les compagnons, les ambassadeurs, en un mot, les acteurs des activités de la MC93.

La Fabrique d’expériences est un espace de liberté où chacun est tour à tour participant et chercheur, où les projets émanent de tous, artistes, enseignants, de groupes de spectateurs ou de personnes du champ social. Un espace qui 
est à la fois un lieu de création et d’émancipation.

Elle s’articule autour de trois axes : 
la jeunesse, l’hospitalité, le territoire de Bobigny et de la Seine-Saint-Denis.

Histoire de la MC93

Par sa programmation artistique, sa réputation et son évolution, la MC93 - Maison de la culture de Seine-Saint-Denis est emblématique des institutions culturelles françaises. Héritière des maisons de la culture voulues par André Malraux, portée par les collectivités locales, cette scène nationale occupe une place singulière puisqu’elle est à la fois un lieu de production au rayonnement incontestable et ouverte sur l’international depuis son origine.

La MC93 a été voulue par les élus PC du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis à la fin des années 1960 dans la ville préfecture de Bobigny. Cette volonté s'inscrivant dans le mouvement de décentralisation théâtrale  et la politique culturelle ambitieuse de la banlieue rouge. Elle ouvre ses portes en février 1980. Ce sont les architectes Valentin Fabre et Jean Perrottet qui réalisent le bâtiment.

Dès son origine, la MC93 a pour ambition la production d’œuvres internationales et devient ainsi l’un des premiers théâtres à présenter les spectacles en langue originale. Claude-Olivier Stern est directeur jusqu’en 1984, Joël Chosson lui succède pour un an. En 1985, René Gonzalez, metteur en scène, ancien directeur du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis prend la direction de la Maison de la Culture et donne l'impulsion à des créations internationales. En 1989, Ariel Goldenberg lui succède pour onze saisons et  poursuit le travail mené auprès des compagnies étrangères conférant à la MC93 un rayonnement international conséquent. En 2000, au départ d’Ariel Goldenberg, nommé directeur du Théâtre national de Chaillot, Patrick Sommier, conseiller artistique depuis plusieurs années de la Maison, prend la tête de la structure. Afin de développer et de soutenir les créations européennes, il créé notamment en 2003 le festival « Standard Idéal ».

En août 2015, Hortense Archambault, ancienne co-directrice du Festival d’Avignon, est nommée directrice. Le théâtre est alors en travaux pour deux années, le chantier est mené par Vincent Brossy. Découvrez ici le livret des travaux

Le Projet


C’est donc d’une maison porteuse d’une histoire glorieuse dans le paysage théâtral français et forte de ses capacités d’avenir. Par son histoire et sa situation, la programmation de la MC93 est pluridisciplinaire et internationale avec une dominante consacrée au théâtre.

La nouvelle direction souhaite faire de la MC93 « un théâtre ouvert sur la ville, où se rassemblent des publics variés, une maison de la culture moderne, destinée à tous et en priorité aux habitants du 93, un lieu de fabrique de spectacles, associant étroitement création contemporaine et pratiques de spectateurs, réunissant les mouvements d’éducation populaire et les avants gardes artistiques. Laboratoire de nouvelles formes aussi bien sur les plateaux que dans la salle, s’inscrivant en cela dans l’histoire d’un théâtre public profondément marqué par l’utopie émancipatrice de l’art et s’appuyant sur la force symbolique de sa programmation artistique ».

Par sa situation géographique au cœur d’un territoire en pleine mutation et représentatif des défis de société que la France doit relever, parmi lesquels les questions de la jeunesse et de la diversité culturelle,  Hortense Archambault et l’équipe de la MC93  lance la « Fabrique d’expériences » dans laquelle les résidences d’artistes, les ateliers, les projets participatifs, les actions de formation participent au renouvellement des modes de relation d’une institution avec ses usagers.

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